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est bon auss de mesurer quelques édifices, & sur-toutles plus beaux profils ; mais il suffit d’en prendre les me-sures par grandes parties, parce que si l'on vouloit en-trer dans les plus petits détails, on laisseroit en arriéréune infinité de belles choses fur lesquelles on ne pourroitjamais faire ses observations. Ce seroit encore perdre dutems assez inutilement, que de s’occuper à faire desdesseins trop finis durant fes voyages ; &; il faut s'abste-nir, autant qu on le peut, de destiner ce qui a déja étégravé, lorfqu’il l’a été avec exactitude. De quelle utilitéseroit, par exemple, de destiner après le Sieur Desgo-det £ les édifices antiques, que cet Architecte a donnésdans une si grande précision ? Et n en peut-on pas direautant de ces bâti mens modernes, dont on trouvetous les développemens si bien détaillés dans des Re-cueils qui ont paru depuis peu d’années à Rome &à Florence , 5c qui ont mérité une approbation géné-rale ?
Lorsque l’imagination est meublée de ces belles idées,on peut inventer quelque chose pour éprouver fes for-ces, 5c pour voir si l’on a fait quelque progrès; 5c quandon s’en est assuré, on peut fe donner tout entier à lapratique, fans laquelle les études deviennent en quel-que façon inutiles. En esset ni les instructions, ni lacritique , ni les connoissances qu’on a acquises dans lesvoyages, ni la facilité de produire d’excellens Desseins,n offriront des secours fuffifans, si l'on ignore la maniéréde les mettre en œuvre : c’est la pratique qui fait le véri-table Architecte. Elle lui enseigne à discerner, fur la feuleinspection des Desseins, ce. qui ne peut pas s'exécuterd’avec ce qui doit réussir en ouvrage : c’est elle qui luidonne une autorité absolue fur t ous les ouvriers, & qui