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SECONDE PARTIE. SECTION III. CHAPITRE V.
Turnbull pendant l’exécution. Pour ne parler que de la première pile, on en com-mença le batardeau le 16 mai 1834. Le 2 septembre on se mit à faire jouer les pompesd’épuisement. Le 2 octobre on passa à l’enlèvement des boues. Mais à partir de cemoment, il se déclara continuellement des voies d’eau. Chaque voie d’eau amenait unegrande quantité de vase , de sable et de gravier. Toutes les matières qui se trouvaientsous la glaise entre les parois en bois du batardeau firent ainsi irruption dans l’inté-rieur et durent être enlevées. Le corroi de glaise s’affaissait par degrés entre lesparois, quelquefois subitement de plusieurs pieds, et on avait à le recharger sanscesse. En outre des boues qui se trouvaient comprises entre les deux rangées de pi-lotis a,a,a, b,b,b, d’autres venant du dehors se firent jour aussi dans l’intérieur dubatardeau , parce que l’on avait négligé d’enfoncer jusqu’au roc les pieux b,b,b, et lespalplanches b',b',b', de la rangée extérieure. Les fréquents accidents qu’éprouvaient lesmécanismes et, par exemple, la rupture des cordes des pompes et des pièces de fonteelles-mêmes, et le danger de voir le batardeau s’affaisser sous le poids de la glaisequ’il contenait, ajoutaient aux embarras de l’ingénieur. Les crues du fleuve, qui pour-tant sont modérées à Georgetown, les augmentèrent encore, car il arriva une fois qu’àla suite d’une de ces crues et à la faveur d’un affaissement de l m ,50 qu’avait éprouvéla glaise, le batardeau fut rempli par l’eau du fleuve passant par-dessus ses bords.Cependant le 3 décembre on avait touché le roc, et le 3 janvier 1835, la maçonneriefut enfin fondée. Mais dans la nuit du 3 au 4 le Polomac gela d’un bord à l’autre.Dès lors il fallut couvrir le batardeau et attendre jusqu’au 22 avril pour poursuivrele travail. Ce ne fut que le 15 mai qu’il fut possible de reprendre la maçonnerie. Le21 juin elle dépassait le batardeau. Dès lors ce ne fut plus qu’un ouvrage facile.
Pour les dernières piles, on a eu soin d’enlever la vase, le sable et les bouesdans l’intervalle compris entre les deux parois, l’une enveloppante, l’autre enve-loppée, aussi bien que dans la chambre intérieure.
La maçonnerie des piles et des culées du pont-aqueduc du Potomac a été exécutéeavec le plus grand soin. La pierre vient des environs. C’est un granit amphibo-lique qui se divise en masses tabulaires. Le mortier hydraulique était fait avec de lachaux venue de l’État de New-York. Pour les éperons placés à l’amont de chaquedigue, on s’est servi de ce beau granit des environs de Boston, qui s’exporte du Mas-sachusetts sur tous les points du littoral, jusqu’à la Nouvelle-Orléans . Il est digne deremarque, qu’à quelques kilom. de Washington , on avait trouvé du granit de bellequalité, et qu’on ne l’a pas employé parce qu’il y a plus d’économie à en l'aii’e venirpar mer de Boston , malgré la longueur du trajet.
Les piles et les culées qui forment la partie vraiment difficile de ce bel ouvrage vontêtre toutes achevées si elles ne le sont déjà. Au mois de novembre 1840 , les fondationsde la dernière pile étaient posées.
A l’égard de la bâche, elle sera établie provisoirement en bois. La fig. 14, Plan-che YII, représente un projet de charpente destinée à la soutenir; mais ce projet datede 1835. A la fin de 1840 on préparait, d’après le procédé de M. Kyan,à l’aide dudeuto-chlorure de mercure, le bois qui doit former celte bâche.