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Tome deuxième.
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CONTINUATION DU CHEMIN DE FER DE CHARLESTON A LOIIIO.

étranger: New-York pour le littoral de lAtlantique , et la Nouvelle-Orléans pour lagrande Vallée Intérieure de lAmérique du Nord.

Cependant cet esprit centralisateur du commerce nest pas absolu. Chacun desgrands ports de commerce extérieur que possède un pays a son domaine limité parsa situation géographique, parla perfection des moyens de transport à lintérieur,par la spécialité des produits et aussi, jusquà un certain point, par certaines apti-tudes naturelles des populations. Ainsi, en France , il est impossible de concevoirla suppression dune des trois métropoles dexportation et dimportation que noussignalions tout à lheure. Bien plus, il serait convenable que Nantes et Dunkerque sélevassent à une grande existence commerciale. La prospérité simultanée de troiscentres tels que Marseille , Bordeaux et le Havre, et même de cinq, en comptant Nantes et Dunkerque , est au nombre des conditions de léquilibre industriel du pays en géné-ral, et de son bon ordre matériel. Lintérêt bien entendu de ces diverses cités le com-

mande , quoiquau premier abord on puisse supposer que lanéantissement du com-merce bordelais , par exemple, profiterait à Marseille et au Havre. De même et à plusforte raison, aux États-Unis , du moment cette riche culture du coton, dont les pro-duits sont à la fois si volumineux et si précieux , a acquis dans les États du Sud , undéveloppement dont rien ne semble devoir arrêter lessor, et sest mise à peser du plusgrand poids dans la balance de la richesse nationale et du négoce extérieur; du mo-ment les progrès de la population, de plus en plus adonnée aux consommations deluxe, appellent par masses toujours croissantes les productions de lindustrie étran-gère, il est inévitable quil se forme sur les bords de lAtlantique , au milieu du littoralde la région cotonnière, un centre dexportation et dimportation, une métropolecommerciale ayant en elle-même ses raisons dêtre personnelles, comme New-York et la Nouvelle-Orléans .

Il serait avantageux à toutes les parties du Sud, même à celles qui sont loinde la mer, quil existât dans le Sud, sur le littoral de lAtlantique, un grandport, une métropole commerciale dimportation et dexportation. Les ports remplis-sent, en tout pays, le rôle essentiel de foyers qui vivifient le pays dans un certain rayonautour deux. Dans les ports samassent, plus quailleurs, de puissantes fortunes ; les ca-pitaux sy agglomèrent ; or, pour les capitaux comme pour les hommes, lunion fait laforce. Le négoce, qui use du crédit et qui en sent le prix, connaît aussi tout ce quelon gagne à y faire participer les producteurs autour de soi. En activant les affaires

dans les ports, on rend donc service à lintérieur; on facilite au pays tout entier lesmoyens de se procurer ce qui est le nerf de lindustrie, tout aussi bien que de la guerre,ainsi que le disait un militaire expérimenté du moyen âge, cest-à-dire de largent ; cequi est linstrument le plus infaillible pour créer, à laide du travail, la richesse auprofit de quelques-uns, laisance et le bien-être au profit de tous, cest-à-dire encoreune fois, de largent.

Dailleurs, pour que ce centre puisse se constituer dans le Sud , il est évident quilfaut établir un réseau de communications au moyen duquel les districts cotonniers, pré-sents ou à venir, puissent y déverser leur récolte, et en retirer les objets manufacturésde 1 Europe et du Nord de 1 Union. II est naturel que, quant à présent du moins, ce réseau