D'ARCHITECTURE.
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Autant que les piédestaux des Ordres doivent être simples Sc ré-guliers, autant ceux-ci sont-ils susceptibles de formes ingénieusesSc extraordinaires, Sc cela dépend du caractère, de l’attitude Sc dela situation des figures. Les moindres piédestaux servent à porter lesstatues en pied, qui font ou antiques, ou restaurées, ou enfin mo-dernes ; entre lesquelles il y en a de nues, comme Ion t la plupartdes statues grecques; Sc de vêtues, comme les ont faites les Ro-mains: Sc les unes Sc les autres représentent ou des Divinités, oudes Héros, ou des Princes; ou bien ces statues font symboliquesou allégoriques. Mais comme toutes ces figures font de propor-tions différentes, selon le sexe, l’âge Sc la qualité , il faut aussi quele piédestal soit différent de hauteur, de profil Sc d’ornemens. Lepiédestal qui doit porter une figure svelte n’est point le même quecelui qui convient à une figure d’un caractère solide. Quant aux pié-destaux figurés par leur plan , qui ont des retours ou pans coupés,ou qui font flanqués, arrondis ou échancrés en leurs encoignures,ils fervent plus ordinairement pour porter des figures légères : aulieu que ceux avec avant-corps ceintrés ou droits font propres à re-cevoir des figures ou grouppes qui ont des animaux ou des attributsà leurs pieds, lesquels portent avec grâce fur ces parties saillantes.
Les piédestaux des figures aífises ou à genoux, comme font cel-les des PapesSc Prélats, des Magistrats Sc des Hommes de Lettres,qu’on érige dans les parvis ou places devant les églises, dans leschapelles, Sc près des mausolées, sépultures Sc autres endroits,doivent être moins hauts que larges, ces figures ayant plus de planque celles qui font en pied. Si l’on a plusieurs figures d’une mêmehauteur à placer, il est plus à propos, pour la variété, de se confor-mer à leurs caractères Sc à leurs attitudes, que de suivre une uni-formité de symmétrie pour les piédestaux ; principalement lors-que ne faisant point partie d’une ordonnance d’Architecture,ils sont répandus dans un grand espace, Sc qu’étant isolés, cha-que piédestal fait un sujet séparé Sc indépendant. Mais il fautau moins observer dans les salions , galeries, ou allées, queles piédestaux des figures respectivement opposées , soient pa-reils.
Les piédestaux de figures couchées, telles que íont les fleu-ves , rivières, Scc. comme font celles de l’Océan , du Tigre,du Nil Sc du Tibre, qu’on voit au Capitole Sc au palais de Bel-vedere à Rome, doivent être en longueur, Sc avoir peu de hau-
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