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Tome deuxième. D - H.
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1406
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1406 ENN

gâtèrent d'excellents esprits, p. l. cour. Hérodote ,préface. || 2° Sennoblir, r.ré/L Gagner de la noblesse,de la dignité, de lhonneur. Et dans les plus basrangs les noms les plus abjects Ont voulu sennoblirpar de si hauts projets, corn. Cinna , iv, 4. Et letréne et le roi se seraient ennoblis  soutenir lamain qui les a rétablis, id. lomp. lit, 2.

rem. Dans le xyii* siècle, on ne distinguaitpas ennoblir danoblir : Maison le ventre ennoblit,mol. G. Dand. i, 4; Le roi layant épousée, il laennoblie par cette alliance, boss. Serm. Sept; Maisici jai de plus un grade que jai pris Avec feu monmari , doyen de ce bailliage; Cest ainsi que jevins mennoblir au village; lionne noblesse au fond,dufresny, ta Coquette de rülage, i, t ; On distin-gue ordinairement trois degrés de noblesse : len-nobli, qui acquiert la noblesse; le noble, qui naît delennobli; lécuyer ou le gentilhomme, qui est au3 * degré, le père mênestpier. Aujourdhui unedistinction sest établie entre ces deux mots quil nefaut plus confondre : ennoblir cest donner de la no-blesse, du lustre; anoblir, cest donner la noblesse,rendre noble. On comprend dailleurs que ennobliret anoblir sont deux orthographes et deux pronon-ciations différentes du même mot.

HtST. xvi* s. Nous renonceons aux aultres ani-maulx les biens naturels, pour nous honorer etennoblir des biens acquis, mont. ii, t67. Commentmettrois-je Ulisses en oubly, Oui de vertu divine estennobly? amyot, Com. discerner le flatl. de l'ami, 20 .

f.TYM. En t, et noble.

ENNUI (an-nui, an prononcé comme dans anté-rieur) , s. m. || 1° Tourment de lâme causé par la mortde personnes aimées, par leur absence, par la pertedespérances, par des malheurs quelconques. Leroi même arrivant partage leur ennui, corn. Qfs-dipe, n, 3. Si malgré ces raisons votre ennui per-sévère, Mon cher Lélie, au moins faites quil semodère, mol. lÉtour. n, 4 . Adieu; je sens moncœur qui se gonfle dennui, in. ib. Cest de tous lesennuis lennui le plus sensible, tu. corn. Ariane,ni, 2 . Et ce sera de quoi mieux combler sonennui, id. ib. iv, 3. Ce nest quavec le tempsquun grand ennui se passe, quinaült, Mère coq.Ii, 6. Un fou rempli derreurs, que le trouble

