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Tome deuxième. D - H.
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mer; ce qui parait ïïettre à néant lopinion de ceuxqui disent que pipe t? écume de mer est une corrup-tion pour pipe de Cummer , nom du prétendu in-venteur de ces sortes de pipes. Écume de mer, sortede faïence ou de terre de pipe produite artificielle-ment de la manière suivante : on extrait de certai-nes carrières de la Crimée cette terre de pipe quonétend, quon agite et quon lave pendant plusieursjours dans de grands bassins remplis deau; on labroie et on la passe ensuite avec soin pour la pur-ger de toutes matières étrangères, puis on la pétrit,et on en forme de petites masses quon fait bouillirdans du lait et ensuite dans de la cire mêlée à delhuile de lin, dblaborde, Émaux, p. 26».

HIST. xm* s. La mer sen va et vient et tousjoursjete escume, La foie et la sage. || xvi* s.Du char-

bon ou de lescume de mareschal, pour en bannirtoute nuisible humidité, o. deserres, 134. Les-cume de la soie est la première matière que vomis-sent les vers, de laquelle ils jettent les fondemensde leur édifice, id. 48». Un menu sable, ressem-blant à celle escume seche que lon voit sur la grèvede la mer quand elle sest retirée, amyot, Eumènes,34. Protogenes ayant parfaict limage dun chien laset recreu, & son contentement en toutes les aultresparties, mais ne pouvant représenter à son gré les-cume et la bave. mort, i, 264.

ÊTYM . Wallon, home; namur . chime, chume;provenç. espagn. et portug. escuma; ital. schiuma;du germanique: anc. h. allem. scûm; scandin. skûm;allem. Schaum; ce mot se trouve aussi dans le cel-tique : gaél. sgûm. Le c décume écarte le latinspuma.

ÊCUMÊ, ÉE (é-ku-, mée), part, passé. || 1* Donton a été lécume. Le pot-au-feu bien écumé. || 2° Fig.Ramassé çà et. Il nest pas un bandit écumé dansnos villes, Pas un forçat.... Qui veuille mordre enFrance au pain des trahisons, v. hugo, Crèp. to.

ÉCUMÉNIC1TÉ, ÉCUMÉNIQUE , ÉCUMÉN1QUE-MENT, voy. œcuménicité, etc.

ÉCUMEll (é-ku-). || 1 Y. n. Se couvrir décume;jeter de lécume. La mer écume. Cette bière écume.Le chien haletait et écumait. Cerbère la versé, ja-dis ce monstre esclave Fit écumer sur lui sa veni-meuse bave, rotrou, Hercule mour. iv, t. Le qua-drupède écume, et son œil étincelle, la font. Fabl .U, 9. On réprime, on ménage, on dompte son ca-price; 11 marche en écumant, mais il nous rendservice, volt. Sophon. v, 1.1| Fig. Écumer de rage,de colère, être au dernier degré dexaspération. Desofficiers m'ont dit les [les paysans suédois ] avoirvus écumer de colère, volt. Charles XII , 6. || Il seconjugue avec lauxiliaire avoir. || 2° V. a. ôterlécume qui se forme sur un liquide en ébullition.Écumer la soupe. Écumer des confitures. || Populai-rement et fig. Écumer les marmites, vivre en para-site. || Fig. Écumer le pot de quelquun, faire pourlui les affaires de la maison. Je laisserai écumermon pot à qui voudra, sâv. 396. Mon pot estétrange à écumer les dimanches [jai beaucoup demonde ce jour- ], id. 43t. || Terme de fauconne-rie. Écumer la remise, se dit de loiseau qui passesur le gibier sans lapercevoir et sans sarrêter.|| 3° Fig. Débarrasser. Jécumais votre chambre desfâcheux dont je la voyais remplie, sév. 34 . || 4 Fig.Prendre lécume dune chose, cest-à-dire une idéevague, une notion peu précise. Jécumai quelquechose de ces détails [sur Mme des Ursins], mais,pour leur précision, je ne lai bien sue que depuis,st-sim. 147, 144. Mme de Lillebonne et ses deuxfilles saperçurent les premières de la confianceque Choin avait acquise, et devinrent ses meilleu-res amies; M. de Luxembourg , qui avait le nezbon, lécuma, id. 24, 17. || Écumer, prendre çàet. Écumer des nouvelles. La chambre regorgedintrus; Peins-nous lun de ces bas ventrus, Auxdîners quil écume, béranq. l'Enrhumé. || 5°Ecu-mer les mers, écumer les côtes, y exercer la pira-, terie. Les corsaires ne cessaient décumer toutesles côtes et de faire mille ravages, vaugel. Q. C.viii, 8 . Il se mit en tête décumer les mers pourson compte, lesage, Diable boit. ch. 16. || Par ex-tension. Tu mas bien lair décumer les grandschemins, Don Quichotte, part, n, dans Leroux,Dict. comique.

