OPERA PHILOLOGICA. 62 7
EPITRE EN VERS DE M. DE BETOULAND
A MADAME DE SCUDERI,
A la loùange de Louis XIV. ( a )
Le Parnasse #
A Mademoiselle de Scuderi , en lui envoyant une agathe orientale , oh lamontagne du Parnasi se trouve naturellement représentée.
D U Parnasse sameux vous voyez la peinture ,
Telle qu’en raccourci l’a trace la nature.
Mais Sapho quand fa inain ébaucha ce tableau ,
Elle sut que la vótre en seroit un plus beau ,
Et que vótre art brillan! d’une gioire immortelle ,
Nous traceroit ce mont d’un crayon plus fidelle.
Qui connoit comme vous tous fes fentiers diversOù croissent à' A pollan les lauriers les plus verds ,
Où les neuf doctes lòeurs còmpagnes de vos tracesS’astèmblent pour vous fuivre avec toutes les Graces ,
Et ebollir pour vous feule en ces aimables lieuxLes fleurs, dont vous parez les Héros , ou les Dieux.
Mais quand vous recevez de leur troupe charmanteDe ces monceaux de fleurs la richesse éclatante ,
En avez-vous assez pour couronner Louis ,
Au bruit toujours nouveau de cent faits inoiiis ?
C’est Mons ou Barcelone, ou Marfeille , ou Nervinde ,
Par - tout des noms sameux pour les échos du Pinde ;
Et qui pourroit alors trouver d’assez beaux fonsPour un champ où la Gioire offre tant de moissons ?
Mais que dis - je , Sapho? fi jadis pour AchilleLe Parnasse en lauriers ne fut jamais sterile ,
Si fans ceste les fleurs y renaissoient pour lui,
Que ne sera-ce point pour Louis aujourd’hui ?
Soit qu’il tienne la foudre , & que la RenomméeLe peigne furmontant tonte l’Europe armée ;
Soit que moins occupò du tonnerre de Mars ,
Il veniste fous l’Olive honorer les beaux Arts ,
Ce mont qui retentit aux vertus immortelles ,
Peut-il manquer pour lui de couronnes nouvelles ?
K k k k 2 Non,
( a ) Cette pièce & la salvante ne sont pas pour l’intelligence de ià lettre à Mad,de L eibniz , mais eUes étoient nécessaires de Scuderi.