accompagne. En vain monte à cheval pour

tromper son ennui; Le chagrin monte en croupe etgalope avec lui, boil. Éplt. v. Sa mort avancerala fin de mes ennuis, rac. Andr. i, 4. Pour combledennui, Mon cœur, mon lâche coeur sintéressepour lui, in. ib. v, t. Pour accabler César dunéternel ennui, id. Prit, v, 8. Rien ne peut-il char-mer lennui qui vous dévore? id. Bérén. H, 4. Sidune mère en pleurs vous plaignez les ennuis, in.Iphig. iv, 4 . Ah I que dis-tu? pourquoi rappelermes ennuis? volt. Zaïre, i, t. Mais des ennuisdHamlet que faut-il que je pense? Qui peut de sestransports aigrir la violence? ducis , Ilamlet, n, 3.La vie est-elle toute aux ennuis condamnée? Lhi-ver ne glace point tous les mois de lannée, a. Ché-nier, Élég. 27. || Contrariété . Cette affaire lui adonné beaucoup dennui. Être accablé dennuis.|| 2° Sorte de vide qui se fait sentir à lâme privéedaction ou dintérêt aux choses. Donner, causer,avoir, éprouver de lennui. Un ennui mortel. Charmerles ennuis de labsence. Quand on se verrait mêmeassez à labri de toutes parts [des misères], lennui,de son autorité privée, ne laisserait pas de sortir ducœur il a des racines naturelles, et de remplirlesprit de son venin, pasc. Pensées, t. i, p. 266 ,édit. Lahure. Dans lOrient désert quel devint monennui! rac. Bérén. i, 4. Lennui est entré dansle monde par la paresse, la bruy. xi. Pour la déli-catesse et laffectation dennui, il faut la réprimeren montrant que le bon goût consiste à saccom-moder des choses selon quelles sont utiles, fén.Êduc. filles, to. Le plaisir nous fait oublier quenous existons, lennui nous le fait sentir, saint-foix,Ess. Paris , Couvres, t. iv, p. 246, dans pougens.I.ennui, ce triste tyran de toutes les âmes qui pen-sent, contre lequel la sagesse peut moins que lafolie, buff. Nature des anim. Je ne sais si ma têteest jeune, mais mon corps est bien vieux; si je nemamusais pas à faire des testaments, je seraisbientôt mort dennui, volt. Lett. d'Argental, <2mars 1769. Il part, vole, arrive, lennui Le reçoità la grille et se traîne avec lui, df.lille, Ilom. deschamps, I. Rosine : Lennui me tue. Figaro :Je le crois; il nengraisse que les sots, Beaumar-chais , Barb. de Sév. I, 2. Cétait un rassemble-ment de commérages, une collection dennuis toutà la fois divers et monotones, m* de stael, Co-rinne, xiv, l. Vive Homère 1 que Dieu nous garde

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Et des Fingals et des Oscars, Et du sublime ennuidun barde Qui chante au milieu des brouillards !lf.brun , Stances sur Ossian . Sur untrônelennui secarre, Fier dètre encensé par des sots, bérang.Prince de Navarre. || Dégoût de tout. Tomber dansun ennui profond. Lennui de la vie. || Mélancolievague. Lennui de Réné [le héros dun roman de Cha-teaubriand]. Du romantisme jeune appui, Descendsde tes nuages; Tes torrents, tes orages Ceignentton front dun pâle ennui, bérang. Troubadours.Lorsque le grand liyron allait quitter Ravenne Etchercher sur les mers quelque plage lointainefinir en héros son immortel ennui, a. de musset,Poésies nouv. Lett. à Lamartine .

REM. Dans le style relevé, ennui est un motdune grande force et qui sapplique à toutes sortesde souffrances de lâme : les ennuis du trône; desennuis cuisants. Dans le langage ordinaire, il perdbeaucoup de sa force et se borne à désigner ce quifait paraître le temps long.

HIST. xii* s. Sumeilla la meie aneme [âme]pur ennui, LAber psalm. p. t84. Amors ma fait ou-blier Lennui qui long tens ma mort, Couci, iv. Seli ennuis de lagent malparliere Ne me feïst douloir,ib. xxviii. Mais de chevage prendre est moult grantli anois; X tort et â pechié somes clamé François,Sax. xviii. Li prelaz dKurewie, cil de Londres ,ço qui [je pense], Conseil lui unt duné privéementandui [tous deux], Que, veant si grant gent, ne lifesist anui, Th. le mari. 43. ||xm* s. Dennui et depaour sui au cuer mont destroite, Berte, xxix.Ours ne lion nest, ne beste sauvage Qui, tel foizest, ne fraigne son vouloir De faire mal et ennui etdomage, eustache le peintre , dans Couci. Carendroit moi ai-je fiance, Que songe soit senefianceDes biens à gens et des anuis, la Pose, il. Et parce que ce seroit anuis de dire et de spécifier les casde crieme, il seront dit el capitre des méfiés, beaum.xi, 31. Il dient, por fere anoi à cex contre qui ilont à pledier, quil atendent leur conseil, id. 67.|| xiv* s. Qui ennuy fait ennuy requiert, Et férusdoit estre qui Sert, leroux de lincy, Prov. t. n,p. 390. Nous en dirons aucunes causes et non pastoutes, pour ce quil neust enuie de ceulx qui cestehistoire liraient, Chr. de St-Denis, t. n, f° 63,dans lacurne. || xv* s. Quand Messire Jean de Hol-lande fut informé de cette aventure, si cuida bienforcener dannoi, froiss. ii, ii, 236. [Le roi RobertdEscosse] assembla son conseil, et leur remons-tra comment les Anglois, du temps passé, leuravoient fait plusieurs ennuis, id. ii, h, 43. Cinqsous font autant, Quant on est content Et quonjette les ennuis Derrière lhuis, Que descus les sacstous pleins, bassel. xxxix. || xvi*s. Petit ennuy ungrand ennuy appaise; Bref, sans ennui, trop fadeseroit laise, marot, i, 383. Telle ennuy cesserait, id. i,382. Qui pourrait raconter lennuy que je receu,Quand de sur mon giron tout froid je lapperceu,rons. 791. Si je mendors quand mes ennuis metiennent, Je suis perdu des songes qui me vien-nent, amyot, Du vice et de la vertu, 3. Ennuy enan le jour prolonge, génin, Récréât, t. ii, p. 238.Ennuy nuit et jour nuit, leroux de lincy, Prov.t. il, p. 296.

