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Cours d'architecture : qui comprend les Ordres de [Jacques Barozzio dit: Le] Vignole, avec des commentaires, les figures & les descriptions de ses plus beaux bâtimens, & de ceux de Michel-Ange, des instructions et des préceptes, & plusieurs nouveaux desseins concernans la distribution & la décoration, la matière & la construction des édifices, la maçonnerie, la charpenterie, la couverture, la serrurerie, la menuiserie, le jardinage, & généralement tout ce qui regarde l'art de bastir / par C. A. [i.e. Augustin-Charles] d'Aviler
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COURS

tité d’aqueducs que l’on retrouve tous les jours. Les uns cachésfous terre, Sc les autres formans plusieurs rangs d’arcades à un dcjufqu’à trois étages, tel qu’est celui du Gard en Languedoc, furlequel on marche encore, fer voient non-feulement a détournerdes ravines 5c des ruisseaux qui auroient pu ruiner les chemins ;mais souvent encore à joindre deux montagnes pour rendre la voieplus droite Le plus praticable. C’étoit principalement dans les oc-casions où il étoit nécessaire de construire des ponts pour faciliterle passage des rivières, qu’ils ne craignoient pas de faire de grandesdépenses ; Le l’on admire encore un grand nombre de ces édificesentièrement de marbre qui subsistent depuis plusieurs siécles ; onremarque que les Romains étoient assez dans l’.ufage d’en faire lesarches en plein ccintre Le extradossées, Le les avant-becs des pilesplutôt arrondis qu’en triangle. Ils donnoient le nom d’aquatiqucsà ces fortes de chemins qui traverfoient des rivières ou des ma-rais : Le c’est ainsi que nous pourrions auísi appeller nos ponts,chaussées , turcies , levées , môles, digues , abreuvoirs , grèves ,ports de mer Le de rivière, Le tous les autres chemins fondés dansPeau.

Le fol de ces grands chemins antiques, de quelque mauvaiseconsistance qu’il fût, comme de glaise , de vase , ou de tout autreter rein peu solide , étoit ordinairement affermi par les décombresLe terres jeétisses des villes voisines, & par des matériaux qui fetrouvoient fur les lieux , ou qui pouvoient y être apportés des en-droits les plus proches. Les aires des uns étoient faites de gravois&í de cailloux maçonnés avec chaux & ciment ; celles des autresd’écailles Le d’éclats de roche ou de rabot, & celles des plus magni-fiques chemins, de quartiers de pierre dure à joints incertains, qu’onnomme aujourd’hui pierre de pratique. II y avoit même des che-mins doubles, où la voie des charrois étoit séparée par une bermeou banquette élevée au milieu pour les gens de pied, avec des mon-toirs à cheval, Le des pierres milliaircs d’efpace en espace. Telleétant la voie Appia , dont on rencontre des vestiges considérables,ìorfqu’on va de Rome à Naples, Lc qu’on approche deTerracine.

Le premier travail nécessaire pour dresser les grands chemins,est le transport & vuidange des terres, dont il faut ménager la dé-pense, en telle forte que pour les régaler, le déblai d’un côté, fastele remblai de l’autre, ce qui fe connoît par les témoins; que lesberges aient assez de glacis pour ne fe pas ébouler dans les tran-