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physique. || Proverbe. Le plus fort l’emporte, c’est-à-dire le plus puissant a toujours l’avantage.
— rem. « On emporte une place, dit Voltaire ,on remporte un avantage, on a un succès, onn’emporte point un succès; c’est un barbarisme. »Il n’y a point de barbarisme; les meilleurs auteursau xvi* et au xvn* siècle ont parlé ainsi; et il n’y aaucune raison pour ne pas parler comme eux.
— SYN. EMPORTER LF. PRIX, REMPORTER LE PRIX . Laparticule réduplicative re a tellement perdu ici sonsens propre, que l’usage seul a établi quelque dif-férence, non dans le sens, mais dans l’emploi. Ondit remporter un prix quand il s’agit des distribu-tions de prix, des concours ; en ce cas, emporterne s’emploie pas. Mais, quand il ne s’agit pas deces distributions, et surtout dans le style élevé,emporter est de mise. Emporter se prend surtoutdans le sens superlatif, c’est-à-dire avec l’article lequi donne à prix le sens général : il emporte leprix. Mais, s’il s’agit de prix particuliers, on dira :d remporte un prix, des prix.
— HIST. xi* s. Se truis [si je trouve] Eolant, [il]n’enportera la teste [ne s’en ira avec la tête sur sesépaules]. Ch. de Roi. lxxiii. || xn* s. De Saragoceles clés [clefs] enporterez, floue, p. si. Et je meïsmen’enporlerai la vie [ne reviendrai vivant], ib. p. 83.Si m’emporta en soin [au sommet d’] un pui moûtSrant, ib. p. 164. il peut sa crois garder et estoier[ficher], Qu’encor l’a-il tele qu’il l’emporta [à la
croisade], hues d’oisi, Romane, p. H 04. || xin* s.lant que la vraie histoire [j’] emportai avec mi,Berte, i. si comenda que ses cuers fust enfouis àEoem, et ses cors fust emportés àLondres et enfouise P la mere eglise, Chr. de Rains, 80. Et aucunefois ele [une société commerciale ] se fet en telemaniéré que li un emporte part au gaaing s’il yest ! et se perte torne, il n’emporte point de perte,se-aum. xxi, 33. Combien que il y ait de mariageset filles de cascun [chaque] mariage, et du dee-fain mariage fust uns hoirs malles [mâle], si em-Porteroit il l’ainsneece contre se [sa] sereur, id.
24. Comment que uns autres enport les fruisd un fief duquel je sui hoirs, je sui tenus à obéir,■o. xii, 12. || xv* s. Et laira-t-on les Anglois con-v onir et les Portingalois aller et venir parmi lePays de Castille; ils n’emporteront pas le pays,quand ils s’en iront, avecques eux, froiss. ix, iii,61 • Le quel Charolois rendit responce, en disantque diable peust emporter ceulxqui faisoient tel, etqu’ils faisoient plus que on ne leur commandoit,3 ehan np. troves, Citron. <485. S’il en a fait occi-S1 °n, Autant en emporte le vent; Gens pleins de dis-solution, On les doit corriger souvent, Recueil defarces, p. 38i. || xvi* s. Amy Gavan, on t’a fait8 rapport Depuis un peu que j’estois trespassé :Je prie à Dieu que le deable m’emport S’il en estDen, ne si j’y ai pensé, marot, iii, so. Les motsde Moyse n’emportent sinon qu’il a imposé nom» l’autel, calv. Instil. 78. L’un et l’auitre de cesdeux moyens m’emporteroit aysement, mont, i, 4*.Il se laisse emporter à ce dernier accident, id. I, 6.Ainsin emporte les bestes leur rage à s’attaquer“•■•■id. i, 25. S’ils emportent la victoire sureulx, id.'