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enfant débita très-bien son compliment. Un comédienqui débite son rôle. Ces discours qu’il débite avec tantd’emphase, mass. Carême, J. de Pdq. || Dire,exposer, mais avec un sens péjoratif d’ironie ou deblâme. Débiter une morale pernicieuse. Un hommede mon âge a cru légèrement Ce qu’un homme dutien débite impudemment, corn. Ment, v, s. C’estun secret d’amour et bien grand et bien rare ; Maisil faut de l’adresse à le bien débiter, id. ib. i, t.Tous ces blondins sont agréables et débitent fortbien leur fait, mol. Avare, m, 8. Débiter dans unechaire chrétienne de pareilles propositions et s’ap-puyer sur de semblables preuves pour conclure pré-cisément de là que très-peu entreront dans l’héri-tage céleste.... bourd. Pensées, t. i, p. 1 30. Chacuna débité ses maximes frivoles, boil. Sa t. m. Ils nedisent point la vérité ; car ils ont instruit leurs lan-gues à débiter le mensonge, sacy, Bible , Jérémie,jx, 5. Cydias, après avoir toussé, relevé sa man-chette, étendu la main et ouvert les doigts, débitegravement ses pensées quintessenciées, la brut. v.Enfin nous qui débiterons peut-être encore des rê-veries, ponten. les Mondes, t" soir. Elle a été vousdébiter mille impostures pour se venger, lesage,Turcar. u, 3. Ce que l’on a débité sur la longue viedes cerfs n’est appuyé sur aucun fondement, buff.Cerf. Eustathe , disciple de Jamblique et d’Ëdedius,fut un homme éloquent et doux, sur le compte du-quel on a débité beaucoup de sottises, dider. Opin.des anc. phil. Éclectisme. || Absolument. Vertu dema vie! comme vous débitez! il semble que vousayez appris cela par cœur, et vous parlez tout commeun livre, mol. D. Juan, 1,2. Il [M. Lémery] avaitune facilité merveilleuse à débiter et à mettre enœuvre son savoir, mairan, Éloges, Lémery. || 6° Termede musique. Exécuter un passage de chant, en lemodifiant suivant le sens des paroles. || 7° Termed’hydraulique. Fournir une certaine quantité d’eauen un temps donné, en parlant d’une fontaine oud’un cours d’eau. Cette fontaine débite tant delitres par jour. ||8° Se débiter,®, ré/l. Être vendu.Cette marchandise se débite très-bien. Quand cerecueil se débitera, sév. 74. Quand un livre aupalais se vend et se débite, boil. Sol. tx. Des den-rées qui sont à très-grand marché [à vil prix] surle lieu et se débiteraient très-bien à dix, vingt ettrente lieues de là, vauban, /Mme, p. 32. || Êtredit et répandu. Cette nouvelle se débite de touscôtés. Le blâme et la louange au hasard se débite,rEonier , Soi. v. || Être coupé,taillé. Ce bois se débitefacilement.
— hist. xvi" s. Des gelées si aspres que le vin dela munition se coupoit à coups de hache, se debi-toit aux soldats par poids, etc.... mont, i, 26 t. Us [les rois] leur permirent [aux nobles] de donner etdébiter de leurs terres à des païsans à droits de renteet de censive, lanoue, 226 . Pourveu que ses répa-rations soient raisonnablement inventées, mieux nepourroit-il débiter son revenu, o. de serres, 36.Cardant le reste de ses bleds pour débiter petit àpetit jusques à la cueillette, m. 437.
— ÉTYM . Débit; wallon , dibiter.
t. DÉBITEUR, EUSE (dé-bi-teur, teû-z’), s. m.et f. Celui, celle qui débite, répand des nouvelles, descontes, etc. [Le duc de la Feuillade était] fort avanta-geux, fort hardi, grand débiteur de maximes et demorale, st-sim. 9», 66. || Il se prend en mauvaise part.
— Êtym. Débiter.
