IOÓ
eo v r s
autres il pend une graine qui semble former un gros bouton ; mais sur-tout lors-que la quantité empêche de les pouvoir faire toutes différentes, il est à proposque celles qui font répétées soient des mêmes feuilles que le chapiteau & lesmoditlons. Si les ouvrages étoient de marbre, 8c que les chapiteaux 8c basesfuífent de bronze, on pourroit alors faire les modifions Sc les roses de mêmemétal. Les feuilles dont les modillons sont enrichis sont ordinairement lesmêmes que celles du chapiteau, 8c quelquefois au lieu de feuilles, on y ap-plique d’autres ornemens ; c’est ainsi qu’aux modillons de i’arc de Titus, ily a des dauphins, 8c qu’il y a de petits aigles à ceux de la corniche Corin-thienne qui sert d’imposte à l’arc de Constantin : les modillons du temple deNeptune étoient enrichis de coquilles.
Quelquefois on voit des modillons qui sont attachés à une petite table, Sc leportique du Panthéon en fournit un exemple ; mais l’on ne comprend pas pour-quoi l’Architecte de la maison quatrée de Nifmes, qui est d’ailleurs un très-beau morceau d’Architecture , les a mis à contre-sens de ce qu’ils doivent être,faisant paroître par le devant la partie par laquelle ils doivent être attachés à lacorniche: exemple unique 8c extravagant. Le modillon est différent du inti-tule en ce qu’il ressemble à une console posée en encorbellement. Ses deux en-roulemens doivent être tracés avec beaucoup de grâce, principalement lorsquel’ouvrage est grand : les nervures de ces enroulemens , qui viennent former lebalustre à la tète du modillon, doivent paroître sous la feuille de revers, ensorte que la légèreté de cette feuille n’en cache point le contour. On ne peutproposer de meilleur modele en ce genre que les trois colonnes de Campa Vac-cino à Rome, où les modillons sont travaillés avec une propreté infinie. Sca-mozzi enseigne le moyen de tracer ces enroulemens, mais ces sortes de con-tours géométriques n’ont jamais ni la grâce, ni la légèreté que leur sçait donnerun Architecte qui s’est formé une bonne maniéré de dessiner ; toutefois poursatisfaire ceux qui en voudroient faire l’opération en grand fur le carton, j’aijoint ici la pratique de Scamozzi réduite dans les mesures de Vignole.
La saillie du plafond excede de beaucoup celle des mutules au frontispice deNéron, & Scamozzi a observé une pareille saillie dans ses entablemens Corin-thien 8c Composite, mais cette saillie est inutile, sur tout dans l’entablementCorinthien , si ce n'est dans un bâtiment colossal, comme l’église de S. Pierredu Vatican. Le plafond de la corniche qui y régné dans l’intérieur, excedela saillie des modillons de presque la largeur de la tête d’un modillon ; maisaussi pour avoir cette saillie, le modillon est retiré en arriéré, de telle sorte quepar le profil, son enroulement ne paroît qu’à moitié, ce qui est défectueux.Les denticules des corniches Corinthienne & Composite de Vignole sontquarrées par leur plan , & ont six parties; l’espace entre deux en a trois, 8c leurhauteur doit toujours être sefquialtere, ou une fois 8c demie de leur largeur, &non pas comme aux thermes de Dioclétien, où elles sont plus larges que hau-tes. On a mis ici une pomme de pin à l’angle saillant, comme àï’arc deSep-time Sévere, & il faut faire ensorte qu’il y ait toujours une denticule à plombfur l’axe de la colonne, comme à cet arc; ce que Vignole, qui est si régulier,