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CO U R S
DU CHOIX DES PROFILS.
J’ai cru qu il étoit nécessaire y pour aidera se former le goûtsur le choix des profils , d’en rapporter deux exemplesantiques & deux modernes fi disfiérens entreux , qu on pûtmieux juger de leur bon ou mauvais efiet.
L près avoir parlé des moulures en général 6c des ornemensqui leur conviennent ; pour faire connoître que la différence desprofils consiste dans le différent assemblage de ces mêmes mou-lures , j’ai choisi quatre profils de l’Ordre Ionique, qui est celuiqui tient la moyenne proportionnelle entre le solide 6c le délicat,le simple 6c le riche. J’en ai mis deux antiques dont le plus beauest tiré des thermes de Dioclétien, 6c par conséquent produitdans un tems où f Architecture étoit encore dans 1a pureté : 6cl’autre du temple de la Fortune virile qui a été fait, à ce qu’ontient, bien auparavant 6c fous les Rois de Rome, où la connois-sance que les Romains pouvoient avoir des Arts étoit proportion-née à la puissance de leur république naissante. J’en ai aussi rap-porté deux modernes dont le moindre est celui de Serlio, auteurqui n’a pas acquis ce goût excellent qui se trouve dans les ouvra-ges de Palladio ; ainsi on peut dire que ces profils font de quatredifférentes manières. Celui des thermes de Dioclétien fera nom-mé de maniéré proportionnée, comme celui de la Fortune virileest au contraire fort difproportionné : 6c le profil de Serlio fetrouvera d’une maniéré feche 6c mesquine en comparaison de ce-lui de Palladio, qui estd’une maniéré gracieuse 6c d’une éléganteproportion.
Pour faire une juste critique de ces quatre profils, il les fautobserver l’un après l’autre : 6c commençant par celui du templede la Fortune virile , fans avoir égard à l’Ordre qu’il couronne,dont il ne s’agit pas à présent, mais le considérant en lui-même,on trouvera que les trois parties qui le composent n’ont point derapport entr’elles : que la frise est extrêmement petite, n’ayantque les deux cinquièmes de la hauteur de la corniche, 6c environles deux tiers de celle de l’architrave : 6c que cette corniche aplus de la moitié de l’entablement : que le larmier n’a pas la moi-tié de la cymaise : que le talon qui le couronne est presque aussi