2 . DÉBITEUR , TRICE (dé-bi-teur, tri-s’), s. m. etf. || 1" Celui, celle qui doit. Un débiteur insolvable.Il y a des âmes sales, uniquement occupées de leursdébiteurs, enfoncées et comme abîmées dans lescontrats, les titres et les parchemins, la bruy. yi.Pour me rendre maître de Rome , je [César] tra-vaillai à être le débiteur universel de toute la villefén. Dialogues des morts, 42, Pompée . César.|| Terme de droit. Celui qui est tenu d’une obliga-iion. Débiteur hypothécaire. || 2” Adj. Compte dé-biteur, compte qui est mis à la page dite débit.
— HIST. xni* s. Li hoirs s’en pot deflendre enversles deteurs, qu’il n’est tenus envers eus que de sapartie, bbaum. xiii, 9. || xiv* s. Donques il demeuretousjours debteur, oresme, Eth. 268 . Tu es mes de-bitors, Girart de lloss. v. 2986. || xvp s. La vessiene voudra estre debitrice aux roignons; l’urine serasupprimée, rab. Para, m, 3. Représentez vous ungmonde aultre, auquel ung chascun preste, ungchascun doibve; tous soyent debteurs, tous soyentpresteurs, id. ib. ni , 4. Le facquin disoyt en rienDe luy estre debiteur, id. ib. m, 37. Ilz ne ren-doyent ny le serf fugitif à son maistre, ny le deb-tuur à son créancier, ny l'homicide au justicier,AMÏOT, Ilom. 13.
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— ÉTYM. Lat. debitor , de debere , devoir. Débi-teur a été refait sur le latin ; l’ancienne forme étaitdeteur; au xvn* siècle les deux formes étaient enprésence ; et les puristes recommandaient de ne direque débiteur.
f DÉBITIF, TVE (dé-bi-tif, ti-v’), adj. Terme decommerce. Compte débitif, compte qui est au débit.
f DÉBITTER (dé-bi-té), v. a. Terme de marine.Détourner le câble de la bitte.
— ÊTYM . Dé.... préfixe, et bitte.
f DÉBITUMIN1SER (dé-bi-tu-mi-ni-zé), v. a.Terme de chimie. Ôter, enlever le bitume.
— ÉTYM . Dé.... préfixe, et bitume.
DÉBLAI (dé-blè), s. m. |l 1° Les terres, les décom-bres qu’on retire d’un endroit quand on fait un dé-blayement. Le blaireau a plus de facilité qu’un autrepour jeter derrière lui les déblais de son excavation,buffon, Blaireau. || 2° Le résultat produit par l’enlè-vement des déblais. Cet endroit de la route est endéblai, se dit de l’endroit d’une route où il a fallufaire un déblai. || 3° Action de déblayer. Le déblaidu terrain. || Fig. Débarras. Voilà ces importuns par-tis; c’est un bon déblai. || Très-familier en ce der-nier sens.
—ÊTYM . Voy. déblayer; picard, déblare, débarras.
f DÉBLAIEMENT (dé-blê-man), s. m. Voy. DÉ-BLAYEMENT.
f DÉBLANCHI (dé-blan-chi), s. m. Opération quiconsiste à épuiser une cuve d’indigo de toute lacouleur bleue qu’elle peut fournir.
f DÉBLANCIIIR (dé-blan-chir), v. a. Enlever lacroûte qui se forme à la surface des métaux en fu-sion. || Oter la croûte d’étain des tables de plomb.|| Détacher le flan de dedans une pièce de monnaieà l’aide du coupoir.
— étym. Dé.... préfile, et blanchir.
f DÉBLATÉRATION (dé-bla-té-ra-sion), s. f. Néo-logisme. Action de déblatérer.
— êtym. Déblatérer.
DÉBLATÉRER (dé-bla-té-ré. La syllabe té prendun accent grave quand la syllabe qui suit est muette :je déblatère, excepté au futur et au conditionnel),t’. n. Parler longtemps et avec violence contre quel-qu’un Il déblatéiera contre ses confrères.