HIST. xii* s. Et or mestuet la cuisine garder,Et le feu fere, et la char escumer, Bat. d'Aleschans,v. 3661. || xm* s. Bel mel cuit e escumé, Us . St-Jean.Renart vit quil ne pot durer, Ne por foïr ne poraler; La boche li veit escumant, lien, n, 337. Carje fais ces pots escumer Et la porée crasse et blan-che, Denier et Brebis , dans jubinal, t. ii, p. 206 .[I xv* s. Maistre Jehan Compaing et un aultre licen-

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cié, escumans latin [pédants], Chron. scandai, deLouis XI , p. 77, dans lacurne. || xvi* s. Mais sinous avions aussi bien lieu de parler, jestime queleur ardeur, dont ils escument si asprement contrenous, seroit un peu refroidie, caly. Instit. Dédie. Cesont amorces pour escumer largent des bourses, id.ib. 967. Le dit sieur recteur suoit, tempestoit, escu-moit et frappoit du pied, Sat. Min . p. 96. Nos mais-tres passent ces raisons en escumant [légèrement],mont, i, H8. Escumans toute la mer Mediterrane ,avec petits vaisseaux légers de coursaires, amyot,P. Æm. 9. 11 nettoya ces mers de tous ces larrons,qui paravant y souloient escumer, id. Pomp. 41.Celle qui ta enfanté cest la mer, Et les rochers quila font escumer, id. Comment discerner le fiait, delami, 46. Givri, servant de capitaine à plusieurscapitaines, escuma la teste des premiers, et puis,poussé dedans par la charge qui se fit à bon escient,se demesle entre les jambes des chevaux, daub.Hist. ni, 262 . Mais ceux- ne soustindrent la chargequen escumant [résistèrent mal], id. ib. ni, 361.Quand le duc dAlbe passa vers Flandres, tout lebruit commun estoit quen faisant semblant d'escu-mer Geneve , que tout à plat il lalloit assiéger, brant.Cap. fr. t. iv, p. 190, dans lacurne. Sans trop es-cumer le latin [affecter la science], Œuvres deR. DE COLLERYE, p. 83, dans LACURNE.

étym. Écume; wallon , houmer; namur . chu-mer; provenç. et portug. escumar; ital. schiumare.

f ÉCUMKRESSE (é-ku-me--s), s. f. Écumoirede raffineur de sucre.

ETYM . Écumer.

] ÉCUMETTE (é-ku--t), s. f. Écumoire de fa-bricant de papier.

ETYM . Écumer.

