COURS
De la Charpenterie .
A près avoir parlé de la distribution des plans , Sc avoir donnédes exemples de la maniéré dont on peut décorer les façadesdes édifices, je vais maintenant traiter de la Charpenterie Scen expliquer les diíFérens assemblages. C’est une des parties lesplus nécessaires de l’Architecture, Sc qu’il est important de con-noître à fond. Les ouvrages les plus considérables de cette efpecefont les toits ou combles, Sc les escaliers; par les combles, onentend tout ce qui couvre les édifices, même les dômes des égli-ses. On les fait plus ou moins roides, selon les climats ou l’on bâtit.Dans les régions septentrionales, on les tient fort élevés , à causede la quantité de neiges Sc de pluyes qui tombent dans ces pays-là ;au lieu que dans le Levant, où il pleut rarement, on fe contentede couvrir les maisons avec des terraííes. En Italie les toits fontfort bas, mais en France, l’ufage Sc la nécessité obligent de lestenir plus hauts, ce qui ne les rend pas d’une proportion désagréa-ble. Ils ont aster de rampant dans nos climats, lorsque leurs côtésfont égaux à leur base, Sc qu’il s forment un triangle équilatéral parleur profil; quand on les veut faire plus plats, on doit au moinssuivre la proportion des frontons. Le comble à deux égouts est leplus simple Sc le meilleur ; il doit plutôt être en croupe qu’en pi-gnon fur l’extrémité d’un bâtiment, à moins qu’il ne soit arrêté parun fronton qui lui serve de pignon. Cependant depuis quelquerems on a mis fort en usage les combles brisés, qu’on appelle auísià la Mansarde. On s’en est servi au château de Clagny Sc aux écu-ries du Roi à Versailles, Sc il faut avouer que lorsqu’ils font d’uneauísi belle proportion que dans cesbâtimcns, ils terminent l’édificeavec beaucoup de grâce ; mais au contraire lorsqu’ils font trop hauts,ils paroistent l’accabler. Le comble brisé a cet avantage qu’il rendl’étage en galetas fort habitable Sc presque quarré, Sc les jouées deslucarnes fort petites ; mais auísi l’inégaîité de la pente de ses deuxégouts est un grand défaut, puisque le comble , depuis le chêncauou égout jufqu’au brisis, est roide comme un talut, Sc le faux com-ble doux comme un glacis, de forte que les neiges qui font fur lefaux comble, séjournent long-tems, Sc les autres s’écoulcntpromptement, Sc même ne s’y arrêtent pas. Ainsi ceux qui con-damnent les toits d’Italie, tombent dans le même défaut, si c en
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