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5 (1768) Opera Philologica / nunc primum collecta, in classes distributa, praefationibus & indicibus exornata, studio Ludovici Dutens
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OPERA PHILOLOGICA. 62 7

EPITRE EN VERS DE M. DE BETOULAND

A MADAME DE SCUDERI,

A la loùange de Louis XIV. ( a )

Le Parnasse #

A Mademoiselle de Scuderi , en lui envoyant une agathe orientale , oh lamontagne du Parnasi se trouve naturellement représentée.

D U Parnasse sameux vous voyez la peinture ,

Telle quen raccourci la trace la nature.

Mais Sapho quand fa inain ébaucha ce tableau ,

Elle sut que la vótre en seroit un plus beau ,

Et que vótre art brillan! dune gioire immortelle ,

Nous traceroit ce mont dun crayon plus fidelle.

Qui connoit comme vous tous fes fentiers divers croissent à' A pollan les lauriers les plus verds ,

les neuf doctes lòeurs còmpagnes de vos tracesSastèmblent pour vous fuivre avec toutes les Graces ,

Et ebollir pour vous feule en ces aimables lieuxLes fleurs, dont vous parez les Héros , ou les Dieux.

Mais quand vous recevez de leur troupe charmanteDe ces monceaux de fleurs la richesse éclatante ,

En avez-vous assez pour couronner Louis ,

Au bruit toujours nouveau de cent faits inoiiis ?

Cest Mons ou Barcelone, ou Marfeille , ou Nervinde ,

Par - tout des noms sameux pour les échos du Pinde ;

Et qui pourroit alors trouver dassez beaux fonsPour un champ la Gioire offre tant de moissons ?

Mais que dis - je , Sapho? fi jadis pour AchilleLe Parnasse en lauriers ne fut jamais sterile ,

Si fans ceste les fleurs y renaissoient pour lui,

Que ne sera-ce point pour Louis aujourdhui ?

Soit quil tienne la foudre , & que la RenomméeLe peigne furmontant tonte lEurope armée ;

Soit que moins occupò du tonnerre de Mars ,

Il veniste fous lOlive honorer les beaux Arts ,

Ce mont qui retentit aux vertus immortelles ,

Peut-il manquer pour lui de couronnes nouvelles ?

K k k k 2 Non,

( a ) Cette pièce & la salvante ne sont pas pour lintelligence de lettre à Mad,de L eibniz , mais eUes étoient nécessaires de Scuderi.