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gâtèrent d'excellents esprits, p. l. cour. Hérodote ,préface. || 2° S’ennoblir, r.ré/L Gagner de la noblesse,de la dignité, de l’honneur. Et dans les plus basrangs les noms les plus abjects Ont voulu s’ennoblirpar de si hauts projets, corn. Cinna , iv, 4. Et letréne et le roi se seraient ennoblis  soutenir lamain qui les a rétablis, id. l’omp. lit, 2.
— rem. Dans le xyii* siècle, on ne distinguaitpas ennoblir d’anoblir : Maison où le ventre ennoblit,mol. G. Dand. i, 4; Le roi l’ayant épousée, il l’aennoblie par cette alliance, boss. Serm. Sept; Maisici j’ai de plus un grade que j’ai pris Avec feu monmari , doyen de ce bailliage; C’est ainsi que jevins m’ennoblir au village; lionne noblesse au fond,dufresny, ta Coquette de rülage, i, t ; On distin-gue ordinairement trois degrés de noblesse : l’en-nobli, qui acquiert la noblesse; le noble, qui naît del’ennobli; l’écuyer ou le gentilhomme, qui est au3 * degré, le père mênestpier. Aujourd’hui unedistinction s’est établie entre ces deux mots qu’il nefaut plus confondre : ennoblir c’est donner de la no-blesse, du lustre; anoblir, c’est donner la noblesse,rendre noble. On comprend d’ailleurs que ennobliret anoblir sont deux orthographes et deux pronon-ciations différentes du même mot.
— HtST. xvi* s. Nous renonceons aux aultres ani-maulx les biens naturels, pour nous honorer etennoblir des biens acquis, mont. ii, t67. Commentmettrois-je Ulisses en oubly, Oui de vertu divine estennobly? amyot, Com. discerner le flatl. de l'ami, 20 .
— f.TYM. En t, et noble.
ENNUI (an-nui, an prononcé comme dans anté-rieur) , s. m. || 1° Tourment de l’âme causé par la mortde personnes aimées, par leur absence, par la perted’espérances, par des malheurs quelconques. Leroi même arrivant partage leur ennui, corn. Qfs-dipe, n, 3. Si malgré ces raisons votre ennui per-sévère, Mon cher Lélie, au moins faites qu’il semodère, mol. l’Étour. n, 4 . Adieu; je sens moncœur qui se gonfle d’ennui, in. ib. C’est de tous lesennuis l’ennui le plus sensible, tu. corn. Ariane,ni, 2 . Et ce sera de quoi mieux combler sonennui, id. ib. iv, 3. Ce n’est qu’avec le tempsqu’un grand ennui se passe, quinaült, Mère coq.Ii, 6. Un fou rempli d’erreurs, que le trouble
accompagne. En vain monte à cheval pour
tromper son ennui; Le chagrin monte en croupe etgalope avec lui, boil. Éplt. v. Sa mort avancerala fin de mes ennuis, rac. Andr. i, 4. Pour combled’ennui, Mon cœur, mon lâche coeur s’intéressepour lui, in. ib. v, t. Pour accabler César d’unéternel ennui, id. Prit, v, 8. Rien ne peut-il char-mer l’ennui qui vous dévore? id. Bérén. H, 4. Sid’une mère en pleurs vous plaignez les ennuis, in.Iphig. iv, 4 . Ah I que dis-tu? pourquoi rappelermes ennuis? volt. Zaïre, i, t. Mais des ennuisd’Hamlet que faut-il que je pense? Qui peut de sestransports aigrir la violence? ducis , Ilamlet, n, 3.La vie est-elle toute aux ennuis condamnée? L’hi-ver ne glace point tous les mois de l’année, a. Ché-nier, Élég. 27. || Contrariété . Cette affaire lui adonné beaucoup d’ennui. Être accablé d’ennuis.|| 2° Sorte de vide qui se fait sentir à l’âme privéed’action ou d’intérêt aux choses. Donner, causer,avoir, éprouver de l’ennui. Un ennui mortel. Charmerles ennuis de l’absence. Quand on se verrait mêmeassez à l’abri de toutes parts [des misères], l’ennui,de son autorité privée, ne laisserait pas de sortir ducœur où il a des racines naturelles, et de remplirl’esprit de son venin, pasc. Pensées, t. i, p. 266 ,édit. Lahure. Dans l’Orient désert quel devint monennui! rac. Bérén. i, 4. L’ennui est entré dansle monde par la paresse, la bruy. xi. Pour la déli-catesse et l’affectation d’ennui, il faut la réprimeren montrant que le bon goût consiste à s’accom-moder des choses selon qu’elles sont utiles, fén.