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5 (1768) Opera Philologica / nunc primum collecta, in classes distributa, praefationibus & indicibus exornata, studio Ludovici Dutens
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jg* G. G. LEIBNITII

jointe dans les créatures. Les Sociniens pouflènt leur audace plus loin queles Mahométans dans les points de doctrine : car non contens de combattrece mystère > Se déluder des paflages très-forfs, iis affoibliflent jusqua laThéologie naturelle , lors quils refusent à Dieu la prescience des chosescontingentes , Se lors quils coinbattent limmortalité de Fame de lhomme.Et dans lenvie de séloigner des Théologiens Scholastiques , ils renversenttout ce que la Théologie a de grand Se de sublime , juiquà rendre Dieuborné. Au lieu quon sait quil y a des Docteurs Mahométans , qui ontde Dieu des idées dignes de fa grandeur. Conrad Vorsttus , emporté troploin par Paversion quil avoit de tout ce qui vient de IEcole, donna dansdes extrèmités qui Pont incompatibles avec la supreme Se immense perfec-tion de Dieu : mais les isociniens lui en avoient montré le chemin, Selévénement a sait voir , que le Roi Jaques navoit pas eu tort décrire 11fortement contee ce Docteur. Je ne suis pas instruit de ce Guillaume Henr'tVorjlius, fils de Conrad, dont vous parlez, Monfieur, Se dont vous rapportezquelques sentimens. 11 faut étre bien téméraire Se bien extravagant pourtrailer de supposés les paflages de lAlcoran qui parient honorablement deJefus Chrijî , & ceux de siine , de Tacite Se de Suétone qui parient desChrètiens.

VI. 11 semble que le Concile de Nicée na sait quétablir par fes déci-sions une doctrine qui étoit déja regnante dans lEglise. 11 est vrai quily a des paflages des antérieurs dont les expreflìons nétoient pas aflez junes,mais cest quon navoit pas encore fixé les phrases , Se souvent on ne lesa pas bien entendues. Il semble que quelques Péres, sur tout les Plato-nisans , ont con£u deux filiations dans le Melsie avant quil ait été dela sainte vierge Marie : celle qui le sait fils unique entant quil est éterneldans la Divinité, Se celle qui le rend Paine des créatures, distinguant Seseparant ròv /acvoytw ÀtÌ tk irputmiva tw; kt'isiuc ; Se concevant , que dèsle commencement des choses le Verbe éternel a été revétu dune naturecréée la plus noble de toutes , qui le rendnit Pinstrument de la Divinitédans la production Se direction des autres natures. Ce qui paroit conformeà la doctrine de la préexistence des ames, enseignée par Origine Se parquelques autres Péres , celle du Melile devoit tenir le premier lieu :comme il paroit auflì que cétoit lidée que les anciens Juifs Cabbalistesavoient de leur Adam Kadmon. Les Ariens nont gardé que cette secondefiliation , Se ont oublié la première ; Òt quelques uns des Péres ont partiles savoriser, en opposant le fils à lEternel, entant quils considéroient lefils par rapport à cette primogeniture dentre les créatures, quils (è figuroient.M ds ils ne lui refusoient point pour cela ce quil avoit avant la création ,entant q iefils unique Se consobstantiel. Quant au Dialngue de Philopatris yqui parie si distinctement de la Trinité , quoiquil ne parodie pas étre deLucien , il y a lieu de croire , quil est dun payen fort ancien , qui avoiteu connoiflance du Christianisme. Pour ce qui est de Tbeodiscle Grec Ar-che véque