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Deuxième partie.
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— STYLE ARABE-BYZANTIN

traces de peintures ; des compartiments, également en bois et peints de diverses couleurs, figurant des pan-neaux en renfoncement, remplissaient l’espace divisé régulièrement par les fermes, les pannes et les chevronsdu comble, et formaient toute la décoration intérieure de cette partie de la mosquée. Quelques historiens etantiquaires ajoutent que cette charpente avait été faite en un bois, nommé alerce par les uns, et mélèze selonles autres, d’une odeur qui surpassait en suavité celle de tous les autres pins que nourrissaient alors les rivesdu Guadalquivir ; et que cette espèce de bois, aujourd’hui perdue , n’était pas moins précieuse à cause de sonincorruptibilité que par ses propriétés pour le travail du ciseau des sculpteurs.

Quant aux murs intérieurs et à leur décoration, le silence des historiens , des voyageurs et des antiquaires,ne nous laisse aucun doute sur leur état -, ils devaient être nus, ou ils n’avaient probablement reçu qu’un bienfaible luxe d’ornements. M. Girault de Prangey affirme qu’on n’y voit aucun ornement, pas même la moindrefrise, ni aucune de ces inscriptions coufiques, si communes dans les mosquées du Kaire.

Après avoir décrit en détail les principaux membres d’architecture qui composent la mosquée de Cordoue etqui constituent, pour ainsi dire , la partie commencée par Abdérame et terminée par son fils, il nous reste àexaminer maintenant les différents autres lieux de l’édifice qui, par leur destination particulière, formentcomme autant de monuments séparés qui méritent une description à part, monuments où l’on a répandu àprofusion un luxe d’ornements et une richesse de décoration qui excitent, à bon droit, l’intérêt et la curiositéde l’archéologue et du voyageur.

Nous commencerons par la nef principale. De même que daus les premières basiliques chrétiennes, elle estplus large que toutes les autres, et elle part du sanctuaire pour aboutir sur la cour. Cette nef se divise ici endeux parties, dont l’une, celle du côtéduMihral), est plus richement ornée. La décoration, placée dans sa partiesupérieure, consiste particulièrement en de larges pilastres de marbre blanc, ornés de chapiteaux et portés surdes consoles d’une forme remarquable ; les pilastres sont décorés de sculptures présentant des combinaisonsde losanges, de chevrons et de faces à angles saillants et rentrants , dans le genre de celles qu’on voitfréquemment employées dans nos édifices romano-byzantins des XI e et XII e siècles. Cette nef, qui con-duit au sanctuaire, et qu’on voulut par conséquent rendre digne, en tout, du lieu sacré qui l’avoisinait,se trouve coupée transversalement, à peu près vers le milieu, par une grande façade parfaitement conservée ,et correspondant à celle du sanctuaire, avec laquelle elle a la plus grande analogie de construction et de déco-ration (*). Nous pensons avec M. Girault que ces deux façades, ainsi que la partie de la nef centrale qui lessépare , ont vraisemblablement la même date de construction que la Maksourah et le sanctuaire , qui, d’aprèsdiverses inscriptions dont on ne peut contester l’authenticité , furent élevés pendant le X e siècle.

Mais toute la magnificence de la décoration semble avoir été réservée pour la Maksourah et pour le sanc-tuaire , encore étincelant aujourd’hui de dorures et de mosaïques, comme au temps d’Hakem qui fit décorerl’un et l’autre, en 9G5 (**), par des artistes, ou sous la direction d’artistes venus très-vraisemblablement à lasuite d’une de ces ambassades des empereurs grecs, chargées d’offrir aux khalifes les riches produits des arts etde l’industrie de llyzance, rapports qui développèrent en Espagne le goût du luxe et du faste usités, à cetteépoque, à la cour des monarques byzantins , ce que confirme ici d’une manière irrécusable l’introduction toutenouvelle de sculptures et de mosaïques, dans lesquelles on doit reconnaître une transformation de l’art arabe,fruit de l’intlueuce étrangère. Cette partie de la mosquée, dit M. Girault, est à la fois le spécimen le plus com-plet et le plus merveilleux de l’art des Arabes au X e siècle ; car il résume toutes les connaissances qu’ilsavaient acquises alors dans les diverses parties de la construction et de la décoration des édifices.

Cet ensemble, qui ne parait guère avoir subi de modifications notables depuis l’époque de sa constructionprimitive (***), se compose de deux parties bien distinctes : l’une, antérieure, ou Maksourah , destinée auxpratiques et cérémonies religieuses , correspondant à ce que l’on appelle, dans les monuments chrétiens , lechœur ; et l’autre , postérieure, ou sanctuaire , dans laquelle était renfermé le Koran ou livre de loi. La partieantérieure présente, comme dispositions, un carré allongé, formé , sur ses côtés Nord, Est et Ouest, d'élé-gantes arcades à cintre outre-passé et à plusieurs lobes, portées sur deux rangs de colonnes superposées, la

(*) Les ornements, disposés sur les arcades à plein cintre et à plusieurs lobes, sont en stuc.

(**) Cette date est établie d'une manière positive à l’aide de deux inscriptions, dont une est rapportée dans les Antiguedad.esarabes de Espana et dans le Voyage pittoresque de l’Espagne , par M. Alex, de la Borde.

(***) Selon Maccary, cette Maksourah fut placée dans les cinq nefs ajoutées par Hakem, et l’on étendit ses deux côtés surles six autres nefs. Trois portes , de construction extraordinaire et merveilleusement travaillées , décoraient son enceinte; elless’ouvraient à l’Est, à l'Ouest et au Nord.