Êduc. filles, to. Le plaisir nous fait oublier quenous existons, l’ennui nous le fait sentir, saint-foix,Ess. Paris , Couvres, t. iv, p. 246, dans pougens.I.’ennui, ce triste tyran de toutes les âmes qui pen-sent, contre lequel la sagesse peut moins que lafolie, buff. Nature des anim. Je ne sais si ma têteest jeune, mais mon corps est bien vieux; si je nem’amusais pas à faire des testaments, je seraisbientôt mort d’ennui, volt. Lett. d'Argental, <2mars 1769. Il part, vole, arrive, l’ennui Le reçoità la grille et se traîne avec lui, df.lille, Ilom. deschamps, I. Rosine : L’ennui me tue. — Figaro :Je le crois; il n’engraisse que les sots, Beaumar-chais , Barb. de Sév. I, 2. C’était un rassemble-ment de commérages, une collection d’ennuis toutà la fois divers et monotones, m“* de stael, Co-rinne, xiv, l. Vive Homère 1 que Dieu nous garde
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Et des Fingals et des Oscars, Et du sublime ennuid’un barde Qui chante au milieu des brouillards !lf.brun , Stances sur Ossian . Sur untrônel’ennui secarre, Fier d’ètre encensé par des sots, bérang.Prince de Navarre. || Dégoût de tout. Tomber dansun ennui profond. L’ennui de la vie. || Mélancolievague. L’ennui de Réné [le héros d’un roman de Cha-teaubriand]. Du romantisme jeune appui, Descendsde tes nuages; Tes torrents, tes orages Ceignentton front d’un pâle ennui, bérang. Troubadours.Lorsque le grand liyron allait quitter Ravenne Etchercher sur les mers quelque plage lointaine Oùfinir en héros son immortel ennui, a. de musset,Poésies nouv. Lett. à Lamartine .
— REM. Dans le style relevé, ennui est un motd’une grande force et qui s’applique à toutes sortesde souffrances de l’âme : les ennuis du trône; desennuis cuisants. Dans le langage ordinaire, il perdbeaucoup de sa force et se borne à désigner ce quifait paraître le temps long.
— HIST. xii* s. Sumeilla la meie aneme [âme]pur ennui, LAber psalm. p. t84. Amors m’a fait ou-blier L’ennui qui long tens m’a mort, Couci, iv. Seli ennuis de lagent malparliere Ne me feïst douloir,ib. xxviii. Mais de chevage prendre est moult grantli anois; X tort et â pechié somes clamé François,Sax. xviii. Li prelaz d’Kurewie, cil de Londres ,ço qui [je pense], Conseil lui unt duné privéementandui [tous deux], Que, veant si grant gent, ne lifesist anui, Th. le mari. 43. ||xm* s. D’ennui et depaour sui au cuer mont destroite, Berte, xxix.Ours ne lion n’est, ne beste sauvage Qui, tel foizest, ne fraigne son vouloir De faire mal et ennui etdomage, eustache le peintre , dans Couci. Carendroit moi ai-je fiance, Que songe soit senefianceDes biens à gens et des anuis, la Pose, il. Et parce que ce seroit anuis de dire et de spécifier les casde crieme, il seront dit el capitre des méfiés, beaum.xi, 31. Il dient, por fere anoi à cex contre qui ilont à pledier, qu’il atendent leur conseil, id. 67.|| xiv* s. Qui ennuy fait ennuy requiert, Et férusdoit estre qui Sert, leroux de lincy, Prov. t. n,p. 390. Nous en dirons aucunes causes et non pastoutes, pour ce qu’il n’eust enuie de ceulx qui cestehistoire liraient, Chr. de St-Denis, t. n, f° 63,dans lacurne. || xv* s. Quand Messire Jean de Hol-lande fut informé de cette aventure, si cuida bienforcener d’annoi, froiss. ii, ii, 236. [Le roi Robertd’Escosse] assembla son conseil, et leur remons-tra comment les Anglois, du temps passé, leuravoient fait plusieurs ennuis, id. ii, h, 43. Cinqsous font autant, Quant on est content Et qu’onjette les ennuis Derrière l’huis, Que d’escus les sacstous pleins, bassel. xxxix. || xvi*s. Petit ennuy ungrand ennuy appaise; Bref, sans ennui, trop fadeseroit l’aise, marot, i, 383. Telle ennuy cesserait, id. i,382. Qui pourrait raconter l’ennuy que je receu,Quand de sur mon giron tout froid je l’apperceu,rons. 791. Si je m’endors quand mes ennuis metiennent, Je suis perdu des songes qui me vien-nent, amyot, Du vice et de la vertu, 3. Ennuy enan le jour prolonge, génin, Récréât, t. ii, p. 238.Ennuy nuit et jour nuit, leroux de lincy, Prov.t. il, p. 296.
