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Cours d'architecture : qui comprend les Ordres de [Jacques Barozzio dit: Le] Vignole, avec des commentaires, les figures & les descriptions de ses plus beaux bâtimens, & de ceux de Michel-Ange, des instructions et des préceptes, & plusieurs nouveaux desseins concernans la distribution & la décoration, la matière & la construction des édifices, la maçonnerie, la charpenterie, la couverture, la serrurerie, la menuiserie, le jardinage, & généralement tout ce qui regarde l'art de bastir / par C. A. [i.e. Augustin-Charles] d'Aviler
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COUR

Toutes les portes où passent des charrois, doivent avoir neufpieds de largeur au moins. Entre les portes moyennes, il y a lesbourgeoises ou bâtardes, qui ne doivent point avoir plus de sixpieds de largeur, ni en avoir moins que quatre, pour être d’unebelle proportion. Les petites portes de deux pieds 8c demi outrois pieds de baye, servent d’entrée principale aux maisons desParticuliers ; mais elles font si peu considérables, qu’il suffit d’enavoir fait mention.

Les grandes portes étant celles qui font les plus susceptiblesd’ornemens d’Architecture, feront la principale matière de cediscours. Leur plus belle proportion, tant de celles qui font fer-mées quarrément que de celles qui font ceintrées, est d’avoir enhauteur le double de leur largeur dans l’Ordre Ionique ; un peumoins pour les Ordres massifs, 8c un peu plus pour les Ordres dé-licats : 8c quand même il n’y auroit point d’Ordre à la façaded’un bâtiment, la porte doit retenir la proportion de la simpli-cité ou de la richesse de tout l’édifice. Outre les portes rondes 8cquarrées, il y en a d’autres qui approchent de ces figures, commecelles dont le ceintre est en anse de panier 8c surbaissé; 8c en-fin d’autres qui font bombées ou un peu ceintrées dans leur plate-bande, 8c dont le trait le plus parfait est la proportion du cerclequi se fait sur la base d’un triangle équilatéral dont le sommetest le centre. Pour les portes à pans , 8c celles dont le linteau estbrisé en trois parties, comme celle de l’hôtel de Çondé, ellesfont d’une composition si vicieuse qu’on ne sauroit trop les évi-ter , ainsi que tout ce qui est dicté par le caprice , 8c qui s’écartedes réglés ordinaires.

Comme la principale porte d’un édifice est la partie la plus re-marquable dans la façade, on peut, lorsque le lieu le permet,en faisant saillir quelque Architecture au-dehors , distinguer laporte d’une maison considérable d’avec celle d’un Particulier.Elle peut être ornée de colonnes, comme celle de l’hôtel dePussort, aujourd’hui l’hôtel de Noailles , rue S Honoré , si la rue’est large ; ou si la rue est étroite, on peut prendre la porte dansun renfoncement fait au mur de face, comme feu Monsieur Man-sard l’a pratiqué à l’hôtel d’Aumont, rue de Jouy : 8c lorsque lepeu d’espace de la place qu’on veut ménager, ne permet pas defaire ce renfoncement, il se faut contenter de quelques pilastresou avant-corps de peu de saillie, ce qui est beaucoup mieux que