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Première partie - troisième partie.
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Livre I.Chap. VI.

Les Colonnes doi-vent estre de formeronde, celletriangulaiti.

à pans & c. íont vitieuíes.

Raison contre lesColonnes Ovales.

3 o COURS D’A RCHITE CTURE

ont cru , pour demeurer dans la figure qu elles ont a présent & l’onvolt lors qu’on les examine bien , quelles ont esté dressées toutesbrutes pour estre retaillées &: polies fur le tas.

Les Anciens au reste ne se sont jamais servis de Colonnes d une autreronde, ceiies qui son t forme que de la circulaire ; &c ce que nous voions parmi les modernesdes Colonnes triangulaires, de Colonnes a plusieurs pans, de Colon-nes Ovales, & d’autres de cette nature , ne passera jamais pour beauparmi ceux qui ont le bon goust. Il y en a même qui condamnentles cannelures Doriques de Vitruve , a cauíe de leur ressemblanceatix Colonnes a plusieurs pans, & de la facilité quelles ont às’ecor-ner fur leurs arrestes. Mais pour les Colonnes Ovales elles ne peuventestre soutenues en aucune maniéré ; car si elles font face par le costéle plus large de l’ovale , & que l'on s’en serve comme de diamètre oude module, sur lequel on ait proportionné leur hauteur ; elles de-viennent d’une hauteur extravagante lors qu on vient a les regarderdu costé le plus estroit ; &c ce petit diamètre qui doit estre le modu-le en cet aspect:, n’a plus de proportion a la hauteur de la Colonne.Le contraire arrive a celles dont la hauteur a le plus petit diamètre

{ >our module, c’est à dire à celles qui font face par le costé de l’ova-e lc plus estroit -, Car quand on vient a les regarder par le large,elles deviennent ridicules ÔC paroissent naines & écrasées.

Quant aux Colonnes Torses il y a un peu plus de difficulté. Ceuxses condamnées par qui les condamnent disent que les Colonnes estant faites pour sou-Sf peu de fòíidué. 1 tenir un fardeau, la raison veut qu’on leur donne toute la forcequ’elles peuvent avoir pour cet effet ; E t comme la force principa-le d’un Corps qui soutient, est d’estre debout & bien à plomb , c’estpecher contre la véritable nature de la Colonne que de l’affoiblirpar ces détours qui l’eloignent de la perpendiculaire ; Et si l’on entrouve quelques unes dans l'antique, elles doivent passer pour licen-. , ce que l’on ne doit point imiter. Ceux au contraire qui les approu-

d’autres à texempie vent dilent que bien qu il íoit vray que leur rmure ne répond point

des Chapiteaux Co- 1 , * , , _ , J 1 „ . * r

rimiiiens. entierement a la nature de la Colonne, elles ne doivent pas pour cet-

te feule raison estre rebutées, non plus que les Chapiteaux Corin-thiens qui ne font pas moins contre la nature que les Colonnes tor-ses ; puisqu'on ne peut pas dire qu un panier environné de fueilla-ges, dont le chapiteau Corinthien represente la figure ,' soit natu-rellement propre à soustenir un grand fardeau, comme est celuy desentablemens que l'on met au dessus ; Et cependant leur beauté a faitpasser par dessus cette considération, & les a fait recevoir comme le*plus bel ornement que l'on ait dans l’Architecture. Pourquoy doncà cet exemple ne pourra t’on pas introduire les Colonnes torses, dontla figure est si belle , & la construction si ingénieuse? Et pourquoyrejettera t’on les exemples que l’on en à de f Antique , comme de& par l’autoriré celles qui font au temple de Trevi prés de Spolettc, de celles que le“ A Vulgaire croit estre du temple de Salomon, que l'on a mises aux tn-

Colonnes Tor-

des Anciens,