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f ÉMOUSSOIR (é-mou-soir), s. m. Terme rural.Instrument pour émousser les arbres.
— êtym. Émousser a.
ÉMOUSTILLÉ, ÉE (é-mou-sti-llé, liée, Il mouil-lées, et non é-mou-sti-yé, yée), port, passé. Ëmous-tillé par un petit coup de champagne.
ÉMOUSTILLER (é-mou-sti-llé, II mouillées, etnon é-mou-sti-yé), v. a. Exciter à la gaieté, à labonne humeur. Cela vousémoustille. Sa mère ne laquittait pas d’un pas; en lui faisant apprendre àchanter, en lui donnant un jeune maître, elle fai-sait de son mieux pour l’émoustiller, mais cela neréussit pas, j. j. rouss. Confess. v. || Absolument. I.echampagne émoustille. || S’émoustiller, v. réfl. Sortirde sa torpeur.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et moustille, quise dit du pétillement du vin (voy. moustille). Le-roux, Dict. comique, dit qu’il signifie écarter lesmouches; de sorte qu’il le regarderait comme unecorruption de esmouchiller; mais rien n’appuie nice sens ni cette étymologie. Émousliller n’est nidans les anciennes éditions de l’Académie, ni dansFuretière , ni dans Rlchelet.
f ÉMOUVANT, ANTE (é-mou-van, van-t’), adj.Oui émeut, qui cause de l’émotion. Scène émouvante.
■f ÉMOUVEMENT (é-mou-ve-man), s. m. Actiond’émouvoir; résultat de cette action.
— HIST. xiv* s. Ilz sont meuz de passion, de cha-leur et esmouvement de folle hardiesse, oresmb,Elh. 82 . Comme un esmouvement fait la boe puirhorriblement, id. ib. 35. || xv* s. Et tout par l’emou-vement et enortement faux de ce Hue le despen-sier, froiss. i, i, 7.
— ÉTYM . Émouvoir; provenç. esmovemen.
ÉMOUVOIR (é-mou-voir), j’émeus, tu émeus, ilémeut, nous émouvons, vous émouvez, ils émeu-vent; j’émouvais; j’émus; j’émouvrai; j’émouvrais;émeus, qu’il émeuve, émouvons, émouvez, qu’ilsémeuvent; que j’émeuve, que nous émouvions, quevous émouviez, qu’ils émeuvent ; que j’émusse;émouvant; ému, v. a. || 1* Mettre en mouvement.Six chevaux attelés à ce fardeau pesant Ont peineà l’émouvoir sur le pavé glissant, boil. Sat. vi.|| 2° Agiter, troubler. Cette drogue émeut les hu-meurs. Cela lui émut un peu le pouls. Ayant émules flots, apaisez la tempête, tristan, Panthée,m, t. Il ne faut rien pour vous émouvoir en l’étatoù vous êtes, mol. liai. imag. h, 3. || Fig. Émou-voir la bile, exciter la colère. Et je vais lui dicterune lettre d’un style Oui de madame Argante émou-vra bien la bile, regnard, Légat, n, 6. || 3" Fairenaître, susciter. Souffrez qu’on vous appelle Pourêtre entre nous deux juge d’une querelle, D’undébat qu’ont ému nos divers sentiments Sur ce quipeut marquer les plus parfaits amants, mol. Fdch.», 4. Si je ne vous vois arriver, je croirai que celavient de la guerre que cette préférence aura émueentre eux, sév. 92. On émeut des troubles contreeux, boss. Avert. 6. S'était-on avisé d’émouvoir unequestion si frivole?iD. Yar. 16. Ces jours passés, chezun vieil histrion, Un chroniqueur émut la question,Quand dans Paris commença la méthode De cessifflets qui sont tant à la mode, rac. l'Origine des sif-flets (Épigr. contre Fontenellc). On a ému la ques-tion si.... volt. Dict. philos. îv, 487. || 4° Pousser ausoulèvement, à la sédition. M. de Beaufort ne sa-vait pas que qui assemble le peuple l’émeut tou-jours, retz, iv, 169. [Ils] courent parmi la villeÉmouvoir le soldat et le peuple imbécile, corn.Sert, v, 3. Il lui faut me bannir, de crainte ç(\ie mescris Du peuple et de la cour n’émeuvent les esprits,id. Perthar. v, 3. Antoine émut le peuple contreceux qui l’avaient tué [César], boss. Ilist. ni, 7.La guerre émut l'Asie et l’Égypte alarmée; F.t laterreur s’accrut comme ta renommée, lemerc.Louis IX , m, 3. || Exciter des troubles, des sédi-tions. Si tu n’étais qu’un lâche, on aurait quelqueespoir Qu’enfin tu pourrais vivre et ne rien émou-voir, corn. Perthar. v, 6. || 6“ Fig. Produire surl’âme un mouvement comparé au mouvement phy-sique. Mais mon déplaisir ne vous peut émouvoir,corn. Poly. i, 2 . 11 émut le sénat pour des rois ou-tragés, id. Pomp. ni, 2 . Je ne saurais voir d’hon-nêtes pères chagrinés par leurs enfants que cela
