que, à toute la grande famille indo-européenne, par la configu-ration de ses vases, tel était notre but.
Certes, il est des arguments d’un autre ordre d’idées qui sontbien plus concluants que les nôtres, mais chacun apporte sapierre ; ne nous occupant que d’un détail, la nôtre ne pourraitêtre que petite. Au coursier vigoureux les lourds fardeaux, lespesantes assises ; à la fourmi le brin d’herbe.
Nous avons vu la coupe, l’urne, transportée d’Asie, d’Afrique sur le sol armoricain ét britannique ; nous avons rencontré lechef de famille, versant sur la tombe des siens, comme derniersouvenir, avec le même vase, la libation sacrée sur la terre duNil ainsi qu’aux rives de la Seine (1). Un autre type communnous reste à examiner sommairement, c’est la gourde. La gourde,ce vase des voyageurs, dernier lien de fraternité, qui rattacheentre eux ceux qui partent pour ne plus se revoir; la gourde,image du soleil, image du nimbe, qui entoure la figure rayon-nante des êtres divinisés, Vichnou dans l’Inde , en Egypte Osirisou Patch ; en Grèce le divin Phœbus, l’éclaireur le plus idéalisédes temps qui ne sont plus.
Que d’enseignements à prendre dans ce que l’on veut appelerune fable, et qui n’était qu’une allégorie, qu’un symbole pervertidans la suite par les explications intéressées des prêtres et desprinces des prêtres (2).
La gourde, elle est en Gaule, au musée de Troyes (3), sembla-ble à celle qui pend au côté des derviches, semblable à celle quel’on retrouve à Rhodes , ornée de sphinx à têtes d'hommes, ac-compagnés de signes inexpliqués, semblable à celle des GrecsCampaniens; tantôt munie de ses anses, tantôt creusée par lemilieu, tautôt mariée à une autre gourde, comme dans les vasessacrés des tombeaux du Pérou (4).
Mais il est temps de sortir des origines.
L’enfant est devenu homme. La forme des vases s’accentuedans le pays de France . Des caractères s’y mêlent aux orn e-ments. La pensée du peuple se dégage et s’exprime.
La faïence parlera haut plus tard: la poterie bégaye déjà.
Écoutons ce qu’elle va nous dire.
Jamais nation n’a possédé, malgré les différentes invasionsqu’elle a supportées, une ténacité de caractère aussi profonde que 1 (Il)la nation française.
Ce n’est pas à nous à en chercher les causes.
(1) A propos des vases à libations que nous avons publiés dernièrementet des rapprochements que nous avons faits entre celui de Paris , celuid’Etrurie et celui d’Egypte , on nous co.mmunique une explication que nous'nous hâtons d’accepter, et en remerciant son inventeur.
« Vous avez parlé du lotus, coupe de la fleur ouverte, prisé sur le Nil ,offerte au soleil, donnant ainsi l’origine problématique du premier sacrifice,il m’a semblé apercevoir dans vos notes rapides, sur ce sujet une indica-tion d’un culte dont l’étude est trop négligée de nos jours par les savantspudibonds. Est-ce que le vase que vous publiez plus tard, ne se rattacheraitpas, par sa forme très-accusée de Pistil, à la même origine naturelle, et n’yvoyez-vous pas une confirmation du système, que vous semblez vouloir af-firmer et soutenir ? »
Certainement, et cette ingénieuse remarque nous persuade plus que ja-mais, « de 1 origine naturelle » comme dit notre correspondant, des cultes,des ceremonies funèbres, de bien autre chose encore et de la poterie gau-loise en particulier.
(2) Voir la magnifique interprétation que Delacroix donne de son sujet dugrand plafond d’Apollon au Louvre.
(Il) Nous publierons plus tard quelques-unes de ces gourdbs.
(i) Les gourdes accolées du Pérou , sont ordinairement percées d’un trouen sifflet, on y verse de 1 eau qui, pénétrant par un conduit d’un vase dansl’autre, chasse l’air et produit un sifflement plaintif.
On sait la superstition gauloise des âmes voltigeant sur l’eau, superstitioncommune 'à la Grèce (la barque de Caron). Quand il y a un mort dansune maison, dans bien des contrées de la France , on renverse les vases quicontiennent de l’eau.
Le Romain l’a pénétrée de part en part, il a conquis ses villes,il a dominé ses campagnes, il s’est transplanté pour ainsi diresur la terre des Celtes , rien n’y a fait.
Le barbare s’est répandu sur ses vallées mystérieuses, a gravises sommets solitaires, renversant, pillant, ravageant, détrui-sant tout sur son passage.
Semblable au rocher que frappe le vent du nord, et sur lequella vague furibonde jette ses flocons d’écume, le Gaulois a vu pas-ser le barbare, puis après la tempête, rejetant en arrière sa che-velure libre, a dressé de nouveau la tête. Le Franc est venu, leplus terrible de tous. Nous ne reviendrons pas sur ce que nousen avons dit plus haut.
Mais que l’on nous demande à l’heure qu’il est ce qui reste da-vantage dans nos cœurs, ou de l’amour puissant de la liberté etdes tendances de nos aïeux des forêts des Carnutes et del’Arver-nie, ou des goûts aristocratiques (on sait ce que nous voulons direpar aristocratiques) et dominateurs des bandes de Clovis et deMérovée ?
La réponse, vous l’avez déjà faite.
Après le Franc vint le Maure, au temps de Charles Martel .Après le Maure l’Anglais , à l’époque du Prince Noir et de laguerre de cent ans.
Après l’Anglais, l’Espagnol et la Ligue. Après, qui sais-je en-core. Et la Nation, comme on disait au dix-huitième siècle, estrestée et restera toujours la nation.
Pour revenir à la céramique, une curieuse remarque, c’estqu’aux temps de l’invasion romaine, à l'époque où les cohortesde César dominaient tout, important partout l’art des Grecs, caren leur qualité de guerriers ils n’en avaient môme pas de per-sonnel, les potiers de Lyon, de Belgique et de Séquanie, au lieud’imiter, perfectionnaient en le simplifiant cet art lui-même siavancé. (Fig. 43, 44, 45, 46, 47.)
Us lui firent parler une langue inconnue, et retrouvèrent enlui ses traces de parenté avec l’Egypte .
Nous allons esssayer de le faire comprendre.
{La suite au prochain numéro.)
EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867
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GALERIE DE L’HISTOIRE DU TRAVAIL.
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FRANGE
Les peuples barbares qui, au cinquième siècle, détruisirentl’empire romain, n’apportèrent avec eux aucune notion des arts ;ces hordes sauvages étouffèrent donc pour longtemps tout germede civilisation. Aussi, l’époque franque ne nous montre-t-elleque des échantillons de vases, d’une forme rudimentaire, d’untravail grossier, ornés d’engravures du dessin le plus primitif ;des épées de fer dont les poignées sont brutalement serties defeuilles d’or; çà et là, quelques pièces de bronze : des boucles deceintures, des agrafes, quoique inférieures comme fonte, laissentvoir quelques vestiges dégénérés de l’industrie gallo-romaine ;tout témoigne de l’état de barbarie dans lequel l’art resta pro-fondément enseveli jusqu’au règne de Charlemagne .
Ce grand homme eut la prétention de faire revivre 1 empire