Livre XI,C h a p. 111.
11 n’y arien, qui ser-ve â la gloire desgrands Hommes ,q ni ait esté employéplus souvent que lesArcs de Triomphe.
Par ordre du Sénat,& par la reconnoitlance des Peuples.
Par le Sénat.
L'Arc de Titus.
De Beneyento.D’Ancone-
De Constantin.TJsage corrompu parla vanité des Prince*médians.
Dont les Arcs deTriomphe n’ontpoint duré aprt*leur mort.
La plufpart desbeaux Arcs sontperdus.
Ce qui reste va estreconlidcié en gtos.
578 COURS D’ARCHITECTURE
CHAPITRE III.f Discours fur les zArcs antiques.
I L y auroit un grand plaisir de discourir sur le sujet des Arcs deTriomphe, si nous avions une ample connoiísance de tous ceuxqui ont esté autrefois construits tant au dedans qu’au dehors'de laVille de Rome ; Car il n’y a point d’ornement d‘Architecture, queTon puisse faire servir à la gloire des Puissances illustres, qui ait estéemployé plus frequemment que celuy-là ; Et le Sénat Romain , oules Nations dependantes de leur Empire, n’ont pas trouvé de moyenplus noble pour témoigner leur reconnoissance des bienfaits qu’ilsavoient receus, tk. pour récompenser la Vertu des Personnes illustres;que de consacrer leur mémoire à la postérité par ces marques augu-stes & ces monumens glorieux de leurs Triomphes & de leurs Vic-toires.
C’est ainsi que nous voyons que lc Sénat fit construire l’Arc deTitus à Rome , aprés la mort de ce Prince, qui pour son extraordi-naire bonté fut appelle, les Delices du Genre humain ; C’est ainsi quenous en voyons à Benevento & à Ancone, que le Sénat a fait érigeren Thonneur de l’Empereur Trajan ; Un autre à Rome en l’honneurdu grand Constantin, & mille autres en divers endroits.
Et si quelque chose a pû corrompre un si bel usage, ce ne peutestre que l’orgiieil insolent des médians Princes, qui persuadez deleur peu dc mérité &c de la haine de leurs Sujets, qu’ils avoient juste-ment méritée , ont voulu les prévenir <Se consacrer eux-mêmes desArcs de Triomphe à leur gloire, comme ont fait Néron, Domitien,& quelques autres qui en avoient rempli tous les quartiers deRome ; lesquels n’ont pourtant eu de durée qu’autant que ces Prin-ces ont vécu, &c ont esté démolis, par le juste ressentiment des Peu-ples, incontinent aprés leur mort.
Mais comme nous avons perdu la plus grande partie de ces grandsOuvrages, il faut que nous tâchions de nous instruire fur ce sujetpar ceux qui nous restent, choisissant les exemples les plus parfaitsdans chacune de leurs efpcces : C’est à dire parmi ceux qui n’ontqu’unc ouverture , ou qui ont trois portes , ou qui n’en ont quedeux, afin d’en examiner les mesures. Ce que nous ferons feulementen général ou en gros, laissant à d’autres la considération du détaildes moulures & des ornemens : Car, comme dit l’Auteur des Songesde Poliphile, c’est dans la recherche de ces belles proportions dutout au tout, du tout â ses parties. Le des parties entr'elles, que con-siste la plus éminente partie de i’Art d’Árchitecturc.