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DÉB DÉB DÜB
DÉBOUILLIR (dè-bou-llir, Il mouillées, et nondé-bou-yir), je débous, tu débous, il débout, nousdêbouillons, tous débouillez, ils débouillent; jedèbouillais; je débouillis; je dèbouillirai; je dé-bouillirais; débous; que je débouille; que je dé-bouillisse; débouillant, débouilli, ». o. || Terme deteinturier. Mettre à l’épreuve la bonté d’une teinture,en faisant bouillir quelque échantillon dans un mé-lange de plusieurs drogues. || On fait aussi débouillirles étoffes de soie pour les reteindre. Ils font, commenous, débouillir la chaîne à fond, mais ils ne cui-sent la trame qu’à demi, raynal, ïlist. phil. v, 28 .
— Étym. Dé.... préfixe, et bouillir.
f DÉBOUILLISSAGE (dé-bou-lli-sa-j’, Il mouil-lées) , s. m. Terme de teinturier. Action de débouillir.
DÉBOUQUÉ, ÉE (dé-bou-ké, kée), part, passé.L’escadre débouquée, c’est-à-dire sortie d’un débou-quement, d’un détroit.
DÉBOUQUEMENT (dé-bou-ke-man), *. m. || D’Ac-tion de débouquer. || 2° Canal, détroit, passage entredes îles.
— étym. Débouquer.
DÉBOUQUER (dé-bou-ké), t>. n. Terme de marine.Sortir des bouches ou des canaux qui séparent lesîles. La saison qui nous contraignait de regagner lePetit Goave pour débouquer avant le 10 septembreà cause du mauvais temps, le comte d’estrées,dans jal. Quatre vaisseaux marchands ont débouquéavec nous et me donnent moyen d’avoir l’honneurde vous écrire, id. ib.
— rem. Débouquer se conjugue avec l’auxiliairearoi'r, quand il exprime une action : l’escadre a dé-bouqué aujourd’hui ; et avec l’auxiliaire être, quand ilexprime un état : l’escadre est débouquée depuis hier.
— ETYM . Dé.... préfixe, et bouque pour bouche;c’est une autre forme de déboucher 2 .
f DÊBOURBAGE (dé-bour-ba-j’), î. m. Terme demétallurgie. Action d’ôterlabourbe,la gangue.Undé-bourbage mécanique ou lavage des minerais dans descylindres en forme de troncs de cènes horizontaux.— ÉTYM . Débourbcr.
DÊBOURBË, ÉE (dé-bour-bé, bée), part, passé.Une voiture déboursée.
DÉBOUItBER (dé-bour-bé), v. a. || 1» Oter labourbe. Débourber un étang. || Tirer de la bourbe.Dèbourber une charrette, une voiture. || Débourberet aussi faire débourber le poisson, le mettre dansl’eau claire pour qu’il perde le goût de bourbe.|| Sou-tirer le vin après que la fermentation a cessé.|| 2° Fig.Tirer d’une position inférieure. Ce fut ainsi que l’en-nemi de Pont-Chartrain [Colbert ] dèbourba son filspar une sorte de nécessité, st-sim. 09, 139. || 3” Sedébourber, v. re/l. Sortir de la bourbe. La voiturese dèbourba à grand’peine. || Fig. Sortir d’une posi-tion embarrassante. La grossièreté de la variation[des discours de Villars] sautait aux yeux, mais l’em-barras de choisir un autre général sautait à la gorge,et l’heureux Villars se dèbourba, id. 277, 236.
—HlST. xvi* s. Ils en ont dans les bottes bien avant,et sera prou difficile de lesdesbourber, Sat.ilén.p. 100.— Etym . Dé.... préfixe, et bourbe.
•f DÉBOURBONNER (dé-bour-bo-né), «. o. Termed’histoire de France . Chasser les Bourbons pourmettre à leur place les Guises .
— HlST. xvi" s. II n’estoit jà besoin que nos cureznous preschassent qu’il falloit nous desbourber etdesbourbonner, Sat. Mén. Harangue d’Aubray.
