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BASES COMPOSÉES ET CHAPITEAUX SYMBOLIQUES.
e s meilleurs Architectes conviennent qu’on ne peut inventer de chapi-teau plus parfait que celui de l’Ordre Corinthien ; aussi loríqu’ils ont voulu met-tre au jour quelque chapiteau singulier, ils fe font contentés d’imaginer de nou-velles especes de feuilles, &c d’y mêler quelques ornemens significatifs qui ser-vissent d’attributs à leur édifice. S’il en faut croire Josephe l’Historien, l’Ordredu temple de Salomon étoit Corinthien} & Vilalpande donne aux colonnesmystérieuses du porche de ce temple, qui avoientdeux coudées de diamètre, lesproportions Corinthiennes j prétendant quec’est dans cette source divine queles Grecs ont puisé les proportions qu’ils ont donné à leurs Ordres d’Architec-ture. Les chapiteaux de ce temple, suivant la description qu’on en trouvedans le troisième Livre des Rois , étoient faits de branches de lys, mêlées avecdes grenades, tels à-peu-près que les a destinés Vilalpande ; mais comme jen’ai pas trouvé qu’ils eussent la grâce de celui qui est dans le Parallèle d'Archi-tecture de M. de Chambray , qui est de feuilles de palmier, arbre fort commundans la Palestine, j’ai préféré ce dernier exemple ; j’ai seulement pris la libertéd’y mettre une tête de bélier, au lieu de rose, & pour volutes des cornes de cemême animal 5 symbole des victimes qu’on offroit dans le temple. Ces ornemensfont très convenables pour des églises dédiées à de SS. Martyrs, parce que le pal-mier est le symbole de la victoire que ces Héros du Christianisme ont remportée,lorsque , comme des victimes innocentes, ils ont répandu leur sang pour la foi.
Lorsqu’il fut question d’inventer un chapiteau pour un Ordre François, en-tre plusieurs productions qui parurent alors, celles qui approchèrent davan-tage de la disposition & des mesures Corinthiennes, furent reçues avec le plusd’approbation. On s’y étoit servi, au lieu de feuilles, de pennaches disposéesde la même maniéré que les feuilles d’acanthe & d’olivier j elles étoient deplumes d’autruche, qui font flexibles, & qui font un revers assez naturel jmais ces plumes parodient avoir quelque chose de chétif en elles-mêmes, &elles demandent d etre accompagnées d’autres ornemens ; c’est pourquoi, outrela couronne que M. Perault avoir posée sur l’astragale de la colonne, j’ai ajoutéles cordons des Ordres de saint Michel & du saint Esprit, que M. Girardonavoir introduit dans un chapiteau qu’il inventa alors; ëc j’imagine, qu’en or-nant les volutes de plumes de coq, & mettant la tête de cet oiseau, ou unsoleil à la place de la fleur, ce chapiteau fera un très-bel effet, & digne de laNation chez laquelle il a été inventé. J’aurois pu donner encore plusieurs au-tres desseins de chapiteaux symboliques, car dans les choses d’imagination, ilest aisé de donner l’essor à son génie, mais il m’a paru que ces deux exemplesétoient suffisans, d’autant plus que l’usage en est assez peu fréquent.
A l’égard des bases, j’ai suivi mon génie en les composant, & quoiqu’ellessoient moins chargées de moulures que les Corinthiennes, je crois qu’elles fe-
ront encore très-richestaillées d’ornemens,
en exécution, sur-tout celles dont les moulures font