DIVERS BALUSTRE S
D'APPUt
Les piédeflaux des balujlres étant une fuite des acroteres ,qui font la quatrième partie d’un Ordre élevé fur sonpiédéfiai , les balufires qui en doivent remplir les inter-valles , font des ornemens autant utdes pour la diflinc-tion de chaque Ordre } que pour les diverses compostionsou ils font employés , ainfi que le font connoître les des-seins que f en donne ici.
ï l y a sujet de s’étonner qu’entre tant d’Árchitectes qui ont écrit,il s’en trouve si peu qui aient établi les proportions, & qui aientdonné les profils des balustres, auffi-bien que des piédestaux qui enrenferment les travées. Peut-être qu ils ont négligé cette partie def Architecture, ou parce quelle leur a paru peu considérable, ouparce qu’il n’est resté aucun fragment antique, dont ils aient pu ti-rer quelque exemple. Cependant après qu’on aura fait réflexion furl'usage des balustrades , d’autant plus nécessaires, que fans elles ilsy auroit du risque à fe promener fur les balcons Ôc fur les terrasses,&C qu outre cet avantage, elles augmentent encore la ri c sieste desfaçades ; on ne trouvera pas inutile que je me fois expliqué avecquelque étendue fur une partie de l’Architechire auíïï considérable.
La proportion des balustrades doit, selon mon sentiment, être lamême que celle de l’appui ou accoudoir que Vitruve nomme po-dium , dont la hauteur est à un peu plus ou moins de trois piedsd’enfeuillement, quelque grand que soit l’édifice ; & il est néces-saire que cet appui soit élevé par-dehors fur un socle suffisant, pourdégager la base de la saillie de la corniche qui, fans cela , cacheraitla meilleure partie de la balustrade. Les profils des piédestaux ouacroteres, qui entrent dans la composition de la balustrade, doi-vent être simples ou riches de moulures , suivant le caraétere del’Ordre qui décore le bâtiment. Pour en donner des exemples sen-sibles , la tablette de la balustrade de l’orangerie de Versailles,qui est décorée d’un Ordre Toscan, n 5 a qu’une simple face, au lieu