ne m’émeuve, mol. Fourber. il, 8.Le coeur
qu’un vrai mérite émeut, th. corn. Ariane, iv, 2.Ces yeux que n ont émus ni soupirs, ni terreur,rac. Prit, v, I. Quand mes larmes en vain tâchaientdo l’émouvoir, ID. îîajaz. iii, a. Mais, si mes vœuxardents vous peuvent émouvoir, id. Phèd. m, 6.|| Émouvoir à, porter à un sentiment. On prendplaisir à se sentir émouvoir à toutes sortes depassions, desc. Pass. 91 Pour vous énfouvoir â
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compassion, perrot, Tac. 93. Si rien à la pitiéne peut vous émouvoir, crébillon, dans desfon-taines. || Absolument. On n’émeut point sans êtreému; et le langage de l’enthousiasme a cela decommun avec toutes les passions, qu’il est ridiculelorsqu’il n’est qu’imité, turgot, Ébauche du 2"dise. Progrès de l’esprit humain, p. 306. || Il se ditaussi des sentiments qu’on met en mouvement.Mon père tout caduc émouvant ma pitié, corn, tié-die, i, 1. Mon crime redoublé n’émeut point ta co-lère, id. Hor. iv, 7. Je pourrai de mon père émou-voir la tendresse, rac. Phèd. m, 6. Je ne cherchequ’à émouvoir sa sensibilité, et je ne veux pointexciter sa crainte, m"* de genlis, Adèle et Théod.t. i, lett. 26, dans pougens. || 6“ S’émouvoir, t>. réfl.Éprouver une émotion. Â ces souvenirs de son en-fance il s’émut. L’un s’émeut de pitié, l’autre estsaisi d’horreur, corn. Ilor. m, 2. L’orateur re-courut X ces figures violentes Qui savent exciterles âmes les plus lentes; Il fit parler les morts,tonna, dit ce qu’il put; Le vent emporta tout, per-sonne ne s’émut, la font. Fabl . vin, 4. Tantôt àson aspect je l’ai vu s’émouvoir, rac. Athal. v, 2 .Votre cœur malgré vous s’émeut et s’adoucit, volt.Ali. i, 1.1| Par extension. La terre s’en émeut, l’airen est infecté, rac. Phèd. v, 6. || 7° S’emporter,s’irriter. Le jeune homme s’émeut voyant peintun lion : Ah! monstreI cria-t-il, c’est toi qui mefais vivre Dans l’ombre et dans les fers, la font.Fabl.vm, 16. Rebuté, il s’émeut contre eux, boss.Ilist. il, 4. Sans doute à cet aspect sa rage s’estémue, rac. Andr. v, 6. || 8° S’inquiéter. Cléo pâtre s’enferme en son appartement, Et, sans s’enémouvoir, attend son compliment, corn. M. dePomp.ui, l. Viriate , il est vrai, pourra s’en émou-voir, id. Sertor. i, 2 . Le lendemain, il apprit qu’ondisputait à Delzons la possession de Malo-larosla-vetz; il ne s’en émut guère, soit confiance, soitincertitude dans ses projets, ségur, Ilist. de Nap.ix, 2 . || 9° S’agiter, s’insurger. X ce spectacle, lepeuple s’émut : les statues de l’empereur furent ren-versées en divers endroits, boss. Ilist. I, il. Toutl’empire s’émeut contre l’Église naissante, id. ib.n, 7. On vit les Gaules , les Espagnes, tous les royau-mes dont l’empire était composé, s’émouvoir toutà coup, id. ib. n, 9. || 10° S’élever, être suscité.Entre deux bourgeois d’une ville, S’émut jadis undifférend, la font. Fabl . vm , 19. || Imperson-nellement. Son voisin devint amoureux de sa femmeet l’enleva; il s’émut une grande querelle , von-tesq. Lett. pers. 11. || 11" On dit que la graine desvers à soie s’émeut quand elle commence à blanchir.|| Proverbe. Il ne faut pas émouvoir les frelons, c’est-à-dire il ne faut point aller irriter des gens irritables.
