216
TROISIEME PARTIE. SECTION I. CHAPITRE III.
éprouver à la compagnie de graves embarras. L’État d’Ohio est venu à son secours eta souscrit pour 2,400,000 fr., en vertu d’une loi du 2 mars 1837. La législature de Pen-sylvanie lui a fourni de même 200,067 fr.
canal du Beaver et du Sandy.
Ce canal a la même destination que le précédent. Il quitte l’Ohio pour remonter lePetit Beaver, qui se décharge dans le fleuve à peu de distance en aval du Grand Beaver.Il se développe sur les bords de ce cours d’eau jusqu’en un point situé au delà de New-Lisbon, et se trouve bientôt sur le plateau qui sépare la vallée de l’Ohio de celle desGrands Lacs . De là il descend vers le canal Ohio en suivant le Sandy, et il s’y soudeà Bolivar, qui est à 66 kilom. au midi d’Akron .
Le versant oriental du canal, commençant à l’Ohio et finissant en un point situé à3 kilom. à l’ouest de New-Lisbon, a 43 ; kilom. dont 27 f en lit de rivière ; sajaente estde 141 m ,52. Le versant occidental a 51 kilom., avec une pente de 62 m ,53. Le bief departage a 23 f kilom. Le développement total du canal serait donc de 118-' kilom., avec204 m ,05 de pente et de contre-pente.
L’alimentation doit avoir lieu au moyen de plusieurs réservoirs qui paraissent facilesà établir, à côté du bief de partage. D’après un rapport de 1835, de M. Gill, ingénieurde la compagnie, l’un de ces réservoirs devait contenir 3,640,000 mcub -, un second2,464,000 m ' cub ', et on avait le moyen d’en pratiquer un troisième d’une contenance de182,000 ra cub -. Il y a de plus, au point de partage, des eaux courantes évaluées au mi-nimum à 260 litres par seconde. En résumé, M. Gill comptait que, pendant l’extrêmesécheresse, qu’il supposait devoir durer 100 jours, on disposerait de 986 litres par se-conde pour le bief de partage et les biefs attenants.
Ce canal a été commencé à la fin de 1835. La législature de l’État d’Ohio a concédéd’assez grands privilèges à la compagnie. Par un acte du 3 mars 1834, c’est-à-dire pos-térieur de 4 ans à sa charte, la compagnie est autorisée à revendiquer pour son compte,pendant un délai de 7 ans, tous les péages acquis au canal Ohio pour tous les produitsqui auraient fait au moins 32 kilom. sur son propre canal, ainsi que tous les péagesrevenant au même canal Ohio pour les objets qui, de cette artère de l’État, seraientpassés dans le canal du Beaver et du Sandy et y auraient parcouru 32 kilom.
Cet abandon des péages du canal Ohio à la compagnie du canal du Beaver auSandy a soulevé plus tard les objections les plus sérieuses de la part des Commissairesdes Canaux. Ils ont représenté que c’était une violation des engagements contractés parl’État envers ses créanciers, car l’article 5 de la loi des Canaux, du 4 février 1825,porte expressément que le produit net des péages est en entier {ail) réservé et engagéirrévocablement ( irrevocablj pledged and appropriated) pour le service des intérêts etpour l’amortissement du capital de la dette contractée en faveur des canaux. En con-séquence ils recommandaient, dans leur rapport annuel de 1836, qu’on annulât ce pri-vilège consenti illégalement au profit de la compagnie du Beaver au Sandy, ainsi quede celles de Lancaster et du comté de Warren, qui avaient obtenu un droit semblable