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5 (1768) Opera Philologica / nunc primum collecta, in classes distributa, praefationibus & indicibus exornata, studio Ludovici Dutens
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OPERA PHILOLOGICA. 4 3r

avec ceux à qui on prete pour les saire gagner , il nest point juste dac-cabler des personnes miserables qui empruntent pour vivre. Je luis, Mr.,de la partie avec vous , cdntre ceux qui sémancipent de maltraiter lesPéres en tonte occasion , & particuliérement au sejet de leurs invectivescontre Pusure. Le mépris des Péres poussé à outrance -réjaiUit sur la Reli-gion Chrétit nne , &c si elle na jamais eu des propagateurs véritablementpieux & éclairés, quelle opinion en doit-on avoir ?

1 /. Au reste le P. Michel Nau qui a été au Levant , & sest attaché àinsltuire ceux qui ont à convenir les Mahométans, a rapporté des bonneschofes tiiécs de leurs livres , dont on se peut servir pour leur rendre leChristianisme recommandable. Mais le principal est de leur óter lopinionquils ont de nous , que nous muitiplions la Divinité. Et il seroit à sou-haiter, que des Chrétiens mal instruits, & méme quelquesois des habilesgens , mais dun esprit à prendre un peti le travers , ne donnaslent pasdans une maniere de Trithéilme. On le voit par des pastages de quelquesRemontrans, & par le livre de Mr. PAbbé Faydit contre les Scholastiques,qui ma paru incomparablement plus embrouillé que les scholastiques mémes,qui sattachent à conserver le grand point de Punite de Dieu. Sans parlerde la controverse qui séleva en Angleterre il y a quelques années ,des savans hommes montrérent du zéle contre quelques dogmes, qui sen-toient un peu le Trithéisme.

V. Quant aux Sociniens, il faut avoiier quils approchent fort des Ma-hométans , & quoiquils nadmettent point que Mahomet est lEnvoyé deDieu, ils suivent pourtant & cultivent le principal de sa doctrine, entantquil combat la 1 rinité & PIncarnation. Cest pourquoi je me souviensdavoir autrefois dans un livre de Comenius contre Ziricker , quun Tureayant entendu ce que lui disoit un Socinien Polonois, sétonna quil ne sefaisoit point circoncire. 11 est vrai quils rendent un culte à Jefus Christ ,que les Mahométans lui refuscnt , mais il semble que les derniers agistentplus conséquemment que les Sociniens, car pourquoi adorer une pure créa-ture ? Francois Davidis avoit raison en cela de sélever contre BJandrata 8cSocin ; nous nadorons formellement 6c précisément que léternel & linfini ;& lunion du Créateur avec la créature , quelque grande quelle soit, nedoit point altérer ce culte. Si quelques Savans mal appris, ou quelquespersonnes grostìéres du peuple mal instruit parmi les Chrétiens , sécartent dece grand principe du vrai culte , il faut les reprendre &c les redrestèr aveczéle; mais il ne faut point détruire pour cela ni lunion du Verbe avec lanature humaine, aulfi étroite quil est postible , ni la di versi des trois per-sonalités & de deux productions , que la sainte Ecriture nous enseigne enDieu, sans multiplier Dieu lui-méme. Il y a quelque chose de prosond& dincompréhensible dans la Divinité, dont la sainte Ecriture nous a donnéquelque connoistance, par des paroles empruntées de ce qui se trouve da-nalogique parmi les créatures, mais en excluant limpersection qui sy trouveTota. V. P p p jointe