a ASTRONOMIE
ne se présente isolement, et qu’au contraire ils sont toujours accom-pagnés de circonstances qui en rendent l’explication plus difficile.
3 . Un auteur qui veut écrire des élémens de géométrie peut, à l’aided’un petit nombre de principes, par des raisonnemens clairs, par desdémonstrations rigoureuses, arriver aux théorèmes les plus difficiles, sansjamais être obligé de revenir sur ses pas ou de supposer rien que ce qu’ila précédemment démontré. Il n’en est pas tout-à-fait de même en Astro-nomie : le problème le plus simple et le plus usuel, celui, par exemple,de déterminer l’heure par l’observation d’une étoile, suppose, indépen-damment de l’uniformité du mouvement diurne du ciel, la connaissancede la précession, de l’aberration, de la nutation, de la réfraction ; et sic’est une planète qu’on y emploie, il faut joindre à ces connaissancescelle de la parallaxe, ou, ce qui revient au même, celle de la distance àla terre et de toutes les inégalités du mouvement.
4- Il en résulte que l’élève qui veut se livrer à l’élude de l’Astro-nomie est réduit à cette alternative, ou de lire et réfléchir long-temsavant que de faire la moindre observation, ou d’observer long-temssans rien entendre aux réductions de toute espèce qu’il est obligé d’appli-quer aux résultats immédiats de son observation ; ce sera seulement aprèsquelques mois d’application qu’il pourra se rendre raison des pratiquesqu’il aura commencé par suivre en aveugle et sur la parole de son maître.
5. Il-faut bien qu’on ait cru cet inconvénient inévitable, et il l’estjusqu’à un certain point, puisqu’aucun des Astronomes soit anciens,soit modernes, dans les Traités nombreux que nous possédons, n’a prisle soin de s’assujettir à un ordre plus satisfaisant et plus lumineux, etqu’on les voit même, pour la plupart, se contenter d’une exposition plusOu moins méthodique des phénomènes et des méthodes , supposant par-tout des observations bien faites et bien réduites, sans nous apprendrecomment se font toutes ces réductions, sur lesquelles même plusieursauteurs ont gardé le silence le plus absolu.
6 . Cet inconvénient sera de beaucoup diminué, si celui qui veut de-venir Astronome s’applique d’abord aux observations. Une etude de quel-ques heures lui suffira pour acquérir les idées qui ont fait imaginer lesprincipaux instrumens de l’Astronomie ; un noviciat de quelques jourssuffira pour le familiariser avec Tusage de ces instrumens, le former àprendre avec précision le passage d’un astre aux différens fils d’une lu-nette, à régler une pendule, à mesurer une distance au zénit, à faire