ÉCUMEUR (é-ku-meur), s. m.|| 1° Celui qui écume.|| Fig. Un écumeur de marmites ou de table, unparasite. Tu timagines bien quun jour quil don-nait à dîner à lambassadeur de France et à plusieursautres seigneurs, il ne vit pas sans peine arriverdeux écumeurs de table, lesage, Guxm. dAlfar.ni, 10 . || 2° Un écumeur de mer, un corsaire ou pi-rate. || Absolument. Les méchants -voient le soleilcomme les bons, et les mers ne font point meilleurmine à la barque dun marchand quà la frégate dunécumeur, malii. le Traité des bienf. de Sénèque ,iv, 25. || Fig. Se dit aussi des corsaires littéraires,des plagiaires.

hist. xv* s. Et nattendoient ces dessus ditsescumeurs de mer autre chose que les nouvelles leurvinssent que la guerre fut ouverte [gens de mer detoutes nations gagés par Philippe contre les An­ glais ], froiss. i, i, 78. Et avoient en leur arméevaisseaux quon dit balleniers, quescumeurs de merpar coutume ont volontiers, id. h, ni, 112 . ||xvi*s.Les pirates et escumeurs de mer, amyot, Lucull. e.

ÊTYM . Écumer.

ÉCUMEUX, EUSE (é-ku-meû, meû-z), adj. Ouiest couvert décume, qui jette beaucoup décume.Une bouche écumeuse. Votre ennemi superbe, encet instant fameux. Du Rhin près de Tholusfend lesflots écumeux, boil. Épi t. iv.

ETYM . Écume.

ÉCUMOIRE (é-ku-moi-r),s.f. || i Ustensile decuisine en forme de cuiller ronde, mince, et percéede beaucoup de trous, servant à écumer la marmite.|| Il a la figure comme une écumoire, il est extrê-mement marqué de petite vérole. || 2" Terme demarine. Plaque de métal percée de trous pour éga-liser et polir le fil de caret lorsquil a été filé.|| 3° Terme de fondeur. Sorte de cuiller pour ôterla crasse des métaux fondus.

REM. On a dit écumoir au masculin : Les écu-moirs servant à confitures et dont les manches sontde virolle, seront marqués et contremarqués aucorps; le manche sera marqué du poinçon du maî-tre, Règlement. 30 déc. 1679.

_ETYM . Écumer; wallon , houmerèse.

f ÉCURAGE (é-ku-ra-j), s. m. Action décurer,de nettoyer; résultat de cette action. || Terme demétallurgie. Nettoyage de la tôle destinée à la fa-brication du fer-blanc.

ÊTYM . Écurer.

ÉCURÉ, ÉE (é-ku-, rée), part, passé. Un puitsécuré. Il faut que le linge soit blanc, la vaissellebien écurée, les salles lon mange balayées régu-lièrement tous les jours après le repas, rollin,Traité des Ét. liv. vi, 2 * part. ch. i, art. i.

fÉCUREAU (é-ku-), s. m. Ouvrier qui écuréles cardes, les chardons dans une manufacture dedraps.

ETYM . Écurer.

f ÉCURÉE (é-ku-rée), s. f. Garniture dune ser-

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rure de sûreté, brasée et mise sur le tour pour êtredressée.

f ÉCUREMENT (é-ku-re-man), s. m. Terme rural.Raie qui, traversant un champ ensemencé, facilitelécoulement des eaux.

ETYM . Écurer.

ÉCURER (é-ku-) , t). a. Débarrasser de toute or-dure. Écurer un puits. Il roule les yeux en man-geant; la table est pour lui un râtelier; il écure sesdents et il continue à manger, la bruy. xi. Maisest-il bien possible que ma soeur soit en Turquie ?disait-il. Rien nest si possible, reprit Cacambo,puisquelle écure la vaisselle chez un prince deTransylvanie , volt. Candide, 27. || Enlever la bourredont les chardons se sont remplis en parant lesdraps. || Proverbe. Il faut aller à Pâques écurer sonchaudron, cest-à-dire nettoyer sa conscience, allerà confesse.

SYN. écurer, curer. Cesdeux mots ne diffèrentque par le préfixe é, es; à la vérité, on a dit queécurer cétait nettoyer avec du sralon, du charbonou autre chose semblable; mais comme lAcadémiedit écurer un puits et la Bruyère écurer ses dents,cette distinction ne peut subs'ster; la seule nuanceserait que écurer signifierait curer complètement.

