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Quatrieme, cinquieme et derniere partie.
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Livre I.Chap, V.

Sc y remettre IcFleuve quand i’ou-vrage est bien affer-mi.

Fonder par pilotisfur méchant fonds.

Fouiller !e plu» basqu'il se peut fous lespiles, ostet tout lefable Sc le gravier, &remp ir le vuide debonne terre ou crayebien battue.

Figures des piles.'

Leur matière.

Leui liaison.

Erperons à anglesdroits.

Exemples.

64- COURS D’ARCHITECTURE.

veau lit dans l’endroit où le Fleuve se raproche de luy-même, aprésavoir fait un grand coude ou détour; puis bâtir le Pont à l’aife Scà. pied sec dans cet endroit , luy donnant les mesures nécessairespour ses hauteur, largeur & profondeur : Et lorfqu’il est bien affer-mi, ouvrir lc passage au courant par les deux bouts, c est à dire pardessus Sc par dessous , en fermant avec dc fortes digues Sc mêmeremplissant entierement le premier lit par lequel le Fleuve couloicen se détournant de son droit cours. Et certe maniéré est, dit-il, laplus seure de toutes , comme elle est ausii de plus de travail Sc dedépense.

Pour fonder les piles d’un Pont, íî le terrain est , dit-il, mauvaisSc molasse il faudra piloter, aptes avoir esté autant qu’il se pourrade ce terrain ; U en faut faire autant si le fonds est de fable ou degravier , Sc creuser le plus bas que l’on pourra tout à l’entour de lapile à une distance raisonnable , laquelle ií faut renfermer de pieuxfichez & bien attachez l’un à l’autre , remplissant cet espace entre lapile & les pieux avec de la craye oudu terrain fort, qu’il faut battreSc affermir ; ce qui pourra pour quelque temps empêcher que le cou-rant ne dégarnisse le dessous des piles emportant le fable , Sc 11 encaufc par ce moyen la ruine.

Cet uíage est austì fort bon pour les Ponts que l’on bâtit fur lesTorrens, dont le fonds est de cailloutage ou de gravier ; que l’ondoit, dit - il , fouiller le plus bas qu’il fe peur autour des piles, Scremplir l’efpace de bonne terre ou de craye bien battue ; ou mieuxencore de bon mortier fait dc chaux Sc du même gravier, mêlé deces cailloux, réduit en masse bien battue Sc affermie, afín qu’il laíìebonne prise comme d’un corps massif Sc solide au dessous du fondsde l’eau, Sc même plus bas que le pied des piles du Pont.

Les piles doivent aller en diminuant depuis le bas jufqu’au fonddc l’cau,foitpar degrez ou par retraites d’astife en assise, ou par fnstfeulement Sc en talu. Leurs éperons doivent estre à angles droits Scnon pas à angles aigus ( qui font trop foibles pour résister au grandcourant,) ou de forme ronde Sc faits avec grâce. Les pierres despiles, & particulièrement celles qui font vers la surface de l’eau,doivent estre les plus longues, les plus dures Sc les plus fortes quel’on puisse trouver, de hauteur Sc dc groíìeur proportionée ; & furtout bien assemblées , enclavées Sc cramponées ensemble avec desliens Sc harpons de fer ou de bronze , pour rendre 1 ouvrage delongue durée.

Nous avons, dit-il, plusieurs Exemples antiques & modernes dePonts, dont les avances ou éperons font à angles droits, comme lePont d’Auguste à Fimini , le Pont Palatin, que l’on appelle à présentle Pont Sainte Marie Egyptiene à Rome , le Pont Notre-Dame âParis, le Pont de Prague en Bohême. Et d’autres dont les éperons