EAU
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EAU
phagédénique,solution de chlorhydrate de chaux,te-nant en suspension du deutoxyde de mercure. |] Eau regale , mélange d’acides chlorhydrique et azotique,dont on se sert pour dissoudre l’or et le platine.Il Eau de la reine de Hongrie, nom donné à l’alcoo-lat de romarin. || Eau rouillée, la même que l’eauferrée, voyez au numéro i. || Eau seconde, acidenitrique affaibli ; se dit aussi d’une lessive causti-que de potasse ou de soude connue encore sous lenom de lessive des savonniers et dont se serventlos peintres. || Eau sédative, liqueur composéed ammoniaque liquide, d’alcool camphré, de sel ma-n n et d’eau commune. || Eau spiritueuse, liqueurobtenue en distillant de l’alcool sur des substan-ces végétales à principes volatils. L’eau spiritueusess nomme aujourd'hui alcoolat. || Eau sulfureuse,dissolution de sulfure de sodium cristallisé, de car-bonate de soude cristallisé et de chlorure de so-dium. || Eau-de-vie allemande , nom d’un très-fortPurgatif. || Eau vulnéraire, eau aromatique em-ployée par le vulgaire dans les coups et contusions.Il 22" Eau d’ange, ancienne eau aromatique, ana-logue à l’eau de rose ou à celle de Heur d’orange,é la main droite, près de l’autel [il s’agit d’un bap-tème], il y avait une table sur laquelle étaientdeux carreaux de drap d’or, avec un grand vased’eau d’ange, malh. Lelt. à Peiresc, 23 juin 1614.11,23° Eaux et forêts, voy. forêt. || Proverbes.L’eau est entrée dans ses souliers par le collet deson pourpoint, se dit, par une méchante plaisante-r >e, d’une personne qui s’est noyée. || Si on l'en-voyait à la rivière, il n’y trouverait point d’eau,se dit d’un homme malhabile qui ne sait pas trouverles choses les plus communes. || Eau qui dort, ca-ractère sournois et doucereux. 11 n’y a pire eau quel’eau qui dort. Il n’est, comme on dit, pire eau quel’eau qui dort, mol. Tart. i, 1.1| Tant va la crucheb l’eau, voy. cruche.
— kem. Eaux est un pluriel collectif, comme airs,cieux. Quand on dit se perdre sous les eaux, périrdans les eaux, les eaux dans ces phrases n’indiquentPas plusieurs eaux, mais une collection ou quantitéIndivise, jullien. Toutefois eau a aussi un plurielgui n’est pas collectif : j’ai bu des eaux de Vichy etde Spa, c’est-à-dire de l’eau de Vichy et de l’eau deSpa; les eaux d’Arcueil et de Grenelle, c’est-à-direl’eau d’Arcueil et l’eau de Grenelle.
— hist. xi" s. E s’il a en arere larecin amendé,ait [qu’il aille] à l’ewe [à l’épreuve de l’eau], Loisde Guill. t7. Li val profond et les ewes courant,Ch. de Roi. cxxxvi. Issent de mer, viennent as ewesdouces, ib. clxxxvii. Et li evesque les ewes beneïs-sent, ib. cci.xvm. || xji" s. L’aigue du cuer lui est ese ls [yeux] montée, Ronc. p. 48. Que l’iave seut [acoutume de] percer la pierre bise, Coud, xi. llueccurreit une ewe de mestier en mestier; Là se bai-pnoit li sires pur sa char refreidier, Th. le mart.S4 - Il XIII" s. X la cort ont l’auge criée, Et li valletl’ont apportée ; Quant ont lavé, si sontasis, Le beaudesconnu, dans Arch. des missions scientifiques,t. v, p. 188 . Entre deus augues moult bruians Sistla cités, qui moult fu grans, ib. p. (70. S’aucunsest accuseis qu’il ait aucuns ochis et on ne le poetprover par tesmongnages loiaus, il se doit purgierdel fait par le jugement del aigue froide, tailliar,Recueil, p. 491. Et l’autre lui retrempe de frescheeaue en son vin [lui verse de l’eau fraîche en sonvin], Rerie, lv. Car d’une sorce vient si haute L’ewe,qu’el ne puet faire faute, la Rose, 20690. Trop lafere est couverte de yaue et de nege, beaum. ix, 8.Li evesques du Pui de bien faire lor prie, La portelor ovri, au nom sainte Marie, De l’aive beneoitelor fait grant départie, Ch. d’Ant. vin, 193. Tôlesces ewes qui sont teles naturelment [minérales], siles puet on faire par artefice, si corn de faire boulirsoufre en ewe douce et ensi des autres, alebrant,f” 9. En cel vasciel l’arcideclin Fist Dieux servir,d’aige fait vin, pii. mouskes, ms. p. 283, dans la-curne. || xiv" s. De ceste condition a moult de gensen ce monde, qui noent [nagent] entre deux eaux,Modus, f» lxvii , verso. C’est l’elixir et eau de vie,En qui toute euvre est assouvie, Nat. à l'alch. err.