HIST. xm* s. Kamouii netie et escure Le cuerkele a bien saisi, Poésies mss. du Vatican , danslacurne. Devant la mie nuit li tems un peu ses-cure, Berte, xlii. Les simples gens asseilrées, Detoutes cures escurée», Fors de mener jolivetés Parloiaus amiabletés, la Rose, 8480. || xiv's. Que au-cuns ne puisse ou doie soubz icelle peine escureraufoulon aucun drap à sain [graisse], du cange, es-curare. || xv* s. Dont je puis bien conclure sanspechier, Par les signes que leuvangile escure. Quele monde veut sa fin adressier, eust. descii. Poé-sies mss. dans lacurne.

ÊTYM. , Wallon , hurer; Berry, le temps sé-cure, séclaircit; prov. et espagn. escurar; lombardsgurà; du latin ex-curare, ex et curare, soigner(voy. curer), daprès Diez qui écarte létymologiegermanique : suédois , skura; holland. schurcn;allem. scheuen i,-angl. toscour, nettoyer, mots quilregarde comme étant dorigine romane. Le celtiquea aussi le mot : gaël. sgur; irl. sguraim, nettoyer;mais il est probable que aussi lorigine est ro-mane. Lancien français avait en outre ladjectifescuré, sans souci, qui vient du latin ex, sans, etcura, souci.

t ÉCURETTE (é-ku--t), s. f. Sorte de grattoirde luthier. || Instrument pour nettoyer les chardons.

HIST. xm s. Rasoers, forces [ciseaux] et gui-gnoeres, escuretes [cure-oreilles] et furgoeres,Fabliaux mss. de Saint-Germain, dans lacurne.

ÉTYM . ÉCURER.

ÉCUREUIL (é-ku-reull, li mouillées, et non é-ku-reuye), s. m. || 1° Petit quadrupède de la familledes rongeurs, vivant sur les arbres. Lécureuil estun joli petit animal qui nest quà demi sauvageet qui, par sa gentillesse, par sa docilité, parlinnocence de ses mœurs, mériterait dêtre épar-gné, buffon, écureuil. || Figurément. Cest un écu-reuil, il est vif comme écureuil, se dit dun jeunehomme vif et qui tient à peine en place. Je suisflexible comme une aiguille et vif comme un lézard,et travaillant toujours comme un écureuil, volt.IM. d'Argentai, 22 oct.1769. || 2Écureuil jappant,nom vulgaire du cynomys social (rongeurs). || Écu-reuil volant, nom vulgaire collectif des genres pte-romys et sciuroptère (rongeurs). Lécureuil volant,qui a de grands rapports avec lécureuil commun,so rapproche beaucoup moins de loiseau par lactionde voler que la chauve-souris, bonnet, Contempl.nat. 3* part. ch. 28 . || 3° Nom de plusieurs poissonset dun papillon de nuit.

HIST. xiu* s. Atant es-vos Rosselvenu, Les-curel au peliçon rox, Ren. 23333. Vair, escuriaus,lievres, counins, chevrel.... doivent, lesxxv pians,obole de tonlieu, Liv. des mét. 324. Me garanlist etcors et teste, Forré dagniaus, cist miens buriaus,Comme pers forré descuriaus, la Rose, eus. Soyéses euvres natureus Plus vistesque unsescureus, ib.19892. || xvi* s. je voi lescurieu, qui, faisantdu sage, Sans contempler le ciel, le temps futurprésagé, dubaptas, dans ménage.

ÊTYM . Berry, écurieux; wallon , spirou; Ar­ dennes , skiron, écuran; provenç. escurol; espagn.et portug. esquilo; ital. scojattolo; bas-lat. squirio-lus, scuriolus; du latin sciurus, du grec oxioopoç,de mttà, ombre, et oùpà, queue ; lanimal qui sefait de lombre avec sa queue. Le wallon spirou ason correspondant dans le bas-lat. esperiolus; cequi montre que le sc latin peut se changer en sp.