jg* G. G. LEIBNITII
jointe dans les créatures. Les Sociniens pouflènt leur audace plus loin queles Mahométans dans les points de doctrine : car non contens de combattrece mystère > Se d’éluder des paflages très-forfs, iis affoibliflent jusqu’a laThéologie naturelle , lors qu’ils refusent à Dieu la prescience des chosescontingentes , Se lors qu’ils coinbattent l’immortalité de Fame de l’homme.Et dans l’envie de s’éloigner des Théologiens Scholastiques , ils renversenttout ce que la Théologie a de grand Se de sublime , juiqu’à rendre Dieuborné. Au lieu qu’on sait qu’il y a des Docteurs Mahométans , qui ontde Dieu des idées dignes de fa grandeur. Conrad Vorsttus , emporté troploin par Paversion qu’il avoit de tout ce qui vient de I’Ecole, donna dansdes extrèmités qui Pont incompatibles avec la supreme Se immense perfec-tion de Dieu : mais les isociniens lui en avoient montré le chemin, Sel’événement a sait voir , que le Roi Jaques n’avoit pas eu tort d’écrire 11fortement contee ce Docteur. Je ne suis pas instruit de ce Guillaume Henr'tVorjlius, fils de Conrad, dont vous parlez, Monfieur, Se dont vous rapportezquelques sentimens. 11 faut étre bien téméraire Se bien extravagant pourtrailer de supposés les paflages de l’Alcoran qui parient honorablement deJefus Chrijî , & ceux de siine , de Tacite Se de Suétone qui parient desChrètiens.
VI. 11 semble que le Concile de Nicée n’a sait qu’établir par fes déci-sions une doctrine qui étoit déja regnante dans l’Eglise. 11 est vrai qu’ily a des paflages des antérieurs dont les expreflìons n’étoient pas aflez junes,mais c’est qu’on n’avoit pas encore fixé les phrases , Se souvent on ne lesa pas bien entendues. Il semble que quelques Péres, sur tout les Plato-nisans , ont con£u deux filiations dans le Melsie avant qu’il ait été né dela sainte vierge Marie : celle qui le sait fils unique entant qu’il est éterneldans la Divinité, Se celle qui le rend Paine des créatures, distinguant Seseparant ròv /acvoytw ÀtÌ tk irputmiva tw; kt'isiuc ; Se concevant , que dèsle commencement des choses le Verbe éternel a été revétu d’une naturecréée la plus noble de toutes , qui le rendnit Pinstrument de la Divinitédans la production Se direction des autres natures. Ce qui paroit conformeà la doctrine de la préexistence des ames, enseignée par Origine Se parquelques autres Péres , où celle du Melile devoit tenir le premier lieu :comme il paroit auflì que c’étoit l’idée que les anciens Juifs Cabbalistesavoient de leur Adam Kadmon. Les Ariens n’ont gardé que cette secondefiliation , Se ont oublié la première ; Òt quelques uns des Péres ont partiles savoriser, en opposant le fils à l’Eternel, entant qu’ils considéroient lefils par rapport à cette primogeniture d’entre les créatures, qu’ils (è figuroient.M ds ils ne lui refusoient point pour cela ce qu’il avoit avant la création ,entant q iefils unique Se consobstantiel. Quant au Dialngue de Philopatris yqui parie si distinctement de la Trinité , quoiqu’il ne parodie pas étre deLucien , il y a lieu de croire , qu’il est d’un payen fort ancien , qui avoiteu connoiflance du Christianisme. Pour ce qui est de Tbeodiscle Grec Ar-che véque