ÊTYM . Berry, enneu; provenç. enueg, enuet,enuey, enueit, enuit, enuoi, enoi, enut, et au fé-minin, enurja, enueia; catal. enutg ;espagn. et por-tug. enojo; ital. naja; anc. ital. no jo. Mot important,mais dorigine douteuse. On le tire ordinairement dulatin noxa ou noxia, tort, préjudice; mais la formedes mots se prête peu à cette étymologie, puisquenoxa ou noxia auraient donné nose ou notse. Fau-riel propose le basque enoch; mais rien ne garantitque enoch ne soit pas venu de lespagnol dans lebasque. Pour ces raisons, Diez, se joignant à Ca-brera, propose le latin odium : est mihi inodio, celamennuie; d un substantif inodium, qui permet ladérivation de toutes les formes romanes, litaliennoja ayant perdu lt ou le par une aphérèse quinest pas rare dans cette langue. Ce qui donnebeaucoup de force à cette étymologie, cest que ino-dio se trouve effectivement dans lancien parler vé-nitien , dont Diez rapporte ces exemples-ci: plu tesont a inodio, en italien più tisono a noja, en fran-çais plus le sont à anoi; ato inodio, italien a tuanoja, français al tuen anoi. On remarquera à côtéde la forme masculine, plus usitée, la forme fé-minine de ce mot en français, en provençal et enitalien .

f ENNUSURE (an-nu-zu-r, an prononcé commedans antérieur), s. m. Terme de plombier. Morceaude plomb qui est sous le bourseau dun comble.

ENNUYANT, ANTE (an-nui-ian, ian-t, an pro-

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noncé comme dans antérieur), adj. Qui ennuie, im-portune , contrarie dans le moment. Cela est fortennuyant. Quel temps ennuyant 1 11 ny a pasdhomme qui ait assez desprit pour nêtre jamaisennuyant. On ne laissa pas de la trouver fort laideet fort ennuyante, iiamilt. Gramm. 4.

SYN. ennuyant, ennuyeux. Lhomme en-nuyant est celui qui ennuie par occasion ; cela estaccidentel; lhomme ennuyeux est celui qui ennuiotoujours; cela est inhérent. Un homme ennuyantpeut nêtre aucunement ennuyeux. Mais le fait estque dans lusage ces deux mots se confondent ; seu-lement, ennuyeux est plus usité quennuyant.

ENNUYÉ, ÉE (an-nui-, iée , an prononcécomme dans antérieur), part, passé. || 1° Contrarié,fatigué. Ennuyé de supplices, Ayant puni les chefsil pardonne aux complices, corn. Cinna, m, 4-Ennuyé de ce que je suis, je voudrais toujoursêtre ce que je ne suis pas, bourdaloue, Sur larécomp. des saints, t" avent, p. 26. Ennuyés devivre dans un pays si inculte, et poussés par leurférocité naturelle, ils descendirent jusquaux envi-rons de la Vistule, fléchier, llist. de Théodose ,i, 47. || 2° Qui éprouve lennui, le vide de lâme.Les oisifs sont toujours ennuyés deux-mêmes. Jé-pargne aux yeuxdautrui lobjet fastidieux Dhommeennuyé partout et partout ennuyeux , gresset ,Sidnei , Il, 2. .Si lhomme ennuyeux déplaît tant,Lhomme ennuyé prétendrait-il à plaire ? delille,Convers. I. Lhomme ennuyé nest jamais quen-nuyeux, id. ib. || Substantivement. Un ennuyé. Lesennuyés.