|| xv" s. Et furent mis ens es navires et balle-nieres plus de deux mille chevaux, lesquels avoientPourveance de foin, d’avoine, litiere et d’eau doucebien et largement, fboiss. ii, iii, 32. Se hastoientles Anglois de passer cette Beauce pour le dangerdes yauves dont ils estoient à grand meschef poureux et pour leurs chevaux, m. ii, n, 69. Si estoientl'es chevaux] foulés et oppressés, combien qu’ilseussent esté bien gouvernés et apprnvendés de foins,davoine et d’aigue douce, id. ii, ni, 33. U estoit*e mois de mai que les eaues sont en leur douceur,
id. il, ii, 228 . Si entendit bien le duc que c’estoitung personnage forgié, et qu’on venoit quérir eauede loing puits, g. chastel, Chr. d. d. de Bourg.2 " partie, ch. 66. Entre deux eaues, comme le pois-son noue [nage], ch. d’orl. Bail. 106 . Me partisbien matin du dict port de Sapience avec mes dictesgalées, pour m’en venir mon chemin devers Gennes,en volonté de lever, au port de Ion , eaue dont mesdictes galées estoient mal fournies, Bouciq. hist.Paris , 1620 , p. 258, dans lacurne. Eve qui courtne porte point d’ordures, leroux de lincy, Prov.t. I, p. 65. Il n’a pas soif qui de eau ne boit, id. ib.p. 66. || xvi* s. Il semble qu’ils n’aient fait que battrel’eau en priant et que Dieu ait fait le sourd, Calvin ,Inst. 732. Il se retourna vers la muraille commepour faire de l’eau, et là rompit ses lettres, marg.Nouv. xxi. Ayant ces deux amants comploté de faireun pertuis en l’eau [fuir] et prendre la route d’An-gleterre, yver, p. 617. L’eau leur venoit à la bou-che, tant elles desiroyent de taster seulement unpetit morceau de friandises, lanoue, 134. Par lemoyen de la grande et longue despense, l’eau estvenue à leur moulin, id. 334. La distillation deseaux et essences tirées de toutes sortes d’herbes,racines et fleurs, id. 479. Ptisane, eau bouillie, eaud’amendes, paré, v, 9. Eau forte, huile de vitriol,in. v, 13. Eau fort qui aura servi aux orfèvres,diteeau bleue, id. xvi, 16 . La nourrice se gardera deboire eau crue, mais la fera bouillir, id. vi, 15. Eaude raareschal [ferrée], id. vi, 19. Eau de forge, id.vi, 22 . Eau d’orge, eau cuitte, en laquelle on mettramie de pain, que nous appelions eau panée, oubien hippocras d’eau ou eau bouillie puis mesléeavec syrop rosat, violât ou aceteux, id. viii, 14.Eau de Damas [sorte de parfum], id. ix, 13. Eauforte esteinte [dite eau de séparation]. Eau alumi-neuse, eau des alkemistes. Les ulcérés seront tou-chées de l’eau de sublimé, ou de celle qui aura serviaux orfèvres, id. xvi, 13. Les restaurans, coulis,pressiseteau de chair, id. xxiv, 22 . De la maniéréde distiller l’eau de vie appelée l’ame ou l’esprit duvin.