COURS
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Portique Composite sans piédestal.
II semble qu’après avoir traité des proportions des arcades Corinthiennes 3 il nereste rien à dire de celles-ci 3 puisqu 1 elles font renfermées dans les mêmes mesu-res ; & c’est ce qui m’a déterminé à parler en cet endroit des arcades en général.
Le plus grand inconvénient qui arrive lorsqu’on met les Ordres les uns furles autres, est que les arcades qui font bien proportionnées dans le premierOrdre, quand, par exemple, il est Dorique, deviennent défectueuses dans le troi-sième, s’il est Corinthien \ à mesure que les Ordres s’élevent, les entre-colonnesdeviennent trop larges , à cause qu’il est nécessaire que les arcades & les jambagesrépondent à-plotnb les uns fur les autres. On remédie à ce défaut par une licence,dont on voir peu d’exemplesdans lan tique , qui est de recouper l’entablementaudroit des colonnes , & de lui faire faire retour, de maniéré qu’il n’ait pas plusde saillie dans les entre-colonnes que le pilastre, lorfqu’il y en a derrière la co-lonne , ôc qu’il ait encore moins de faillie, lorfqu’il n’y a point de pilastre j celaétant ainsi l’on a moins à craindre que la trop grande faillie de l’entablement ca-che le pied de l’arcade, & la faste paroître trop écrasée. Que s’il y a un fronton danscette partie, le tympan devient brisé, & le massif qui reste fur les colonnes en for-me de deux coins, sert à supporter la corniche : c’est ainsi qu’il a été pratiqué auportail de faintGervais, à celui du Val-de-Grace & à plusieurs autres façades 5 &cette maniéré est plus supportable que cette autre pratique, qui consiste á suppri-mer l’entablement dans les entre-colonnes, pour avoir la facilité d’élever l’arcadejusques dans la partie qui auroit dû être occupée par l’entablement, lequel nerégné plus que fur les colonnes, & va mourir en retour dans le mur ; ce quiest d’autant plus vicieux, qu’il est contre toute vraisemblance que la fenêtre ex-cede la hauteur du plancher qui est marquée par l’entablement; aussi ne trou-ve-f on rien de semblable dans les bâtimens réguliers. Au Capitole à Rome,la grande fenêtre du balcon du milieu est d’une composition bizarre, dont l’e-xemple ne doit point être reçu ; l’entablement des petites colonnes qui accom-pagnent cette fenêtre , retourne dans l’embrasure, & l’ouverture de la fenêtremonte jusques dans le tympan ; ce qui a encore été pratiqué par Pierre de Corton-ne au portail de sainte Marie vin ia lata , où l’arc qui entre dans le fronton, obli-ge l’architrave de suivre son contour circulaire : licence d’autant moins excusable,que l’Architecte pouvoit fort bien se passier de mettre un arc en cet endroit-là.11 n’est pas plus raisonnable de faire régner un double bandeau autour des arcades,comme on l’a fait aux croisées ceintrées du troisième étage du gros pavillon duLouvre, que ce double bandeau rend extrêmement pesantes. C’est une autre in-correction de faire retourner tout l’entablement, en maniéré de bandeau d’arc,au dessus d’une grande arcade ; l’on en a cependant plusieurs exemples, & ceuxqui voudront juger de l’effetd’un semblable entablement qui fait l’office d’archi-volte,peuvent consulter une porte faite depuis peu àl’églife de sainte Marie Egyp-tienne , rue delajuffienne, & la porte de l’hôtel de Conty, ci-devantl’hotel deLorges, rue neuve saint Augustin. On voit encore des arcades où le bandeaud’arc retombe fur l’i m poste qui est soutenue par des consoles, & par conséquentporte à faux : j’ai fait mention de tous ces abus,afin de les éviter autant qu’il se peur»