• 24 L Si tu ne portes la douleur, elle t’emportera,id. i, 304. Je n’estime point qu’en suffisance et engrâce â cheval nulle nation nous emporte, in. i,8S - Capoue feut emportée le lendemain, id. ii, 37.Gn chien luy emporta le gras de la jambe, id. iii,(| 2. On disait à Socrates que quelqu’un ne s’estoit*. cunement amendé en son voyage : Je crois bien,dtct-il; il s’estoit emporté avecques soy, id. i, 38.^porter le prix, amyot, Thés . 22 . Le sort laIHélène]-donna àï'heseus, qui l’emporta en la ville? e A Phidnes, id. ib. 39. Leur risée emportait tous-lours, quand et elle, un doulx admonestement, id.,jc. 63. il y eut grande contention et grande con-Jrariété d’opinions, toutefois à la fin la plus doulce* emporta, jd. Cam. 73 . La peste, oultrç une multi-lude innumerable de peuple, emporta encore plu-sieurs magistrats, id. Cam. 74 . Demosthenes ,'ayant souspesée, s’esmerveilla du poids qui estaitBiand, et demanda combien de poids elle empor-8 't ; et Harpalus en se riant lui respondit : Elleemportera vingt talents; et sitost que la nuict futJ’enue, luy envoya lacouppeavec les vingt talents,D- Dêmoslh. 38. Ceux à qui un gros boulet auraamportè un membre, paré, ix. 10 . Philippe, pourgrandeur deses mérites, emporta, par la voix des°ctes, le surnom d’Auguste , pasquier, Rech. m, 20 .~ Ltym. En 2 , et porter; bourguig. empôtai;P Yenç. emportât. Emporter, c’est porter de là :la t. mde portare.
' "t EMPOTAGE fan-po-ta-j’),
dict.
m. Action d’em-de la langue française.
poter. || Terme de cuisine. Bouillon dont on se sertpour mouiller les potages.
EMPOTÉ, ÉE (an-po-té, tée), part, passé. Desgéraniums empotés. Des confitures empotées.
EMPOTER (an-po-té), t>. a. Mettre en pot desplantes. || Mettre en pot des confitures, des conserves.
f EMPOUDRER (an-pou-dré), v. a. Couvrir depoudre, de poussière.
— HIST. xiii* s. Ou se sa robe trop s’empoudre,Soulevez-la lui de la poudre, la Rose, 7285 . || xv* s.Et estoient leurs chevaux tout chargés et empou-drés, et aussi eux-mesmes, froiss. ii, ni, 83.
fEMPOUILLÉ,ÉE(an-pou-llé, liée, «mouillées),
adj. Garni d’empouilles. Il est défendu aux labou-reurs do laisser vaguer leurs chevaux et bestiauxdans les terres empouillées, Arrêt du parlement,14 août 1787.
f EMPOUILLES (an-pou-11’, Il mouillées), s. f.plur. Terme de droit coutumier. Les fruits de la terreencore sur pied, par opposition à dépouille, qui si-gnifiait ces mêmes fruits, coupés ou moissonnés. Dé-fenses sont faites à toutes personnes de laisser allerleurs poules ou poulets et autres volailles dans lesempouilles, prés, sainfoins, luzernes, qui avoisinentles maisons, Arrêt du parlement, 14 août 1787.
— ÉTYM . Mot fait avec en i sur le modèle de dé-pouille, et, commo si dépouille était formé de lapréposition de, et de pouille.
f EMPOUPER (an-pou-pé), v. a. Terme de marine.Prendre un vaisseau en poupe, en parlant du vent.
— HIST. xvi* s. Lors un bon vent vint empoupperla flotte, du bellay, iv, 38, verso. Je prie à Dieu que vous puissiez empoupper vostre navire d’unvent heureux, pasquier, Lettres , t. ni, p. 699,dans
LACURNE.
— étym. En 1 , et poupe.
EMPOURPRÉ, ÉE (an-pour-pré, prée), part,passé. Teint de couleur de pourpre. Là s’élevaienttrois arbres.... à leurs racines rampaient quelquesbaies empourprées, chateaubr. Gaul, 28t. Et, versl’occident seul, une porte éclatante Laissait voir lalumière à flots d’or ondoyer; Et la nue empourpréeimitait une tente Qui voile sans l’éteindre un im-mense foyer, lamart. Uarm. u, 2. || Revêtu de lapourpre. Archevêques, abbés, empourprés cardi-naux, volt. Stances, 25.
