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Deuxième partie.
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— STYLE OGIVAL DE L’OCCIDENT. —

pinacles élégants et garnis de crochets. Enfin, deux niches semblables à celles qui se trouvent entre les arcs, etplacées sur la même ligne qu’elles, flanquent l’ensemble de la décoration.

La face postérieure du jubé ne diffère de l’autre que par quelques détails. Les figures des petits frontonssont, à droite et à gauche, des anges, dont l’un porte la colonne à laquelle fut attaché Jésus, et l’autre la cou-ronne d’épines qui ceignit son front. Sur le fronton du milieu, est un écusson surmonté d’une couronne. Deuxpetites colonnes, dont le fût est chargé d’ornements, sont aussi adossées aux pieds droits des arcs latéraux. Lavoûte du jubé est formée de plusieurs voussures reposant sur des pendentifs et garnies de nervures multipliées,dont les principales sont ornées de petites contre-arcatures découpées.

L’escalier, à rampe courbe, par lequel on arrive à la galerie, et qu’on ne peut voir de la nef, commence sousla première arcade du chœur, au sud. Il s’élève en encorbellement, d’une base octogone, et s’appuyant sur lepilier. Sa balustrade a pour motif une suite de petits arcs ogives subtrilobés. Le plafond des marches est ornéde moulures saillantes et creuses ; dans ces dernières, courent des rinceaux et des animaux fantastiques. Toutle monument est en pierre de Tonnerre. Il a de largeur ll m ,70, et de hauteur, depuis l’appui de la balus-trade jusqu’au sol, 6 m ,45.

Comme style, le jubé de la Madeleine appartient à la transition entre l’architecture ogivale et celle de la re-naissance; néanmoins, la première de ces deux architectures y domine beaucoup. Ce n’est, en effet, que dansles détails que perce ce nouveau style, dont les éléments, rapportés d’Italie par Charles YIII, commencèrentdès la fin du XV e siècle à s’inoculer à l’art national français , lui communiquant un germe de mort quemille circonstances contribuèrent à développer avec rapidité. C’est une étude pleine d’intérêt à faire que desuivre les phases de ce regrettable événement, si absurdement nommé renaissance , surtout lorsqu’on le compareà la curieuse période où naquit et se développa l’architecture ogivale. On voit, dans cette dernière, les artistesdésireux de créer un style en même temps original, élégant et rationnel, se livrer laborieusement à des tentativeset à des recherches de toute sorte,pour atteindre ce but; dans l’autre, au contraire, ce n’est plus que l’influencede la mode qui les fait agir. Dans l’une, on distingue les efforts qui accompagnent toujours l’acte dedonner la vie; dans l’autre, la facilité avec laquelle se produit la désorganisation, la mort. L’invasion dugoût italien fut, en réalité, la mort de l’art architectural en France . Si les monuments du XVI e siècle ontencore du charme, c’est aux dernières lueurs du style ogival qu’ils le doivent : la preuve, c’est qu’à mesureque l’influence de ce style s’efface, les monuments acquièrent de plus en plus le caractère froid ou maniéré,et dans tous les cas, laid et irrationnel, qui distingue les constructions élevées depuis deux cents ans ; jamais,en effet, et il est impossible de le nier, l’art n’a produit de plus déplorables conceptions qu’à l’époque oùl’on eut la prétention de s’inspirer exclusivement des types dont l’art italien n’était qu’une dérivation : quepourrait-on citer de plus pitoyable que les monuments de la République et de l’Empire?

— BIBLIOGRAPHIE. —

1* Delaborde (Alex.)- Monuments de la France , classés chronologique-ment; Paris , 1816 à 1836, 2 vol. in-f°, pl.

2° Doe (F. M.). Notice des principaux monuments de la ville de Troyes ;Troyes , 1838, in-18.

3” Arnaud (Ch.). Voyage pittoresque et archéologique dans l’anciendiocèse de Troyes; Troyes , 1811, 1 vol. in-4°, pl.

4° Dusommerard. Les Arts au moyen âge ; Paris , 1846, 5 vol. grandin-8" et atlas in-f°.

5° Ramée (Daniel). Moyen âge monumental et archéologique ; Pari»,1842 et suiv., in-f°, pl. lithogi.