SECONDE PARTIE. i#
pâsse droit fur les autres Pilastres qui font fur. le même alignementdu flanc du Temple.
Voilà quasi tous les cas où les Pilastres & les Colonnes estant en-semble , on peut fe trouver embarrassé pour le passage des Archi-traves des uns ôc des autres ; Et j’ay rapporté tous ces exemples deî’Antique , asin de montrer que l'on peut le servir assurément detoutes ces pratiques. Il y a néanmoins des Architectes qui n'approu-vant point les ressauts , ni que les architraves entrent si avant au de-dans du corps des Pilastres, choisissent un milieu &c font la largeurdu bas de l'archittave plus grande que n’est pas le haut de la co-lonne de la moitié feulement de fa diminution , de forte que par cemoien l’architrave passe un peu en dehors du vif des Colonnes &un peu en dedans de celuydes Pilastres, & l'entablement a son cours-fur le tout fans ressaut, comme en la sigure VI.
Quelques-uns font encore dune autre maniéré , car pour faireporter l’architrave fur le vif des Pilastres du coin, ils le font passeren dehors de celuy du haut de la Colonne à la distance de toute ladiminution , comme en la sigure VII, disant qu’il n’est pas moinsà propos de faire sortir le pied de l’architrave en dehors de la Co-lonne , que de luy donner de la faillie, comme l’on fait, au dehorsdu mur pour le degager. Ce qu’ils confirment en disant que si lesdesseins de Palladio font justes & corrects, c’est ainsi que l'Archite-cte du Panthéon en a usé aux architraves qui passent fur les Pilastres& les Colonnes du dedans de ce Temple ; Car dans la sigure quePalladio nous a donnée de l'entablement de cette partie , le vif del’architrave ne répond pas à celuy du haut de la Colonne, mais bienà la faillie de son astragale , laquelle ordinairement répond au vifdu pied de la même Colonne ; d’où l’on peut inférer , que l’archi-trave portant fur le vif du Pilastre qui n’est point diminué, faitfaillie de part & d’autre fur celuy du haut des Colonnes de toute lagrosseur de leur diminution. Mais cette pratique de faire porter unepartie de l’architrave si visiblement à faux fur les colones à quelquechose de si contraire aux réglés de la bonne Architecture, que selonmon sens elle ne doit point estre suivie.
Quand il arrive que le dernier Pilastre, de ceux qui font derriereles Colonnes d’un péristyle, n est pas dans l'encognure du mur danslequel il est engagé ; il faut alors quaprés avoir receu l’architrave&le reste de f entablement de la Colonne qui est au devant de luy,en l’une des maniérés que nous venons d’expliquer, fôit qu'il y aitdes ressauts ou quil n’y en ait pas ; 11 faut, dis-je , que le Pilastrerenvoie cét architrave & le reste de l’entablement au long du mur,íoit qu’il soit continué fur le même alignement, ou que ce soitfeulement une alette qui soit fur le coin &c qui retourne auss-tostfur une autre face , avec des ressauts ou fans ressauts , comme on letrouvera plus à propos, suivant le raisonnement dont nous nous
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Livre VIILChap. IV.
Pratique moiene dequelques Modernespour eviter le ressaut& la retraitte del’architrave fur lePilastre.
Autre pratique qu!fait sortir I architra-ve au dehors du vifdu haut des Colon-nes,
A l’exemple dequelques anciens*
Mais ces maniérésne sont point a imi-ter.
Le Pilastre angulaired un péristyle n c-tant pas dans lecoin , renvoie l’en-»tablement au longd u mur , luivant lesréglés rapportéespour les Pilastresseuls.