EMPOURPRER (an-pour-pré), ». a. Colorer depourpre ou de rouge. Commençons par ce corpsd’albâtre dont mon fils a publié les merveilles etqu’il appelle le temple de la blancheur; prenez vosscions, filles de la nuit, et me l’empourprez si bienque cette blancheur ne trouve pas même un asileen son propre temple, la font. Psyché, u, p. 173.Bacchus lui-même aux vendanges Vient empourprerle raisin, FÉN.t. xxi.p. 291 . La flamme des vaisseaux
empourpre la voilure, v. Hugo, Crép. 1 .Le sang
empourprait d’un rouge plus ardent Sa crête dente-lée [du serpent], id. Orient. 26 . || S’empourprer, pren-dre la couleur de pourpre. L’horizon s’empourprait.
_HIST. xvi* s. J’empourpreroy mes plumes en
mon sang, Pour tesmoigner la peine que j’endure,RONS. 77.
f F.MPOUTREIUE (an-pou-tre-rie), s.f. Réunionde deux poutres qui soutiennent le plancher du bef-froi d’un moulin.
— étym. En i, et poutre.
EMPREINDRE (an-prin-dr’), j’empreins, nousempreignons, vous empreignez, ils empreignent;j’empreignais; j’empreignis; j’empreindrai; j’em-preindrais; empreins, empreignons ; que j’emprei-gne, que nous empreignions, que j’empreignisse;empreignant; empreint, v. a. || 1* Produire en re-lief ou en creux, par la pression sur une surface, unefigure, des traits, etc. Il empreignit son sceau dansla cire. || 2° Kig. Nous empreignons de notre êtrecomposé toutes les choses simples que nous con-templons, pasc. dans cousin. Dieu avait déjà em-preint au dedans de lui [le roi] les caractères de lamort, mass. Or. fun. Louis XIV . Il 3“ S’empreindre,v. réjl. Être marqué. Leurs pas s’étaient empreintssur le sable. Image fidèle des libres mouvements del’esprit humain, cette longue histoire que je vousraconte doit s’élever, s’abaisser, s’empreindre demille couleurs, ou riantes ou sévères, villem. Lit-tér. franç. 18 * siècle, 2 * part. 3* leçon.
— syn. empreindre, imprimer. Ces deux motssont étymologiquement identiques, puisque tousdeux reproduisent le verbe latin imprimere, l’un
sous l’ancienne forme française, l’autre sous laforme moderne. La différence que l’usage a misec’est que imprimer est d’un usage plus étendu. Ondit également empreindre ou imprimer un sceaudans de la cire, empreindre ou imprimer un carac-tère; mais on dit seulement imprimer une étoffe,imprimer un livre. De plus, au figuré, on se sertpresque exclusivement de imprimer.
— HIST. xiii* s. Dès ce que fui hors d’ignorance,Et que connui qu’estait honnours, Emprient a vodouce semblance, Dame, en mon cuer loial amour*,
A. dinaiix, Trouvères artésiens, p. 263. Cuer
qui l’amor Dieu maintient, Quant de ceste [amour]se s8/it emprient.... Fabliaux mss, n“ 7218, f* 126,dans lacurne. || xiv* s. Très dous pensers en li em-preint, machaut, p. 26. || xvi* s. Car vostre œilqui fait offense Au cœur où vous esta empreinte,X la langue fait defense De vous à vousfaireplaincte,st-gelais, 188. Les réglés de la raison que na-ture a empreintes en nous, mont, i, 64. La beautéde Stratonice trop vivement empreinte en son ame,id. 1 , 92. Un bandeau, sur lequel y avoit des cou-ronnes et des victoires empraintes et portraites debroderie, amyot, Timol. 12.
