PAR M. DE FONTENELLE. xxxm
stant , de perpe'tuel , & il a cru que c’étoit la quantité demouvement, dont la mesure est le produit de la masse par lavîtesse. Au lieu de cetre quantité de mouvement, M. Leib-niz mettoit la force, donr la mesure est le produit de la malìepar les hauteurs auxquelles cetre force peut élever un corpspesant ; or ces hauteurs sont comme les quarrés des vîtesses,Sur ce principe il pxétendoit établir une nouvelle Dynamique,-ou science des forces ; & il soutenoit que de celui de D es-cane! s’ensuivoit la possibilité du mouvement perpétuel arti-ficiel, ou d’un esset plus grand que sa cause ; corsséquencequi ne se peut digérer ni en méchanique, ni en métaphy-,sique.
Il fut fort attaqué par les Cartésiens , sur-tout par Mes-,sieurs l’Abbé Catelan , 6t Papin. Il répondit avec vigueur ,cependant il ne paroît pas que fon sentiment ait prévalu ; lamatiére est demeurée sans force , du moins active , He l’ente-lechie sans application óc sans usage. Si M. Leibniz ne l’a pasrétablie, il n’y a guère d’apparence qu’elle se relève jamais.
Il avoit encore sur la Physique generale une pensée parti-culiére? 6>t contraire à celle de Descartes, Il croyoit que lescauses finales pouvoient quelquefois erre employées ; parexemple, que le rapport des Sinus d’incidence 6c de refrac-tion étoit constant , parce que Dieu vouloit qu’un rayon quidoit se détourner, allât d’un point à un autre par deux che-mins , qui pris ensemble , lui fissent employer moins de temaque tous les autres chemins possibles, ce qui est plus confor-me à la souveraine Sagesse. La puissance de Dieu a fait toutce qui peut ette de plus grand, & fa sagesse tout ce qui peuterre de mieux ou de meilleur : l’univers n’est que le resultarrotai, la combinaison perpétuelle, le mélange intime de ceplus grand, & de ce meilleur, 6c on ne peut le connoîtrequ’en connoissant les deux ensemble. Lette idèe qui est cer-tainement grande & noble , 6c digne de l’objet, demanderan:dans l’application une extrème dextérité, & des ménagemensinfinis. Ce qui appartient à la sagesse du Créateur, sembleLeibnitiì Oper. Tom. J» e erre