— STYLE OGIVAL. —
sonnes qui se rendaient la nuit aux églises (*). Les citations que nous avons rapportées dans notre notice surla Tour de Boston , démontrent d’ailleurs que plus d’une fois les monuments religieux ont été utilisés en vued’un résultat analogue.
Les lanternes de cimetières ont généralement la forme d’une petite tourelle cylindrique, carrée ou poly-gonale, exhaussée sur un soubassement, et coiffée d’un amortissement conique; mais il en est égalementquelques-unes qui, beaucoup plus vastes, forment de véritables chapelles, où avait probablement lieu l’expo-sition des corps, et dans lesquelles pouvaient facilement se célébrer toutes les cérémonies funéraires. Cettecollection renferme le monument le plus important de cette espèce, l’Octogone de Montmorillon. Celui quifait l’objet de cette notice peut être considéré comme un type intermédiaire entre ce dernier et les simplescolonnes creuses ; il est connu sous le nom de Chapelle Sainte-Catherine.
Ce petit édifice est situé dans l’ancien cimetière des religieuses de Fontevrault, aujourd’hui transformé enpromenade. Il sert maintenant d’habitation particulière, destination qui en a fait diviser l’intérieur en deuxétages; mais comme la décoration en a été conservée intacte, il a été facile de le reproduire dans son état an-cien. La planche qui contient le plan par terre, celui de la voûte, l’élévation extérieure et la coupe, est beau-coup trop aisée à comprendre pour qu’il soit nécessaire de donner une description du monument, sur la cu-rieuse voûte duquel nous nous contenterons d’attirer l’attention de nos lecteurs.
M. l’abbé Martin a découvert un document qui constate que la chapelle Sainte-Catherine est du commence-ment du XIII e siècle; c’est une charte datée de 1225, de Berthe, dixième abbesse de Fontevrault, élue en 1217,par laquelle elle confirme une fondation que la duchesse de Bourbon fit en faveur de cette chapelle, qu’elleavait fait bAtir. En voici l’extrait :■ « Dertha Dei gralia Fontis Ebraudi abbatissa omnibus présentes litterasa inspecluris salutem in Domino. Noventes quod venerabilis Ala quondam ducissa Borbonii post vero mullo» lempore religiosa monialis et benefactrix nostra, dédit, nostro consilio et assensu inpuram et perpetuam elee-« mosynam capellam quant adslrui fecit de suo proprio in medio cimelerii noslri, in honore Bealœ Catha -« rince XLIX solidos quatuor denarios minores stngulis annis percipiendos... Dédit iterum oclo solidos diclæ« capellœ ... in feslos sancti Michealis percipiendos... et duos solidos apud Fonteneirecipiendos...et XXXsectaria« frumenli... ad luminare prœfatœ capellœ faciendum... in eodem festo similiter recipienda. Ut autem hœc do-it naliofirmaet stabilis in perpeluum perseverel ad pelilionem supra diclæ Àlœ,'présentes litteras sigilli nostriu munimine fecimus roborari. Aclum anno gratiœ MCCXXV. » (Gallia christ ., t. 2, Instrumenta; col. 363.)
(*) Annales sancti Benedicti, t. VI. ■
— BIBLIOGRAPHIE. —