— Situ veux avoir l’eau de vie excellente, la fautrectifier deux ou trois fois, voire jusqu’à sept, id.xxvi, 8. L’eau ardant autrement dit l’eau-de-vie,o. de serres, 230. Elle ne sera jamais sans avoir deseaux, celeste, impériale, de vie, id. 887. L’eau fort,posée doucement avec du cotton dans la dent creuse,en appaise la douleur, et la fait casser estant cor-rompue, id. 903. La pommade sera lavée dans eaunafe, ou dans eau de Damas, ou eauroze musquée,id. 908. Et l’eau clairette façonneras ainsi : mettéstremper en une chopine d’eau de vie de la plus fine,trois onces de canelle triée, etc. id. 930. Le laverquelquefois avec de l’eau d’ange, ou de naffe, ou deroze, id. 946. L’eauve une foys eschauffée emprendplu tost gelée, génin, Récréations, t. n,p.243. Vousen feriez acroire de belles aux gens de là Teau,Contes de ciiolières, f" 96, dans lacurne. NicolasRoland, homme voué avec une passion extraordi-naire au fait de la ligue, et sous ce litre avoit estécréé eschevin de Paris , la première année des trou-bles l’an 1 688; toutefois, quelque temps après, ilcommença de mettre de l’eau sur son feu [à mettr ede l’eau dans son vin, à en rabattre de son exalta-tion] , pasq. Lett. t. ii, p. 309, dans lacurne. Eauquoye jour et nuit Noyé, submerge et nuit, lerouxde lincy, Prou. t. i, p. 65. Eau trouble, gain dupescheur, id. ib. Dans un mortier, de l’eau ne pile,id. ib. L’eau fait pleurer, le vin chanter, id. ib.C’est folie puiser l’eau au cribleau, id. ib. t. n,p. 262 .
— ÉTYM . Génev. aigue; picard, tau, t’eu; wallon ,aiwe; Berry, aie (ejfe , signifiant eau, se trouvedans le nom de plusieurs localités du Berry); bour-guig. éa; provenç. aigua, otpaycatal. at/gua;espagn.et portug. agua; anc. ital. aigua; ital. mod. aequo;du latin aqua; gaeliq. ab, abh, aba, eau; kimry,eto;goth. ahva pane, haut-allem. oha; zend, dfs;sanscr. ap ou dpas. Le mot eau de la langue litté-raire actuelle provient d’une forme picarde qui étaitiaue et se prononçait sans doute iave; du moins envers elle est toujours de deux syllabes; puis elles’est contractée en eau monosyllabe, et la formeeve ou eghe est restée dans la catégorie des patois.Il n’y a pas d’autre étymologie à chercher que lelatin aqua, qui a donné régulièrement eve ou ewe,comme equa, cavale, avait donné ive ou twe.
t EAUBÉNITIER (Ô-bé-ni-tié), s. m. Synonymeprésentement inusité de bénitier. Les eaubénitiersseront marqués et contre-marqués au corps, colletdu pied et goupillon, Régi, orfévr. 30 déc. 1679.
f EAUBURON (ô-bu-ron), s. m. Nom vulgaire deplusieurs champignons.
ÉHA
EAU-DE-VIE, voy. eau.
EAU-FORTIÏ, voy. eau.
ÉBAHI, IE(é-ba-i, ie), part.possède ébahir. Jetédans un grand étonnement. Mais toi qui tiens nos senset nos yeux ébahis, mairet, Soliman, ni, 9. Et si detant d’amour tu peux être ébahie, corn. Poly. ni,2 . Prêchez, patrocinez jusqu’à la Pentecôte, Vousserez ébahi, quand vous serez au bout, Que vous nem’aurez rien persuadé du tout, mol. Éc. des fem-mes, i, l. Vous serez ébahi que vos juges aurontété sollicités contre vous, id. Scapin, ii, 8. Pier-rots et paillasses Charment sur les places Le peupleébahi. bérang. Cocag.
— SYN. ébahi, ébaubi. L’ébahi est celui à qui l’é-tonnement fait ouvrir la bouche; l’ébaubi, celui quel’étonnement fait balbutier.
ÉBAHIR (S’) (é-ba-ir; Palsgrave , xvi" s. p. 19,dit que l’/i est aspirée), u. r é/l. Rester la bouche ou-verte, s’étonner, être surpris. On s’ébahit à la vued’un événement imprévu ou d’un spectacle agréable.