— ÊTYM . Berry, enneu; provenç. enueg, enuet,enuey, enueit, enuit, enuoi, enoi, enut, et au fé-minin, enurja, enueia; catal. enutg ;espagn. et por-tug. enojo; ital. naja; anc. ital. no jo. Mot important,mais d’origine douteuse. On le tire ordinairement dulatin noxa ou noxia, tort, préjudice; mais la formedes mots se prête peu à cette étymologie, puisquenoxa ou noxia auraient donné nose ou notse. Fau-riel propose le basque enoch; mais rien ne garantitque enoch ne soit pas venu de l’espagnol dans lebasque. Pour ces raisons, Diez, se joignant à Ca-brera, propose le latin odium : est mihi inodio, celam’ennuie; d’où un substantif inodium, qui permet ladérivation de toutes les formes romanes, l’italiennoja ayant perdu l’t ou l’e par une aphérèse quin’est pas rare dans cette langue. Ce qui donnebeaucoup de force à cette étymologie, c’est que ino-dio se trouve effectivement dans l’ancien parler vé-nitien , dont Diez rapporte ces exemples-ci: plu tesont a inodio, en italien più tisono a noja, en fran-çais plus le sont à anoi; ato inodio, italien a tuanoja, français al tuen anoi. On remarquera à côtéde la forme masculine, plus usitée, la forme fé-minine de ce mot en français, en provençal et enitalien .
f ENNUSURE (an-nu-zu-r’, an prononcé commedans antérieur), s. m. Terme de plombier. Morceaude plomb qui est sous le bourseau d’un comble.
ENNUYANT, ANTE (an-nui-ian, ian-t’, an pro-
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noncé comme dans antérieur), adj. Qui ennuie, im-portune , contrarie dans le moment. Cela est fortennuyant. Quel temps ennuyant 1 11 n’y a pasd’homme qui ait assez d’esprit pour n’être jamaisennuyant. On ne laissa pas de la trouver fort laideet fort ennuyante, iiamilt. Gramm. 4.
— SYN. ennuyant, ennuyeux. L’homme en-nuyant est celui qui ennuie par occasion ; cela estaccidentel; l’homme ennuyeux est celui qui ennuiotoujours; cela est inhérent. Un homme ennuyantpeut n’être aucunement ennuyeux. Mais le fait estque dans l’usage ces deux mots se confondent ; seu-lement, ennuyeux est plus usité qu’ennuyant.
ENNUYÉ, ÉE (an-nui-ié, iée , an prononcécomme dans antérieur), part, passé. || 1° Contrarié,fatigué. Ennuyé de supplices, Ayant puni les chefsil pardonne aux complices, corn. Cinna, m, 4-Ennuyé de ce que je suis, je voudrais toujoursêtre ce que je ne suis pas, bourdaloue, Sur larécomp. des saints, t" avent, p. 26. Ennuyés devivre dans un pays si inculte, et poussés par leurférocité naturelle, ils descendirent jusqu’aux envi-rons de la Vistule, fléchier, llist. de Théodose ,i, 47. || 2° Qui éprouve l’ennui, le vide de l’âme.Les oisifs sont toujours ennuyés d’eux-mêmes. J’é-pargne aux yeuxd’autrui l’objet fastidieux D’hommeennuyé partout et partout ennuyeux , gresset ,Sidnei , Il, 2. .Si l’homme ennuyeux déplaît tant,L’homme ennuyé prétendrait-il à plaire ? delille,Convers. I. L’homme ennuyé n’est jamais qu’en-nuyeux, id. ib. || Substantivement. Un ennuyé. Lesennuyés.