— êtym. Lat. deblaterare, de de, et blaterare,crier, débiter, de blatire, dire.
DÉBLAYÉ, ËE (dé- blé-ié, iée), part, passé. Lavoie ayant été déblayée.
f DÉBLAYEMENT ou DÉBLAIEMENT (dé-blê-man), s. m. Action de déblayer, d’enlever des terrespour faire un nivellement, d’enlever des décombrespour dégager quelque chose. On opère un déblaye-ment et on en transporte le déblai.
— HIST. xiv* s. Tout ce qui sera trouvé au desbla-vement des chemins, du cange, debladire.
— êtym. Déblayer.
DÉBLAYER (dé-blè-ié), je déblaye, tu déblayes,il déblaye ou déblaie, nous déblayons, vous déblayez,ils déblayent ou déblaient; je déblayais, nous dé-blayions, vous déblayiez ; je déblayai ; je déblayerai,ou déblaierai, ou déblairai; je déblayerais, ou dé-blaierais, ou déblaîrais; déblaye, déblayez: que jedéblaye, que nous déblayions, que vous déblayiez,qu’ils déblayent; que je déblayasse; déblayant;déblayé, v. a. || 1° ôter, enlever des terres, desdécombres. C’est lord Elgin qui a fait ouvrir ce mo-nument et déblayer les terres, chateaub. Itin. 233.|| 2° Débarrasser un lieu des objets qui l’ericombrent.Déblayer une maison, une cour. || Fig. Déblayer le ter-rain , aplanir les difficultés. j| 8” Se déblayer, v. ré/l.Être déblayé. Cesdécombres se déblayeront peu à peu.
— HIST. xiv*s. Le droit que nous avons, et poonsavoir de desblaver et de ostertous les empeschemensqui se feroient tant es voieries comme es chemins....du cange, debladire. Ichils chevaliers a promis àicelle rente warandir, délivrer, defendre etdesblaerenvers tous, id. ib. Le supliant, pour icelles terresdesblaver et despoillier en la messon [moisson],ayantenvoyé faussilleurs pour faussillier son bief, id. ib.
— êtym. Picard, déblaver, ôter les blés coupéset débarrasser; du bas-latin debladire ou debladare,de de, et bladum, blé (voy. blé) : proprement ôterle blé coupé, puis débarrasser.
t DÉBLÉÜRE (dé-blé-u-r’), s. f. Blé coupé et en-core sur le champ. Faire défenses très-expressesd’enlever les débléüres de dessus la terre, vaub.Dtme, p. 1 38,
— HIST. xiv* s. Le suppliant gouverna et exploitales diz héritages, et la desbleure de ceste présenteannée leva et exploita à son profit, du cange,debladalio.
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DÉBLOCAGE (dé-blo-ka-j’), s. m. Terme d’impri-merie, Action de débloquer, de remplacer les lettresbloquées ou renversées.
f DÉBLOCUS (dé-blo-kus’), s. m. Terme militaire.Action de lever ou de faire lever un blocus.
— ÊTYM . Dé.... préfixe, et blocus.
DÉBLOQUÉ, ÉE (dé-blo-ké, kêe), part, passé.
|| 1” La ville débloquée par l’armée de secours.|| 2° Terme d’imprimerie. Des lettres débloquées.
t DÉBLOQUEMENT (dé-blo-ke-man), î. m. Actionde débloquer une ville; résultat de cette action
DÉBLOQUER (dé-blo-ké), v. a. || 1-Terme deguerre. Obliger l’ennemi à lever un blocus. Déblo-quer une place. || 2°Terme d’imprimerie. Remplacerdes lettres bloquées par celles qui conviennent.|| 3° Se débloquer, ». ré/l. Faire lever soi-même lehlocus. La garnison battit le corps assiégeant et sedébloqua. || Terme de jeu de billard. Se débloquer,ressortir d’une blouse après y avoir été bloquée, enparlant d’une bille.
— ÊTYM . Dé.... préfixe, et bloquer.