— étym. Dé.... préfixe, et Bourbon.t DÉBOURGEOISÊ, ÉE (dé-bour-joi-zé, zée),port, passé. Qui a perdu les manières bourgeoises.Ce jeune homme est tout à fait débourgeoisé.
f DÉBOURGEOISER (dé-bour-joi-zé), v. a. Faireperdre à quelqu’un les manières bourgeoises. Il estvrai que je n’ai pas mon pareil pour débourgeoiserun enfant de famille, regnard, Détour imprévu,sc. fl. || Se débourgeoiser, v. réfl. Quitter les ma-nières bourgeoises.
— ÉTYM . Dé.... préfixe, et bourgeois.DÉBOURRÉ, ÉE (dé-bou-ré, rée), part, passé.Dont on a ôté la bourre. Un fusil débourré. Une pipedébourrée. || Fig. Qui a perdu son ignorance, sa ru-desse première. Un paysan débourré.
DÉBOURRER (dé-bou-ré), v. o.|| 1“ ôter la bourre.Novion fit débourrer le banc des pairs à huit piedsde long près le coin du roi, st-sim. 374, 30. ||Dé-bourrer une pipe, ôter le tabac qu’elle contient.|f Débourrer un fusil, ôter la bourre qui retient lacharge. || 2“ Fig. Débourrer un jeune homme, luidonner les manières, les habitudes du monde. Aussi,pour débourrer mon esprit et mon cœur, de lièvre,Séducteur, iii, 9. || Terme de manège. Débourrer uncheval, assouplir ses mouvements. ||3° Fig. Se dé-bourrer , v. réfl. Perdre des manières incultes et se
façonner à celles du monde. || Débourrer sa pipe.Attendez que je me débourre.
— Étym. Dé.... préfixe, et bourre.
DÉBOURS (dé-bour ; l’s ne se prononce pas et ne
se lie pas : des dé-bour excessifs) ,s.m. Argent avancépour le compte d’un autre. Je ne suis pas rentrédans mes débours. || On dit plus souvent aujourd’huidéboursés.
— HlST. xvi's. Les fruicts sont acquis au retrayantdujourdel’adjournement,desbours ou garnissementqu’ilaura faitdesdeniersduprixprincipalducontractet loyaus coûts, Coutumier gênér. 1. 1 , p. 1024.
DÉBOURSÉ, ÉE (dé-bour-sé, sée), pari, passé.Argent déboursé. || S. m. plur. Argent dépensé pourfrais, pour avances. Ses déboursés ont monté très-haut. || Dans les frais des officiers ministériels, ondistingue les honoraires et les déboursés.
DÉBOURSEMENT (dé-bour-se-man), s. m. Actionde débourser.
— HlST. xvi* s. Déboursement, marot, il, 98.
— étym. Débourser.
DÉBOURSER (dé-bour-sé), u. a. Tirer de l’argentde sa bourse, de sa caisse pour un payement. Lessoixante pistoles qu’il a déboursées pour moi, noss.Lett. 98. || Absolument. Car aux faveurs d'une belleil eut part Sans débourser, la font. F. avare.
— HlST. xvi* s. J’aurois honte de desbourser [dé-penser] avec vous et ne rembourser pas ce que jedois à cestui-ci, amyot, De la mauvaise honte, 13.
— étym. Dé.... préfixe, et bourse.