— RF.M. L’ancien français faisait ébahir actif; il estfâcheux qu’il ne soit plus que réfléchi.
— HIST. xii" s. Moût fu vassaus [brave] qui n’ifust esbaïs, Ronc. p. 72. Moult fj’J ai esté longue-ment esbahis, Qu’onques n’osai chanson à faire em-prendre, Couci, v. Car sa beautez me fait tant es-bahir, Que jo ne sai devant li nul langage, ib. xix.E cist temples lur iert [sera] en essample, si quetuit icil ki i passeront, forment se esbaïrunt, Rois,268.* 11 xiii" s. Lors s’en est Bel-accueil fois [fui], Etjo remès [restai] tous esbahis, Honteux et mas[abattu], Rose, 2964. [La maison] tremble toutoeffraée, Tant se sent foibleet esbaée, et pourfenduede crevaces En plus de cinq cens mile places, ib.6136.11 xiv" s. Or est celui qui est fort ou preuz, detele condicion que il ne s’esbahist pas et est sanspaour en la maniéré que bon homme peut estre,orf.sme, Eth. 80. Et pareeque tristece esbahit, l’onpert son jugement, id. ib. 98. Aiez bon cuer en vous,pour Dieu le fruit de vie; Car homs qui s’esbahit, ilest mors à moitié, Guescl. 18385. Cilz parla hau-tement si que tuit l’ont oï, Ne fut couars ne nices,ne fist pas l’ebol. Girart. de Ross. v. 1389. || xv" s.X l’endemain la truie [machine de siège] fut levéeau plus près qu’ils purent de Bergerac , qui grande-ment esbahit ceux de la ville, froiss. ii, ii, 7. Etsi les esbahyssoit l’yver qui s’approchoit, comm.iv, 6. || xvi" s. Ils s’esbahissoient comment il laissoitainsi eschapper le poinct de son occasion, amyot,Pyrrh. 20 .
— êtym. Wallon, esbawi; provenç. esbair; ital.sbaire; de es.... préfixe, et le radical bair, étonner,qui est dans le rouchi bahi, étonnant,dans l’espagnol em-bair, faire illusion, et dans l’italien baire,étonner, et que les étymologistes regardent commedérivé de bah, exclamation naturelle d’étonnement.Comp. pourtant bayer, béer.
ÉBAHISSEMENT (é-ba-i-se-man), s. m. Etat docelui qui est ébahi. Cet événement a causé unébahissement général.
— HIST. xvi" s. Esbahissement, amyot, Cam. 40.
f ÉBALAÇON (é-ba-la-son), s. m. Ancien termnde manège. Espèce de ruade.
| ÉBARBACE (é-bar-ba-j’),s.»n. Actiond’ébarber.
—êtym. Ébarber.
ÉBABBÊ, ÉB (é-bar-bé, bée), part, passé. Uneplume ébarbée.
f ÉBABBEMENT (é-bar-be-man), s. m. L’actiond’ébarber; le résultat de cette action. || Terme dechirurgie. Action d’enlever avec le bistouri, ou avecles ciseaux, des productions morbides végétantes.
ÉBARBER (é-har-hé), v. a. || 1" Rogner lesbarbes des plumes, et ce que l’on compare à cesbarbes dans le papier, dans la taille d’une gra-vure. || 2“ Couper le chevelu des plantes eu desarbres qu’on met en terre. || Tondre une haie, unecharmille. || Couper les racines que les ceps de vignepoussent à fleur de terre. ||3" Terme de paveur. Dé-grossir les joints ou le parement du pavé préalable-ment. || 4“ Terme de fondeur, ôter les bavures duplomb. Ébarber les tables, en êter le sable avec desbrosses avant de les mettre sur leur laminoirH 6° Terme de typographie. Ébarber une lettre,abattre avec un instrument tranchant un talus quimarque au tirage. Ébarber une feuille, un volume,couper les fausses marges. || 6° Terme de chirurgie.Pratiquer l’ébarbement.
— HIST. xvi" s. Allez dire à Saint-Gelais qu’il se fasseesbarber et couper ses cheveux, puisque voilà d’Au-bigné de retour de son voyage, d’aub. Vie, lxxii.
— Êtym. É pour es... préfixe (voy. es...), et barbe.