Livre II.Chap. II.
11 y a plusieurs cho-ses dans l’Antiquequi ne sont point àimiter.
L’on peut changerquelque choie auxpensées Romaines,comme 1 s Romainsont changé auxpensées des Grecs ;pourveu que l’ondemeure, comme ilson r fait, dans leshomes des réglésgcnerales.
Xes higearreries quele Chevalier Borro-mine a introduitesdans le détail desparties de ses Ou-vrages , en corrom-pent la beauté Jel'invention.
zjo COURS D’A R C HIT E C'TURE
quiéme Ordre, pourveu quelles ne (oient pas extravagantes ; & jene fuis pas du sentiment de ceux qui ne veulent rien íouffrir dansl'Architecture dont on naît quelque exemple dans les Ouvrages an-tiques : je fçay au contraire qu il y a beaucoup de choses dans lesbâtimens des Anciens, dont je ne voudrois jamais conseiller Tissage.Et je suis persuadé que íur le sujet de l’Ordre Composé , nous n’a-vons pas moins de droit dc changer les pensées Romaines, que lesRomains en ont cii d’alterer celles qu’ils avoient reçeiies des Archi-tectes Grecs ; pourveu , comme j’ay dit-, que l'on ne s’égare points& que l’on ne forte point de certaines réglés generales dans lesquel-les ils ont toujours renfermé leurs inventions , conservant la belleproportion de la hauteur 8c de la grosseur des Colonnes , des bases,des chapiteaux , des entablemens , des piédestaux , 8c des frontons;aussi bien que le nombre , Tordre 8c la situation de leurs partiesprincipales. Car nous voyons que la pluspart des choses qu’ils ontajoutées ou changées ne font pas essentielles à la beauté de T Archi-tecture , 8c n’en altèrent point les mesures légitimés.
Sur tout je nc voudrois pas comme 1c Borrommeà Rome renver-ser des baies , tourner des volutes à Tcnvers > 8c introduire milleautres higearreries qui corrompent la beauté des edisiees qu il a con-struits , lelquels à cela prés font pour la pluspart d’une invention 8cd’unc disposition admirable j ny faire comme TArchitecte qui a com-mencé 1 Eglise des PP. Theatins à Paris, qui voulant suivre Texemplcdu Borromine a choisi ce qu’il y avoir de plus extravagant dans sespratiques.
CHAPITRE IIL
Chap. ÍIÍ.
Les axes des Colonncs miles l’uue fursalure doivent serépondre droit &dans nn même planà plomb,
Us doivent estre àplomb l’un fur l’au-tre aux Colonnesisolées & aux ados-sées aux murs fanstalu.
Bn quelle maniéré les axes des Colonnes qui font l'une fur Vautre
doivent efire a plomb.
L A seconde régie qui se doit indispensablement observer auxColonnes que Ton met les unes fur les autres, est que les axesde celles qui se répondent j soient toujours au droit Tundc Taucre&:dans un même plan qui soit à plomb. Ce qui se peut entendre en deuxmaniérés, car ou les Colonnes font tellement au droit Tune de Tautreque lents axes ne font qu’une même ligne perpendiculaire à Thori-son : auquel cas on peut dire que les Colonnes font en tout sens a,plomb Tune fur Tautre, ce qui arrive toujours aux Colonnes isolées& à celles qui font adossées à des murs qui n’ont point de fristjMaisà celles qui font engagées dans des murs qui ont du talu ou du fristc’est à dire qui n’y (ont point à plomb par dehors mais qui fontpanchez ou faits avec des retraites vers le dedans, les Colonnes