OPERA PHILOLOGICA. 4 3r
avec ceux à qui on prete pour les saire gagner , il n’est point juste d’ac-cabler des personnes miserables qui empruntent pour vivre. Je luis, Mr.,de la partie avec vous , cdntre ceux qui s’émancipent de maltraiter lesPéres en tonte occasion , & particuliérement au sejet de leurs invectivescontre Pusure. Le mépris des Péres poussé à outrance -réjaiUit sur la Reli-gion Chrétit nne , &c si elle n’a jamais eu des propagateurs véritablementpieux & éclairés, quelle opinion en doit-on avoir ?
1 /. Au reste le P. Michel Nau qui a été au Levant , & s’est attaché àinsltuire ceux qui ont à convenir les Mahométans, a rapporté des bonneschofes tiiécs de leurs livres , dont on se peut servir pour leur rendre leChristianisme recommandable. Mais le principal est de leur óter l’opinionqu’ils ont de nous , que nous muitiplions la Divinité. Et il seroit à sou-haiter, que des Chrétiens mal instruits, & méme quelquesois des habilesgens , mais d’un esprit à prendre un peti le travers , ne donnaslent pasdans une maniere de Trithéilme. On le voit par des pastages de quelquesRemontrans, & par le livre de Mr. PAbbé Faydit contre les Scholastiques,qui m’a paru incomparablement plus embrouillé que les scholastiques mémes,qui s’attachent à conserver le grand point de Punite de Dieu. Sans parlerde la controverse qui s’éleva en Angleterre il y a quelques années , oùdes savans hommes montrérent du zéle contre quelques dogmes, qui sen-toient un peu le Trithéisme.
V. Quant aux Sociniens, il faut avoiier qu’ils approchent fort des Ma-hométans , & quoiqu’ils n’admettent point que Mahomet est l’Envoyé deDieu, ils suivent pourtant & cultivent le principal de sa doctrine, entantqu’il combat la 1 rinité & PIncarnation. C’est pourquoi je me souviensd’avoir lù autrefois dans un livre de Comenius contre Ziricker , qu’un Tureayant entendu ce que lui disoit un Socinien Polonois, s’étonna qu’il ne sefaisoit point circoncire. 11 est vrai qu’ils rendent un culte à Jefus Christ ,que les Mahométans lui refuscnt , mais il semble que les derniers agistentplus conséquemment que les Sociniens, car pourquoi adorer une pure créa-ture ? Francois Davidis avoit raison en cela de s’élever contre BJandrata 8cSocin ; nous n’adorons formellement 6c précisément que l’éternel & l’infini ;& l’union du Créateur avec la créature , quelque grande qu’elle soit, nedoit point altérer ce culte. Si quelques Savans mal appris, ou quelquespersonnes grostìéres du peuple mal instruit parmi les Chrétiens , s’écartent dece grand principe du vrai culte , il faut les reprendre &c les redrestèr aveczéle; mais il ne faut point détruire pour cela ni l’union du Verbe avec lanature humaine, aulfi étroite qu’il est postible , ni la di versi té des trois per-sonalités & de deux productions , que la sainte Ecriture nous enseigne enDieu, sans multiplier Dieu lui-méme. Il y a quelque chose de prosond& d’incompréhensible dans la Divinité, dont la sainte Ecriture nous a donnéquelque connoistance, par des paroles empruntées de ce qui se trouve d’a-nalogique parmi les créatures, mais en excluant l’impersection qui s’y trouveTota. V. P p p jointe