Livre V.
C H A P. I.
pas le rapport qui sevoir dans celles daCorps Hutnaist*
la même symmetriene fait pas le mêmeeffet dans tous lesThcaries.
II y a des choses quifont toujours lesmêmes dans lesThéâtres grands oUpetits.
Les parties de 1 ’A-trium n’ont pas lamesme symmetriequand il est grandque lorsqu'il estpetit.
T rois choses dans unbeau bâtiment. Letravail, la magnifi-cence & le dessein.La gloire de la pre-mière est pour l’Ou-vrier , la secondepour le Maître, & latroisième pour l’Ar-chitecte.
73 .8 COURSt 0’ARCHITECTURE.
ctejnent entr’elles le rapport qui se voit dans les membres du corpsd’ust Homme bien fait. Puis ayant ensuite expliqué quelques unesdes proportions du Corps Humain, il ajoute que fi la nature a com-pose le Corps de l’Homme de telle forte que toutes ses parties ré-pondent avec une précision de mesures si exacte à la beauté gene-rale du tout ; les anciens Architcótes ont eu raison d’établir pourréglé de la perfection de leurs Edifices, que chaque membre en par-ticulier eut aussi un rapport de justesse & de proportion à la beautégenerale de tout fOuvragc.
Au septième Chapitre du cinquième Livre, dans lequel il traitedes Théâtres, il dit que la même symmetrie ne fait pas le mêmeesset dans tous les Théâtres ; Et qu il faut qu un Architecte prennebien garde au choix des proportions dont il doit se servir suivantla nature du lieu & la grandeur de l'ouvrage. Car il y a des chosesqui doivent toujours estre de même grandeur , soit que le Theatresoit grand ou petit comme sont lçs degrez, les appuis &c, lesquellescontraignent l'Architecte de s’écarter des proportions ordinairespour la commodité de l'usage. Ainsi lorsque l'on n'a pas les maté-riaux nécessaires en abondance , on peut oster ou ajouter quelcjuechose aux mêmes proportions , pourveu que cela ne se fasse pas in-considérément & fans prudence. Cela néanmoins réussit toûjoursbien lorsque FArchitcctc a beaucoup d'experience, & quil ne man-que pas d’esprit ôc d’invention.
Nous avons rapporté cy-devant ce qu il dit au même sujet dans lesecond Chapitre du sixième Livre. Au quatrième Chapitre du mêmeLivre s il dit en parlant de cette partie de la Maison Romaine , qu’ilsnommoient Atrium , qui est, p eut-estre, une Cour ou un Vestibule,que ces membres n’ont pas la même symmetrie lorsque les Atriufont petits que lors qu’ils font grands : Car si l’on vouloir donner auxpetits les mesures qui sont propres pour les grands, les aistes & leslogemens ou cabinets qui accompagnent \ Atrium , seroient absolu-ment inutiles ; lesquels au contraire deviendraient dune grandeurextravagante & monstrueuse si l'on donnoit aux grands les mesures despetits. Sur la fin de l’onziéme Chapitre du même Livre, il dit qu’ily a trois choses qui rendent un Ouvrage considérable, sçavoir la déli-catesse du travail, la magnificence & le dessein. On donne la gloirede la premiere partie à la diligence de l’Ouvrier, la gloire de la se-conde à la magnanimité du Maître , & celle de la troisième à F Ar-chitecte , lorsque par ses belles proportions il donne de la grâce &de la majesté à son Ouvrage.