DÉBOIRE (dé-boi-r’), s. m. || 1” Goût désagréable
qu’une boisson laisse dans la bouche. [Un vin qui] N’a-vait rien qu’un goût plat et qu’un déboire affreux,boil. Sat. ni. En couvrant d’un aromate le déboired’une médecine, j. j. rouss. Ém. n. Convaincu que cesdrogues ne pouvaient me sauver, il m’en épargna ledéboire, id. Conf. vi. || 2° Fig. Regret, dégoût, mor-tification. Il lui laissa sentir toute l’amertume et toutle déboire de mille événements fâcheux, bourdal.Pensées, t. ii, p. 463.
— HIST. xvt* s.Ce prince eut un grand dehoire
quand il s’apperçut qu’on jetoit son enseigne parterre.... Mém. s. Du G. ch. 6.
— étym. Dé.... préfixe, et boire ; un boire qui ôtel’envie de boire.
f DÉBOISÉ, ÉE (dé-boi-zé, zée), part, passé. Donton a détruit les bois. Montagnes déboisées.
(•DÉBOISEMENT (dé-boi-ze-man), s. m. Actionde déboiser; résultat de cette action. Le déboise-ment de la France , des montagnes.
+ DÉBOISER (dé-boi-zé), v. a. Détruire les boisou les forêts qui couvrent le sol. || Se déboiser, v.ré/l. Devenir déboisé. L’Amérique du Nord se dé-boise rapidement
— êtym. Dé.... préfixe, et bois.
DÉBOÎTÉ, ËE (dé-boi-té, tée), part, passé. Sortide sa boîte, de son articulation, de l’endroitoù quel-que chose est ajusté. Os déboîté. Pièce de menuise-rie déboîtée.
DÉBOÎTEMENT (dé-boi-te-man), s. m. Déplace-ment d’un os sorti de son articulation. Le déboîte-ment de l’os du bras.
— HIST. xvi* s. Luxations, c’est à dire deloueureset desboetures d’os, paré, xiv, i.
— êtym. Déboiter.
DÉBOÎTER (dé-bol-té), v. a. || 1” Faire sortir unos de son articulation. Il tomba de cheval et se dé-boîta le bras. || 2° Démonter, déjoindre. Déboîterune porte, une cloison. || Terme d’hydraulique. Sé-parer des tuyaux entrés l’un dans l’autre. || 3° Se dé-boîter, v. ré/l. Sortir de son articulation, de souagencement. Les os ne se déboîtent pas sans beau-coup de douleur. Cette table se déboîté. 11 arrivaquelque temps après que Darius, étant tombé de soncheval à la chasse, se donna une violente entorse aupied, et que son talon se déboîta, rolun, llist.anc. Œuvres, t. m, p. 56, dans pougens.
— hist. xvt* s. Par le chemin on voyoit ordinai-rement valets portez par terre, chevaux esboitez etrecreus, malles renversées, lanoue, 656. Ceux quisont bien charnus et gras, leurs os ne se deboëttent passi aisément, paré, xiv, 6. Remettre en leur naturelles joinctes des membres denouez et deboitez, amyot,Cimon et Lucull. 6.
— ÉTYM . Dé.... préfile, et boite au sens d’articu-lation.
DÉBONDÉ, ÉE (dé-bon-dé, dée), part, passé. Donton a ôté la bonde. Un étang débondé. Tonneau dé-bondé.
DÉBONDER (dé-bon-dé), ». d.|| i" Oter la bonde.Débonder un tonneau, une pièce d’eau. ||Fig. Dé-bonder son cœur, décharger son cœur, s’épanchersans réserve. Je voulus par dépit écouter à la porte ;J’ai l’oreille un peu fine, elle avait le cœur gros,Elle le débonda d’abord par ses sanglots, quinault,Mère coquette, i, I. || 2“ V. n. S’écouler abondam-ment et rapidement. L’eau a débondé cette nuit parune ouverture. || Fig. el familièrement, s’épanchertout à coup et sans réserve. Tou! è coup il [le duc