Livre VII.Chap. II.
Sans exemple dansl’Antique & fans ap-parence 4e bon íhc-cez.
Et sondée fur unfaux raisonnementd’Optique.
La cymaise, c‘esl ádire la derniere mou-lure des corniches nefe met jamais auxplattes quand il y aun fronton.
Ni souvent à cellesqui portent les gra-des voûtes du de-^ansdes Temples.
144 COURS D'ARCHITECTURE.
toutes perpendiculaires , car entre les rayons visuels qui touchentles extremitez des objets au dessus de nous - ceux qui arrivent au.bout d’en haut font plus longs que ceux qui ne viennent qu à leurextrémité inferieure , & font pour cette raison que le haut paroistplus éloigné Le courbé en arriéré.
Surquoi nous avons à dire premierement qu’il n’y a rien de pa-reil dans les Ouvrages anciens, Le que la chose en œuvre feroit unméchant effet ainsi qu il est arrivé au Frontispice de l’Hôtel deVille de Lyon qui avoir esté fait sur cette pratique , Le que l’on aesté obligé de changer , parce qu’il sembloit estre prest de tomberen devant. II est vray que la pante estoit sur l’entablement entier, Leque Vitrave entend quelle se fasse sur chaque partie en particulier,mais il est mal-aisé de comprendre comme quoi ces parties pour-r oient estre ainsi posées lune fur l’autre fans porter à faux. Outreque le principe dont Vitruve se sert n’est point véritable , car lesdifférentes longueurs des rayons visuels ne changent rien à i'appa-rence des objets, il n’y a que les angles qui y apportent de laìtera-tion , comme il est enseigné dans 1 Optique , dont nous pouvonsdire que ce raisonnement de Vitruve est plutost une subtilité, com-me il en a plusieurs dans son Livre , qu’un précepte auquel il failles’arrester z & qu'ainsi il est bon de demeurer dans la réglé generaìe&c de maintenir toujours l'aplomb dans ses Ouvrages.
Ensin je pense qu’il est inutile de repeter icy ce que j’ay dit ail-leurs au sujet de la derniere moulure de la corniche plâtre que nousappelions ordinairement la cymaise, parce qu’elle est comme la ci-me Le le sommet de l’ordonnance , Le qui estoit nommé Tfhiì^nJïçpar les Grecs Le Sìma c’est à dire camuse par Vitruve , parce, ditPbilander, quelle a le plus souvent la figure d’une doucine qui res-semble assez au nez camus des chevres, quoiqu’elìe puisse estre duneautre figure comme de celle d’un ove au Toscan , d’un cavct auDorique ou même quelquefois d’un grand talon. Qssil est, dis-je,inutile de dire que cette moulure ne se met jamais fur les cornichesplâtres que lorsqu’elíes n’ont point de fronton,à qui elle appartientspécialement > de sorte que les corniches plâtres fous les Frontons nefont terminées que par les petites moulures qui fervent de couron-nement au grand larmier.
Mais il est à propos de fçavoir que le plus souvent l'on ne donnepoint de cymaise aux grandes corniches qui portent les voûtes audedans des Eglises , a l’cxempíe de celle de saint Pierre de Rome,à qui I‘Architecte n en a point donné, tant parce que dans les lieuxferrez, comme font les dedans des Eglises qui ont beaucoup de hau-teur, l’on doit eviter autant que l’on peut de donner beaucoup defaillie aux corniches qui autrement pourroient ôter le jour U di-minuer la gayeté de l’edisice , que parce que le ceintre de la voûtefait un effet à peu prés semblable fur les grandes corniches , à celuy
que