— HIST. xi" s. Li amirals qui trestouz les «mut[mit en mouvementj, Ch. de Fol. cxcvii. || xn* s.[Cil] Qui plus ont esmeü la tanson [querelle] etl’envie, Sax. xx. Cume ço vit la mere que l’uml’enfant dut detrenchier, tut le quer [cœur] li fudesmeüd, Pois, p. 237. || xiii’s. La comtesse Marie....si acoucha d’une fille, et après, quant cle fu rele-vée, si s’esmut [se mit en marche] et ala outre-meraprès son seigneur, villeii. cxxx. Et par ce quecis pardons fu si grans, s’esmurent moult li cuerdes gens, si que maint s’en croisierent par lemonde, id. i. Quant la roine vit que li rois s’esmo-voit, si l’en pesa, Chr. de Pains , 192. Raison nes’esmovra jamais X chose qui contre vous aille,la Pose, 10388. Ne m’esmovez pas à ire, Psautier,f* 116 . X Tesmouvoir l’ost le roy, r’ot [il y eut denouveau] grant noise [bruit] de trompes et de corssarrazinois, Joinville, 227. Garde toy de esmouvoirguerre, sanz grant conseil, contre home crestien,id. 30t. || xiv* s. Et la ville s’esmuit; cascuns keurt[court] tangrement, Pour assalir le [la] tour, queBauduin deffent, Beaud.deSeb. vii, 783. Frere, ditGloriant, par Dieu vous dites voir; Pensons de noushaster et de nous esmouvoir; Car, s’il se ravisoit,trop nous porroit doloir, ib. ix, 800 . || xv* s. Etvoyoient tout le pays tourner avec la roine et sonains-né fils, et dresser et émouvoir contre eux,froiss. 1, 1, 20. L’un ravist tout, l’autre pert sondemaine; Peuples s’esmuet, l’eglise est subournée;Noblece fault, tant est mal ordonnée, eust. descii.Souffr. du peuple. Guerre s’esmeut entre eulx pourleur auctorité, qui a duré par longues années,comm. 1 , 7. [Louis XI avait recommandé que quandon le verrait en danger de mort] on ne luy distfors tant seullement : parlez peu, et que on l’es-meut seullement à soy confesser sans luy prononcerce cruel mot de mort, m. vi, 12 . Elle alloit et venoit,maintenant ci, maintenant là, tant emue qu’il sem-bloit qu’elle fusl ravie de son sens, lolus xi, ,Yo tir.
c. [| xvi* s. Charger la parole de Dieu des séditionsqu’esmeuvent à l’encontre d’icelle les fols et escer-velez — On accusoit les apostres comme s’ils eus-sent esmeu le populaire à tumulte — Ce ne sommespas nous qui esmouvons les troubles, caly. Instit.dédie. Il estoit esmeu comme la fueille de l’arbre,id. 16 . 434 . Esmouvoir à commisération et à pitié— Un trouble s’estant esmeu pendant ce parlement.mont. 1 , 25. Préparé d’une belle oraison pour l’es-mouvoir à la guerre contre.... id. i, 189. Socrates|va tousjours demandant et esmouvant la dispute,jamais l’arrestant, id. ii, 239. Et s’estant esmeud’adventure quelque débat et different entre lespasteurs, amyot, Pom. 7. Amulius, esmeu de cesraisons, luy livra entre ses mains Remus pouren faire punition, id. ib. 8. Il ne s’esmeut pointautrement de cette nouvelle , id. Public. 27. 11 selevoit un grand vent du costé de la mer, quiemouvoit de grosses vagues dedans le canal, id.Thém. 28. Les fondements des plus hautes mon-tagnes Tous esbranlés s’esmurent grandement, ma-rot, IV, 263.
