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Cours d'architecture : qui comprend les Ordres de [Jacques Barozzio dit: Le] Vignole, avec des commentaires, les figures & les descriptions de ses plus beaux bâtimens, & de ceux de Michel-Ange, des instructions et des préceptes, & plusieurs nouveaux desseins concernans la distribution & la décoration, la matière & la construction des édifices, la maçonnerie, la charpenterie, la couverture, la serrurerie, la menuiserie, le jardinage, & généralement tout ce qui regarde l'art de bastir / par C. A. [i.e. Augustin-Charles] d'Aviler
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D'ARCHITECTURE.

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produisent de semblables couleurs trop voisines lune de l’autre, iln’y a. qu’à entrer dans l’église des grands Augustins à Paris, Lc yexaminer le jubé décoré de colonnes & de tables postiches demarbre noir fur un fond de pierre blanche ; au lieu que si le champeût été de breche, ou de blanc veiné de gris, le noir ne feroit pasun contraste auíïï insupportable ; & c’est ainsi qu’il en faut user tou-tes les fois qu'o n est obligé de fe servir de marbre noir dans les Or-donnances des tombeaux, où ce marbre convient particulière-ment. L’église des PP. Bénédictins de S. Georges Majeur à Venise,bâtie par André Palladio, qui est un ouvrage digne de la réputationque ce grand Architecte s'est acquise , offre un spectacle bien diffé-rent ; tous les marbres qui y font employés font si heureusementassortis pour les couleurs, qu’il en résulte une harmonie parfaite, &il saut avouer que cette harmonie ne se trouve presque point ailleursdans un si haut degré d’excellence. On peut citer encore pour undes plus beaux exemples de cette union des marbres, la chapellede Notre-Dame de Pitié dans l’église de S. André délia Valle à Ro-me, laquelle renferme les tombeaux de quatre Seigneurs de la Mai-son de Strozzi, qui font l’ouvrage de Michel-Ange. Car pour cequi se sait présentement dans ce genre à Rome, où l’on incruste deséglises entieres avec des jaspes de Sicile, & d’autres marbres aussiéclatans, on ne peut disconvenir qu’on n’y observe pas assez derepos dans la distribution des couleurs de ces différens marbres, &qu’à force de vouloir rendre les bâtimens magnifiques, on leur faitperdre de leur beauté qui consiste dans cette union si désirable desparties avec leur tout.

Le marbre s’emploie de deux maniérés, pour former les com-partimens des lambris , ou par un revêtement de toute leur éten-due , ou par incrustation de tables, quadres èc saillies postiches furla pierre, ou fur le stuc qui leur sert de fond. L’une & l’autre de cesmaniérés se font encore ou avec des saillies de divers marbres surun fond d’une même couleur, comme aux grands escaliers du châ-teau de Versailles, ou avec des marbres arrasés, polis & mastiquésfur des dalles ou tranches de pierre, ainsi qu’aux embrasures & jouéesdes portes & croisés du même château. Les lieux qu’on peut re-vêtir entièrement de marbre , font les églises , chapelles , vesti-bules , salions & salles à manger ; car pour les pieces des apparte-mens servant à l’habitation, ce n’est pas l’usage de les revêtir demarbre dans toute leur hauteur 8 c leur étendue ; on ne sait en mar-

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