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n’a probablement jamais été achevée, le plancher placé à cette hauteur paraissant aussi ancien que la tourelle-même.
Les larmiers de la première retraite des contre-forts étaient surmontés de statues qui s’élevaient au milieud espèces de tourelles à créneaux. Ces figures, dont plusieurs ont été renversées par le vent, représentaient despersonnages religieux. La porte d’entrée de la tour a été d’une grande beauté, mais les ornements du frontonqui la surmonte sont fort dégradés. La porte, d’ailleurs, est si peu élevée, par rapport à la masse de la tour,quelle en semble comme écrasée (*). Le troisième étage de la tour, dit le Beffroi, est divisé dans le milieu desa hauteur par un toit couvert de plomb qui abrite les cloches. Sur la face ouest est une porte basse et large,qui communique avec une galerie à balustrade, faisant le tour du clocher ; on a pensé que cette porte a puêtre pratiquée dans le but de servir de passage pour les cloches.
La lanterne, ou quatrième étage de la tour, est octogone, et la différence de sa forme avec celle du beffroiest rachetée par des pendentifs en trompe. Le toit ou plate-forme est en pierre ainsi que les gouttières; le sys-tème en est curieux et décèle beaucoup d’art. Toute la construction de la lanterne est, du reste, d'une légèretéet d’une élégance admirables. Elle est éclairée par huit fenêtres, dont le motif est une reproduction en petit decelui des fenêtres du second étage, mais qui présentent trois divisions au lieu de deux dans leur hauteur. Lesangles de la lanterne sont consolidés par des arcs-boutants doubles, qui s’appuient sur les pinacles couron-nant les angles du beffroi, et portant eux-mêmes sur les grands contre-forts à trois retraites qui portent defond et assurent la solidité de la tour. Au sommet est une balustrade à jour, au centre de laquelle s’élève, surchaque face, un petit gable surmonté d’une girouette. Des corbeaux en pierre et une porte constatent qu’à lahauteur du bas des fenêtres de la lanterne, devait exister jadis un plancher.
La maçonnerie de la tour tout entière est aussi digne d'admiration que l’élégance de ses formes ; à peine ypeut-on remarquer des traces de lézardes ou de tassements. Ce dernier accident a été prévenu complètement pard’énormes fondations, dont les dernières assises ont tant d’empâtement, qu’elles atteignent jusque sous le lit de larivière. L’architecte a également pris les plus grandes précautions afin que la tour ne pût en aucune façon fa-tiguer la nef; afin de mieux rendre impossible ce danger, il a même fait le sacrifice de la symétrie de l’étageinférieur, en y ajoutant un contre-fort supplémentaire , destiné à éviter tout mouvement. (Voir le plan.)
La lanterne de l’église de Boston , dit M. Wilson, à qui nous empruntons les détails de cette notice , étaitdestinée à être éclairée la nuit, afin de servir de phare. Cette circonstance ajoute encore à l’intérêt qui s’at-tache à une construction aussi magnifique que la tour de Boston ; elle est d’ailleurs confirmée par des faitsanalogues: ainsi Stovv affirme que le clocher de l’église de Bovv à Londres (Botv church , Cheapside) étaitgarni de cinq fanaux, et Drake, en parlant de l’église de Tous-les-Saiuts à York , qui présente une grande res-semblance avec celle de Boston , assure, d’après les traditions , qu’on allumait la nuit, dans la tour, un fanaldestiné à servir de guide aux voyageurs, obligés de traverser l’immense forêt de Galtree pour se rendre à laville ; le crochet qui servait à suspendre la poulie de ce dernier fanal existe encore.
(*) On remarque un défaut semblable dans la façade de la cathédrale de Cologne , et il ne serait pas impossible que ce peu d’é-lévation des portes eût eu pour objet de donner, par le contraste, plus de grandeur aux tours mêmes.
— BIBLIOGRAPHIE. —