ENNUYER (an-nui-, an prononcé comme dansantérieur), jennuie, tu ennuies, il ennuie, nousennuyons , vous ennuyez , ils ennuient ; jen-nuyais, nous ennuyions, vous ennuyiez; jennuyai;jennuierai ; jennuierais; ennuie, ennuyons; quejennuie, que nous ennuyions, que vous ennuyiez;que jennuyasse ; ennuyant ; ennuyé, v. n. || 1° Im-personnellement, il ennuie à, cest-à-dire de lennuiest éprouvé (lemploi neutre et impersonnel est lepremier, & cause de létymologie de ennui, in odio,en haine). Il ennuie à qui attend. Est-il possiblequil vous ennuie si fort en Asie , qui est le théâtrede vos exploits? vaugel. Q. C. 659.11 tennuie avecmoi, corn. Milite, m,6. Lorsque jétais aux champs,na-t-il point fait de pluie? Non. Vous en-nuyait-il? Jamais je ne mennuie, mol. Éc. desf.il, 6. Il vous ennuyait dêtre maître chez vous, id. G.Dand. I, 3. Il mennuie de ne plus vous avoir, sév.4 9. Il mennuyait de leur absence, id. 647. Depuisdeux jours que je suis de retour, il mennuie déjàde ne point vous voir, j. j. rouss. Corresp. du Pey-rou, t. m, p. 69, dans pougf.ns. Marquez-moi si jepuis compter sur votre libraire, il mennuieraitfort den chercher un autre, p. l. cour. Lett. i, 68.|| 2* V. a. Causer de lennui. Nous pardonnons sou-vent à ceux qui nous ennuient; mais nous ne pou-vons pardonner à ceux que nous ennuyons, la-rochefoucauld , Max. 304. Le sage quelquefoisévite le monde de peur dêtre ennuyé, la bruy. v.On lit peu ces auteurs faits pour nous ennuyer,Qui toujours sur un ton semblent psalmodier, boil.Art p. i. || Absolument. Un homme habile sentsil convient ou sil ennure, la bruy. v. X quelqueprix que ce puisse être, Sauve-moi laffront den-nuyer, lamotte, Odes , 1. 1 , p. 4 66, dans pougens.Mais malheur à lauteur qui veut toujours instruire;Le secret dennuyer est celui de tout dire, volt.Discours vi. || 3 Sennuyer, n. rifl. Eprouver dalennui. Sennuyer de tout. Enfin ce galant hommesennuya de les ennuyer : il les délivra de sa fâ-cheuse visite, scarr. Rom. com. i, 4 3. Nous nousvantons souvent de ne nous point ennuyer; noussommes si glorieux que nous ne voulons pas noustrouver de mauvaise compagnie, la Rochefoucauld,Max. 441. Quon leur die Quils se font trop attendreet quAttila sennuie, corn. Attila, I, 4. Et vousqui vous plaisez aux folles passions, Profanes ama-teurs de spectacles frivoles, Dont loreille sennuieau son de mes paroles, rac. Esther, Prologue. Il[Stilicon ] sennuya de nêtre que le tuteur, le beau-père, le favori et le maître même de lempereur, etentreprit de mettre lempire dans sa maison, flÈ-ciiier, llist. de Théod. Iv, 76. Parce quAlexandrasennuie, Il va mettre le monde aux fers, lamotte,Fabl. i, 46. || Sennuyer à, avec l'infinitif. Sennuyerà attendre. || Faire ennuyer, avec suppression dupronom personnel, faire quon sennuie. Et ceuxqui lont tiré de lexercice de sa charge pour lepromener à Paris ne prétendent autre chose que dale faire ennuyer, balz. viii, Lett. 47.

HIST. xt* s. Nos cheval sont et las et ennuiez,