DEBOUT (de-bou ; le 1 se lie : de-bou-t ou cou-ché), adv. || 1° Il se dit de ce qui est dressé et posésur un de ses bouts. Mettre une colonne, un ton-neau, une table debout. || Pièce de bois placée debout,pièce placée de manière à résister suivant le sensdes fibres du bois. || Être debout, être encore de-bout, se dit des choses qui ont échappé à une des-truction presque inévitable. Ils vivent cependant etleur temple est debout, rac. A thaï, u , 6. Nos cosa-ques n’auraient pas laissé une chaumière debout,bern. de st-p. Voy. en Silésie. || Fig. Ce vieil em-pire était encore debout. Ce marchand, en dépitdes pertes qu’il a faites, est encore debout. || 2° Êtredroit sur ses pieds, en parlant d’une personne. Setenir debout. Debout ou assis, on peut donner unmauvais jugement, mol. Critique, #. Le roi et lareine mangent tristement; Mme de Richelieu estassise, et puis les dames, selon leurs dignités, lesunes assises, les autres debout, sév. Lett. 22 janv.1674. Debout à ses côtés le jeune Éliacin Commemoi le servait en long habit de lin, rac. A thaï. 11,
2 . Alors, la femme se tenant debout devant le sei-gneur, le prêtre lui découvrira la tête, sacy, Bible ,Nombr. v, 18. Entrons; d’être debout à la fin on selasse, boursault, Hère. gai. 11 , 8. Nous avons dînédebout, remettant de manger mieux et plus à notreaise au soupé dans notre nouveau gîte, Marivaux ,Paysan parv. t. 1 , 2 * part. p. flfl, dans pougens.Tout un peuple debout sur le seuil les attend, c. de-lav. la Popularité, iv, 6. || Debout, loc. interj.Lève-toi, levez-vous. Le sommeil sur ses yeux com-mence à s’épancher; DeboutI dit l’Avarice , il esttemps de marcher, boil. Sat. vm. Debout [à unefille qui était à genoux] ! Plus votre cœur répugneà l’accepter, Plus ce sera pour vous matière & mé-riter, mol. Tari, iv, 3. Il était botté jusqu’à laceinture, et, faisant claquer un maudit fouet qu’iltenait à la main : debout, monsieur le chevalier, s’é-cria-t-il en ouvrant mes rideaux, iumilt. Gramm. 3.
(| Laisser quelqu’un debout, ne pas le faire asseoir.Il me laissa debout tout le temps que je restai aveclui. || Fig. et familièrement. 11 ne peut que tomberdebout, se dit d’un homme qui a des ressources pour ;se soutenir en dépit des disgrâces qui arrivent oupeuvent arriver. On dit dans le même sens tombersur ses pieds. || 3” Être debout, se tenir sur les piedsde derrière, en parlant des animaux. La marmottemange debout comme l’écureuil, buff. Marmotte.
|| Terme de blason. Debout, se dit des animaux quisont représentés droits et posés sur les pieds de der-rière. || 4° Être debout, être levé, hors de son lit.Tout le monde était debout dès le matin. Les soldatsd’Alexandre couchent sur la terre, et jamais le journe les trouve que debout, vaogel. Q. C. m, 2 .|| Fig.Il crut qu’un évêque plus qu’un empereur devaitmourir debout et dans l’exercice de sa charge,fléch. Panég. 1 , p. 312. Nous sommes condamnésl’un et l’autre à mourir debout, maintf.non, Lett.Card. de Noaillcs, 2 nov. 1703. L’ange extermina-teur est debout avec nous, rac. Athal. v, 4. || Termede vénerie. Mettre un animal debout, le lancer.|| 5” Dormir debout, éprouver un extrême besoin
de sommeil. || Conte à dormir debout, récit en-nuyeux; promesses en l’air. Je dis que ce sont descontes à dormir debout, mol. G. Dand. 1, fl. Lescontes à dormir debout, dont vous me régalâtesl’année passée, volt. Préf. de Cath. Vadé. || 6° Ondit que du bétail passe debout dans une ville, quandil n’y couche point, n’y est point vendu et n’y doitpoint les droits d’entrée ; et, par extension, passerdebout se dit des marchandises qui, traversant uneville ou un pays, y passent sans payer de droit ousans être visitées. || 7° Terme de marine. Avoir ventdebout, ou de bout, suivant l’orthographe de quel-ques-uns (ce qui n’est autre que résoudre le mot enses éléments), avoir vent contraire, c’est-à-direvent soufflant sur la proue du vaisseau. || Être deboutau vent, à la lame, au courant, y présenter l’avantdu vaisseau. || Aborder un bâtiment debout aucorps, lui mettre l’éperon dans le flanc. || Deboutles avironsI signal de lever en l’air les avirons, cequi est un salut d’honneur. || 8° Terme de menuise-rie. Bois debout, bois coupé, scié, travaillé perpen-diculairement au fil. Le bois debout ne peut pas sebien raboter ni polir. || Proverbe. On est plus cou-ché que debout, c’est-à-dire la vie est bien courte enregard de l’éternité.