ENNUYER (an-nui-ié, an prononcé comme dansantérieur), j’ennuie, tu ennuies, il ennuie, nousennuyons , vous ennuyez , ils ennuient ; j’en-nuyais, nous ennuyions, vous ennuyiez; j’ennuyai;j’ennuierai ; j’ennuierais; ennuie, ennuyons; quej’ennuie, que nous ennuyions, que vous ennuyiez;que j’ennuyasse ; ennuyant ; ennuyé, v. n. || 1° Im-personnellement, il ennuie à, c’est-à-dire de l’ennuiest éprouvé (l’emploi neutre et impersonnel est lepremier, & cause de l’étymologie de ennui, in odio,en haine). Il ennuie à qui attend. Est-il possiblequ’il vous ennuie si fort en Asie , qui est le théâtrede vos exploits? vaugel. Q. C. 659.11 t’ennuie avecmoi, corn. Milite, m,6. Lorsque j’étais aux champs,n’a-t-il point fait de pluie? — Non. — Vous en-nuyait-il? — Jamais je ne m’ennuie, mol. Éc. desf.il, 6. Il vous ennuyait d’être maître chez vous, id. G.Dand. I, 3. Il m’ennuie de ne plus vous avoir, sév.4 9. Il m’ennuyait de leur absence, id. 647. Depuisdeux jours que je suis de retour, il m’ennuie déjàde ne point vous voir, j. j. rouss. Corresp. du Pey-rou, t. m, p. 69, dans pougf.ns. Marquez-moi si jepuis compter sur votre libraire, il m’ennuieraitfort d’en chercher un autre, p. l. cour. Lett. i, 68.|| 2* V. a. Causer de l’ennui. Nous pardonnons sou-vent à ceux qui nous ennuient; mais nous ne pou-vons pardonner à ceux que nous ennuyons, la-rochefoucauld , Max. 304. Le sage quelquefoisévite le monde de peur d’être ennuyé, la bruy. v.On lit peu ces auteurs faits pour nous ennuyer,Qui toujours sur un ton semblent psalmodier, boil.Art p. i. || Absolument. Un homme habile sents’il convient ou s’il ennure, la bruy. v. X quelqueprix que ce puisse être, Sauve-moi l’affront d’en-nuyer, lamotte, Odes , 1. 1 , p. 4 66, dans pougens.Mais malheur à l’auteur qui veut toujours instruire;Le secret d’ennuyer est celui de tout dire, volt.Discours vi. || 3” S’ennuyer, n. rifl. Eprouver dal’ennui. S’ennuyer de tout. Enfin ce galant hommes’ennuya de les ennuyer : il les délivra de sa fâ-cheuse visite, scarr. Rom. com. i, 4 3. Nous nousvantons souvent de ne nous point ennuyer; noussommes si glorieux que nous ne voulons pas noustrouver de mauvaise compagnie, la Rochefoucauld,Max. 441. Qu’on leur die Qu’ils se font trop attendreet qu’Attila s’ennuie, corn. Attila, I, 4. Et vousqui vous plaisez aux folles passions, Profanes ama-teurs de spectacles frivoles, Dont l’oreille s’ennuieau son de mes paroles, rac. Esther, Prologue. Il[Stilicon ] s’ennuya de n’être que le tuteur, le beau-père, le favori et le maître même de l’empereur, etentreprit de mettre l’empire dans sa maison, flÈ-ciiier, llist. de Théod. Iv, 76. Parce qu’Alexandras’ennuie, Il va mettre le monde aux fers, lamotte,Fabl. i, 46. || S’ennuyer à, avec l'infinitif. S’ennuyerà attendre. || Faire ennuyer, avec suppression dupronom personnel, faire qu’on s’ennuie. Et ceuxqui l’ont tiré de l’exercice de sa charge pour lepromener à Paris ne prétendent autre chose que dale faire ennuyer, balz. viii, Lett. 47.
— HIST. xt* s. Nos cheval sont et las et ennuiez,