— ÉTYM . Berry, émouver; provenç. esmover, es-movre; du latin emovere, de e, et movere, mouvoir(voy. mouvoir).
EMPAILLAGE (an-pa-lla-j’, II mouillées, et nonan-pa-ya-j'), s. m. L’art ou l’action d’empailler deschaises, une paillasse, des animaux. || Terme demarine. Sorte d’exhaussement ou d’abri, dans cer-tains bateaux.
EMPAILLÉ, ÉE (an-pa-llée, liée, U mouillées, etnonan-pa-yé, yée), part, passé. || 1 ° Rembourré depaille. Un oiseau empaillé. On voyait des têtes pro-prement empaillées qu’on allait porter à la Sublime-Porte, volt. Cand. 30. || 2° Défendu par de la paille.Un figuier empaillé pour l'hiver.
f EMPAILIÆMENT (an-pa-lle-man, Il mouillées,et non an-pa-ye-man), s.m. || 1“ Action d’empaillerles chaises. || 2* Action d’empailler les animauxmorts. || 3" Action d’entourer de paille une plantepour la garantir du froid. || 4° Terme rural. Ensem-ble des pailles qui proviennent des récoltes de cé-réales. || Action de mettre dans du fumier de lapaille, des feuilles, des herbes.
EMPAILLER (an-pa-llé, Il mouillées, et non an-pa-yé), ». o. || 1" Garnir de paille. Empailler deschaises. Empailler des ballots. || 2° Empailler desanimaux, garnir leur peau de manière à conserverles formes qu’ils avaient dans l’état de vie. || 3* Termede jardinage. Entourer de paille des arbres pour lesprotéger contre les rayons solaires, contre le froid,les atteintes des animaux ou des instruments. || En-velopper des légumes pour les étioler et les faire blan-chir. || Empailler des cloches de verre, mettre dela paille entre des cloches pour les transporter sanscourir le risque de les casser.
EMPAILLEUR, EUSE (an-pa-lleur, Jleù-z’, Ilmouillées, et non an-pa-yeur, yeû-z'), s. m. et f.Celui, celle qui empaille des chaises, des oi-seaux, etc.
f F.MPALANGE (an-pa-lan-j’), s. m. Buffle d’A frique .
EMPALÉ, ÉE (an-pa-lée, lée), part, passé. L’as-sassin de Kléber empalé suivant la justice turque.
1 . EMPALEMENT (an-pa-le-man), s. m. Actiond’empaler; supplice du pal.
f 2 . EMPALEMENT (an-pa-le-man), s. m. Petitevanne de moulin. || Se dit aussi des vannages d’uneusine.
EMPALER (an-pa-lé), ». o. Faire subir le sup-plice du pal. De la sorte que vous en parlez, jecroisaussi que vous auriez été bien aise que j’eusse étéempalé une demi-heure pour savoir comment cela sefait, et comment l’on s’en trouve, voit. Lett. 60 . Ily a quelques années que l’on condamna, dans laTartarie, deux jeunes gens à être empalés, pouravoir regardé, leur bonnet sur la tête, passer uneprocession de lamas, volt. 17/. aux. 40 écus,proportions. Il fit empaler un boulanger qu’il avaitsurpris en fraude, montesq. Esp. xxvi, 24. || Parextension. J’aurais donc pour ressource des escar-gots, des vers, des mouches, et je passerais mavie à me mettre hors d’haleine pour courir aprèsdes papillons, à empaler de pauvres insectes....J . J. rouss. Promen. 7. || S’empaler, ». réfl. Se ditquelquefois d ’1111 accident où un homme, tombant dehaut sur quelque objet pointu, se fait une blessure