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COURS
Niches en rétables d’autels.
Les huit grandes niches qui font dans l’intérieur du Panthéon , & dans lesquellesétoient autrefois placées des idoles m’ont fait naître ridée de semblables ni-ches y qui pourt oient servir de rétables d’autels : f en donnerai isi deux desseinsdifférens.
C^uoique les niches du Panthéon , donc je viens de parler , soient d’ungrand gosxr, Sc d’une proportion beaucoup plus élégante que celles du mêmegenre qu’on volt dans les bains de Paul-Emile à Rome, il m’a paru cependantquelles péchoienr par trop de hauteur, eu égard à leur largeur, Sc qu’elles étoientauffi trop profondes. Le premier de ces défauts vient de ce que le renfonce-ment de la niche tombejusqu’à terre, & le second , de ce quelle est quarrée parson plan. J’ai cru pouvoir me permettre de changer quelque chose dans la propor-tion de ces niches, & pour les faire servir à mon dessein,voici ce que j’y ai observé.
En général j’ai conservé la même Ordonnance ; j’ai placé mon corps d’autel en-tre les deux colonnes; je l’ai élevé fur trois degrés , auxquels j’ai donné 15 pou-ces de hauteur, & ma table d’autel,qui peut avoir huit pieds de longueur, a troispieds 5c un quart de hauteur : les deux gradins, qui portent un pied, montent austihaut que le piédestal de l’Ordre Corinthien, au lieu que dans le rétable où j’ai misl’ordre Ionique,ces gradins se terminent dans un socle placé audessus du piédestal.J’avoue que ce socle au-dessus d’un piédestal, est une licence, mais je n’ai fait quesuivre ce que j’ai trouvé établi à Tare de Titus, & dans plusieurs rétables d’autelsà Rome, où cette licence a passé en usage. Les deux niches font auffi larges l’uneque l’autre , leur plan dépend de la disposition du gtouppe; un demi-ovale deprofondeur leur suffit. On peut cependant en faire qui soient quarrées parleurplan, ou qui ayent la profondeur d’un demi-cercle , lorsqu’on a à y placer dessujets étendus, tels qu’un Baptême de saint Jean , un Noli me tangere , &c. Lescolonnes peuvent être isolées ou adhérantes au mur, & il est libre de leur substi-tuer des pilastres, selon l’exigence des cas, 5c même de fermer la niche avec untableau. Les deux Ordres que j’ai choisi, m’ont paru les plus convenables : aureste ces deux rétables, qui ne se distinguent que par la régularité de l’Archi-tecture, sont susceptibles d’une infinité d’ornemens. Les églises de Rome enfournissent des exemples fans nombre , tous plus magnifiques les uns que les au-tres. Pour contraster, on doit mettre à la niche quarrée un fronton ceintré, &à celle qui est ronde un fronton triangulaire. Ces fortes de niches avec un pié-destal de la hauteur de ceux des colonnes, font encore propres pour recevoirquelque noble figure assise, comme seroi t le Moïse de Michel-Ange, ou legroup-pe de Laocoon de Belvedere. Le Cavalier Boromini en a imaginé de cette ma-niéré y qui font un effet surprenant dans la nef de l’église de S. Jean deLatran, 'que le Pape Innocent X. a fait restaurer sur les desseins de cet Architecte. Leurplan est ovale , elles font ornées de colonnes Composites de marbre verd anti-que , & dans {'entablement il y a une couronne antique, mais les profils en fontauffi irréguliers& bizarres que la composition en est ingénieuse. Le Pape Clé-ment XI. y a fait placer les statues des douze Apôtres, exécutées en marbre parle Chevalier Rusconi, M. le Gros, 5c les plus habiles Sculpteurs de Rome.
P L