— ÉTYM . Provenç. enpremar; espagn. imprimir;ital. imprimere; du latin imprimere, de in, en, etpremere, presser. In-primere, avec l’accent sur pri,donne régulièrement en-preindre. Plus tard d’im-primere on a tiré directement imprimer.
EMPREINT, EINTE (an-prin, prin-t’), port, passéd’empreindre. Marqué par impression. Un pied em-preint sur le sable. Un conquérant, dans sa fortunealtière, Se fit un jeu des sceptres et des lois; Et de sespieds on peut voir la poussière Empreinte encor surje bandeau des rois, bérang. le Dieu des Bonnes gens.|| Fig. La même majesté sur son visage empreinte,corn. Pomp. 11 , 2 . De qui même le front déjà pâleet glacé, Porte empreint le trépas dont il est menacé,id. Œdipe, 1 , 1 . Ces sentiments d’erreur qui sontsi empreints en nous-mêmes, pasc. dans cousin. Lamarque infaillible d’inspiration divine qu’ils [les li-vres de l’Ancien Testament] portent empreinte dansle grand nombre et la suite des prédictions mémo-rables dont on les trouve remplis, boss. llisl. 11 , 13.Et couvrent de Dieu même, empreint sur leur vi-sage, De leurs honteux plaisirs l’affreux libertinage,boil. Sat. x. L’auguste majesté sur votre front em-preinte, rac. Esth. 11 , 7.
EMPREINTE (an-prin-t’), s. f. Il 1" Figure mar-quée par impression. Empreinte en creux, en re-lief. Je me tourmentais l’esprit pour deviner quipouvait avoir pris des empreintes ou des modèlesde mes clefs, lksage, Guzm. d’Alfar. 1 y, 3 . Dansle cabinet où travaillait cet infatigable écrivain [Le Nain de Tillemont ], on voyait l’empreinte de sesdeux pieds marquée sur les carreaux qui étaientsous son bureau, saint-foix, Est. Paris , Œuvres,t. m, p. 369, dans pougens. || Terme de géologie.Figures d’insectes, de plantes, etc. empreintes surune roche. || Terme d’anatomie. Nom donné aux iné-galités des os auxquelles s’attachent les fibres tendi-neuses et ligamenteuses. || 2“ Fig. La foi de ses aïeux,tan amour et ta crainte Dont il porte dans l’âme uneéternelle empreinte, malh. ii, 1. Ni l’air ni le ventne portent l’empreinte de Dieu , boss. Lett. Corn. 25 .Elle s’arrête, et d’une douleur feinte, X tous sestraits elle donne l’empreinte, mii.lev. Charlem. àPavie, ch. 1 . Maintenant je cherche dans l’écolehistorique anglaise l’empreinte do Montesquieu etde Voltaire , en cette liberté philosophique, cetteraison supérieure dont ils donnèrent l’exemple,villemain , 18 * siècle, 2 * partie, 3* leçon. Partoutdu doigt de Dieu reconnaissant l’empreinte Je courbemon orgueil sous sa majesté sainte, c. delav. Vêp.sicil . Scène supprimée. Voyageur fatigué qui revienssur nos plages Demander à tes champs leurs anti-ques ombrages, X ton cœur ses premiers amours;Que de jours ont passé sur ces chères empreintes !lamart. Harm. m, 4. || 3° Terme de peinture. Pre-mière couleur couchée uniformément sur la toileavant d’y dessiner le sujet du tableau. On dit aussiimpression.
— hist. xm* s. Quant autre conseil n’i puet mé-tré, Si taille empreinte de tel letre Qu’il lor donneformes veroies [vraies] En coinz de diverses mon-noies, la Rose, 16216. Et voit-on cler par ce seel[sceau] que l’empreinte du seel brisée est sembla-ble au seel entier, joinv. 201. || xiv* s. En telpays que tu puisses veoir l’emprunte du pied surl’herbe, Modus, ms. f* 7, dans lacurne. || xv* s.Empreinte en plomb où est le visage de Fran-çois de Carare en un costé, de laborde, Emaux ,
p. 280.
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