— HlST. xii* s. Tut de but [à côté] se teneient ciltrei [ces trois] partut al rei, Ne il ne voieient fairepur Deu ne ço ne quei, Th. le m art. 89. || xm* s. Lipors [le porc] qui tant curu [couru] avoit, En l’espiése feri debot, Ren. 225 U. Non pas pour ce, monescient, X moi [le juge] se tiendra tout debout [pourcela le juge ne sera pas de mon côté], le comte deBretagne , Romancero, p. tes. Aucunes fois avientque li barons [mari] est trouvés mors debout [à côté]se [sa] famé, et le [la] famé debout son baron; etquant il avient, l’en doit penre garde au mort, seil pert [apparaît] l’en li ait che fet; et se il li pert,che est grant présomption contre le vivant se il necria, beaumanoir, dans lacurne. Car Haibers vot[voulut] avoir debout [absolument] Partie del roiaumeou tout, ph. mousses, ms. p. 38, dans lacurne. Lalangue li prent à frémir De lecherie et de corroz;En la fosse sailli deboz, Por ce qu’il en voloit avoir,Ren. 24640. || xv* s. Dieu , prevoiant leurs faultesfutures, leur a souffert de longue main préparer àdeux debouts de leur clos deux verges, Bordeaux etCalais , chastel. Chron. du duc Philippe, Proesme.
|| xvi* s. Puys furent introduietz les empoisonnez;elle leur sonna une aultre chanson, et gens debout,rab. Pant. v, 20. L’empereur Vespasien estant ma-lade de la maladie dont il mourut.... et dans sonlict mesme depeschoit plusieurs affaires de consé-quence; et son médecin l’en tansant comme de chosenuisible à sa santé: il faut, disoit-il, qu’un empe-reur meure debout, mont, iii, 89.
— Etym . De et bout, comme le prouvent les an-ciens exemples: un soliveau est de bout, parce qu’ilest sur le bout, et, par assimilation, un homme estde bout. Cependant des étymologistes ont voulu voir,dans debout, terme de marine (vent debout), uncomposé hybride avec la préposition de et l’anglo-saxon boto, danois bug, anglais bow, qui signifientl’avant d’un vaisseau; mais il n’y a aucune raisonpour aller chercher si loin une étymologie, et boutsuffit bien à ce sens particulier, car l’avant est labout du vaisseau.
j DÉBOUTÉ, ÉE (dé-bou-té, tée), part, passé.Débouté de sa demande par le tribunal. Débouté decette défense par la raison de la justice de Dieu , àqui tout le mal déplaît.... boss. Pensées chrét. 7. Vousdemandiez 20 000 livres, vous en êtes débouté par mafaute, c’est à moi à vous les payer, st-sim. 7o,i63.
t DÉBOUTEMENT (dé-bou-te-man), s. m. Actionde débouter.
— HlST. xv* s. Duquel deboutement et bannisse-ment plusieurs Parisiens furent très joyeux, carmoult le doutoient, monstrel. i, 248. Parmy tousles pesans coups qu’on luy donnoit et les durs de-boutemens qu’on luy faisoit, il fendit la presse àforce de bras par les grans coups qu’il donnoit au-tour de luy, Perceforest , t. 1, f* lit, dans lacurne.
— ÉTYM . Débouter; provenç. debotamen; ital.dibollamento.
DÉBOUTER (dé-bou-té), v. a. Terme de procédure.Déclarer par arrêt une personne déchue d’une de-mande. Le tribunal l’a débouté de sa demande.
— HlST. xii* s. Mielz valt fiz à vilain qui est prouze senez, Que ne fait gentilz huem faiiliz e débutez,Th. le mart. 63 . |J xm* s. Et si porroit estre déboutéspar l’autre partie de l’office du juge en cele querele,beaum. 36. Tout chil qui poent estre débouté porvilain cas de crieme de tesmongnage porter, poentet doivent estre débouté d’avocations, id. v, 13. t> a