qu’il en enleva auííì ces colonnes torses, qu’il mít dans le templede la Paix à Rome, d’où elles ont été transportées depuis dans labasilique de S. Pierre. II est certain que ces colonnes torses, quifont de marbre, font fort anciennes, sur-tout celle qui est dans lachapelle du Crucifix ; depuis un tems immémorial elle a toujoursété exposée à la vénération des fideles, èc l’opinion, qu elle vientdu temple de Salomon, est sondée sur une tradition reçue depuisplusieurs siécles. A ï’égard des autres colonnes torses, qui font dansl'église de S. Pierre, il y en a deux dans la chapelle du S. Sacre-ment, à l’autel de S. Maurice , èc huit aux quatre balcons des pi-liers du dôme, qui ont été ornés par le Cavalier Bernin: mais lesplus belles èí les mieux proportionnées de toutes celles qu’on eon-noît, font les quatre de bronze du grand autel de la même église,qui est un des plus beaux ouvrages de Bernin. II y en a une à Pa-ris dans la chapelle d’Orléans aux Célestins, qui porte dans uneurne le cœur d’Anne de Montmorency, elle est de Germain Pilon,fameux Sculpteur; enfin il y en a six au grand autel du Val-de-Grace, qui mettent le comble à la richesse de ce superbe temple.
Comme cette colonne ne sauroit être trop riche, on lui donneordinairement le chapiteau, le piédestal & les autres ornemensde l'Ordre Composite qui est le plus riche des Ordres , & l’on peutmême encore augmenter la richesse du piédestal, en mettant dansses tables des ornemens convenables au sujet, ainsi que doiventêtre ceux de la colonne. Ces colonnes ne font pas propres dansla composition d’un bâtiment; parce qu’ayant plus de richesse quede solidité, elles ne peuvent porter tout au plus que leur entable-ment ; mais elles font un très-bel effet lorfqu’elles font isolées,& qu’elles ornent un baldaquin, ou quelles portent quelque statueou quelque vase. L’on est persuadé qu’une colonne de cette espece,placée au milieu d’une place publique, la décoreroit encore plusmagnifiquement qu’un obélisque.
Vignole est le premier qui ait donné des réglés pour tracer cetteespece de colonne. Lorsqu’il fait mention de celles de S. Pierre,il veut parler de celles des balcons des quatre piliers du dôme,car les quatre grandes du baldaquin n’étoient pas encore faites.On trouvera fur la même planche, où j’ai donné le trait de lacolonne torse, une semblable colonne dénuée d’ornemens &ombrée , ce que j’ai cru devoir faire , pour mieux faire connoîtrel’esset de son contour. Je remarquerai encore, pour un plus grand