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G. G. LEIBNITII
» D’une telle promesse où sont dono les essets?
» Et quels depuis un an ont été ses projets?
» Par fon premier destin la naiion guidée» De la fortune fut jufqu’ici fécondée;
» Et n’étoit le serpent , qu’elle cache en fon fein,
» Elle croiroit encor la lenir en fa main.
» Ce changement fatal, châtiment de nos Crimea »
» D’une aveugle fureur nous rendea les victimes,
» Si nous n’apaifons pas bien-tóc le ciel ému,
» Et reprenons fes dons, la raifon, la vertu.
D’un difeours fi fenle la douce véhémenceDes fages Sénateurs émut la confcience,
Et des bons citoyens hautement aplaudi,
Il ranima par - tout le zéle réfroidi.
De Megère à l’affut la fureur se redouble,
Et parmi l’assemblée excite un nouveau trouble.
D’abord d’un faux Prophéte elle emprunte l’elprit,
Qui d’un ton d’infptré fait valoir ce qu’il dit,
Et de la part du ciel promet fa faveur fure,
Pourvu que deformala la nation foit pure,
Que le profane exclus des temples & des loix,
Avec les vrais croyans ne mèle plus fa voix.
Megère l’appuyant anime fa harangue ,
Et prète à l’imposteur fon venin & fa langue.
C’est ainsi qu’infpirant de nouveau fa fureur,
Des peuples Se des grands elle corrompi le coeur.
Tel entreux qui se doit tout à la RépubliqueN’a plus pour fon falut un zéle qui l’applique,
Parie d’un air moqueur des foins qu’on en a pria,
Et pour ce grand objet témoigne fon mépris,
Consume fa féance en pures bagatelles,
En vaines questiona, en haines, en querelles.
Le plus fage parti se voyant opprime,
Et craignant le malheur, dont on est menacé »
Du Batave voisin à la rive tranquille
Va se rendre bien-tót pour trouvèr un afyle.
Il volt dans fa retraite écouler quelque tema,
Pendant des ans entiers prosperer les méchans,
Qui fiera de ces fuccès dans leurs réjou'issancesMéprifent les avis, blâment les remontrances.
Mais pendant qu’à leur aise ila flattent leur orgueil,
Le jour, fatal fur vient , de leurs beaux jours l’écueil.
Au tema que le Ibleil constant dans la carriereAux ombres de la nuit égale fa lumiere,
La