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Cours d'architecture : qui comprend les Ordres de [Jacques Barozzio dit: Le] Vignole, avec des commentaires, les figures & les descriptions de ses plus beaux bâtimens, & de ceux de Michel-Ange, des instructions et des préceptes, & plusieurs nouveaux desseins concernans la distribution & la décoration, la matière & la construction des édifices, la maçonnerie, la charpenterie, la couverture, la serrurerie, la menuiserie, le jardinage, & généralement tout ce qui regarde l'art de bastir / par C. A. [i.e. Augustin-Charles] d'Aviler
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COURS

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Portique Composite avec piédestal

Ce discours es pour répondre à S cumo^s & pour faire voir que Vignole a suivir Antique y tant dans la dispostion de ses portiques , que dans U épaisseur deses piliers.

Scamozzi reprend Vignole d’avoir fait les piliers ou jambages de ses arca-des trop longs trop étroits, particulièrement dans les Ordres Corinthien& Composite , quoiqu’ïls ayent quatre modules de large. Cependant si l’onfait réflexion fur la force des jambages, qui dépend de la charge qui est au-deífus, on conviendra que ceux de Vignole font fuflifans pour y élever juf-qu’à trois Ordres , parce que ceux qui approcheront le plus du rez-dé-chaussée seront plus courts , & que le plus délicat ne portera que son enta-blement avec quelque balustrade, & s’il n’y a des arcades qu’au rez-dé-chaussée , & quelles ne portent rien, ils ont suffisamment de force, la soli-dité consistant dans la largeur du tableau ou côté du pilier fous l’arcade. Laréglé que Vignole donne d’un module pour le bandeau de Tare, est celle depresque tous les antiques. Mais ce qui m’a semblé répugner à la solidité,c’est lorsque des arcades portent un mur percé seulement de quelques croi-sées , de forte que le massif porte sur le vuide, comme au Colisée, où au-dessusde trois Ordres d’arcades, il s’éleve un mur percé de fenêtres assez petites: cequ’a imité Michel-Ange dans la cour du palais Farnese, & que Vignole aévité dans la façade du côté du Tibre. Les portiques ne devroient, ce sem-ble, porter qu’une terrasse, comme aux Palais des Tuilleries & du Luxem-bourg , ou du moins n’avoir rien de plus pesant au-dessus , comme aux lo-ges du Palais Vatican. Mais pour en revenir à Scamozzi, s’il a condamné lesjambages des portiques de Vignole , à cause de leur foiblesse , quel juge-ment a-t’il pu faire des colonnes seules , qui portent des parties d’édisices ?Le palais de la Chancellerie , qui étoit fait de son tems, & bâti par Bra-

dessus, on conviendra que ceux de Vignole font fuflifans pour y élever jus-qu’à trois Ordres , parce que ceux qui approcheront le plus du rez-de-chaussée seront plus courts , & que le plus délicat ne portera que son enta-blement avec quelque balustrade, & s’il n’y a des arcades qu’au rez-de-chaussée , & quelles ne portent rien, ils ont suffisamment de force, la soli-

c’est lorsque des arcades portent un mur percé seulement de quelques croi-sées , de forte que le massif porte sur le vuide, comme au Colisée, où au-dessusde trois Ordres d’arcades, il s’éleve un mur percé de fenêtres assez petites: cequ’a imité Michel-Ange dans la cour du palais Farnese, & que Vignole aévité dans la façade du côté du Tibre. Les portiques ne devroient, ce sem-ble, porter qu’une terrasse, comme aux Palais des Tuilleries & du Luxem-bourg , ou du moins n’avoir rien de plus pesant au-dessus , comme aux lo-ges du Palais Vatican. Mais pour en revenir à Scamozzi, s’il a condamné lesjambages des portiques de Vignole , à cause de leur faiblesse , quel juge-ment a-t’il pu faire des colonnes seules , qui portent des parties d’édisices ?Le palais de la Chancellerie , qui étoit fait de son tems, & bâti par Bra-mante, lui en fournissoit un exemple : on y voit un double portique soutenupar de simples colonnes isolées, qui reçoivent les retombées des arcades, & ilrégné cependant encore un étage au-dessus du second portique. La cour dupalais Borgheie est environnée de semblables portiques, mais qui ont plus degrâce, parce que les arcades en font soutenues par des colonnes couplées, cequi devient moins sec, & satisfait davantage à la solidité apparente. Enfinpour achever de répondre à Scamozzi, on peut lui objecter , que quoique lesaasiliques, telles que font celles de sainte Marie Majeure, de saint Paul, &jlusieurs autres, ne soient pas des exemples d’Architecture régulière, étantfaites dans un siecle barbare & ignorant; cependant depuis le tems qu’ellessubsistent, on peut juger de la force des colonnes seules qui portent de grandsmurs & des plafonds ; & à plus forte raison on peut approuver les piliers desaortiques de Vignole, qui ont non-seulement une solidité apparente , mais