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Tant soupirés, tant vous plaigniés, la Rose, 9136.|| xiv’ s. C’est chose fainte et néant, orf.sme, Eth.vi | t o], || xv' s. Cils [les barons] qui nullement pourleur honneur ne se fussent feints, eurent en con-vent à la bonne dame qu’ils s’en acquiteroientloyalement [de combattre], froiss. i,i, 308. Et Dieu sait si ceulx d’Orléans se faignoient à mener artil-lerie, Bibl. des chartes, 2* série, t ni, p. 607.L’autre ne faignoit pas et recommençoit encores debon cueur,C0MM. iv, 8. Ledit duc de prime face fai-gnit à la bailler [la sûreté demandée par le conné-table], mais à la parfin la bailla, in. iv, ( 2 . Fei-gnant [simulant] venir vers son oncle, id. i, 2. Ilfaindit, comme bien le savoit faire, une mattechere, et montra semblant de courroux, louis xi,Nouv. xxxiii. || xvi* s. Frappoit à grandz tours debras sans se faindre ny espargner, rab. Garg. i, 44.Les poetes feignent un grand tas de dieux mal fai-sans, id. ib. i, 45 . Elle va feindre d’estre malade,marg. Nouv. lxi. Le seigneur de Bonnivet, pour luiarracher son secret, feignit lui dire le sien, id. ib.iv. Pour revenir à sa clemence [de César], nous enavons plusieurs naïfs exemples au temps de sa do-mination, lorsque, toutes choses estant reduictes ensa main, il n’avoit plus à se feindre, mont, ii, 33.Les poètes feignent Niobé avoir este transmuée enrochier, id. i, 7. N’est-ce pas toy, dont la divinemain De vil bourbier forma le corps humain, Poury enter l’ame que tu as feinte Sur le portrait deton imago saincte î dubellay, iii, 92, recto. Leoni-das, entrant un jour audacieusement en grossesparoles contre luy, ne faignit pas de luy dire....amyot, Lyc. 3. Disant qu’il serait bien beste, sipour crainte du nom seulement d’estre appelé tyran,il faignoit d’accepter la monarchie, id. Solon , 22 . Lemessager faignit que l’issue en avoit esté doubteuse.id. Fab. 7. Après avoir bien noté et remarqué l’en-droit de la muraille que le brutien avoit à garder,lequel avoit promis de se faindre et de laisser entrerceulx qui viendraient assaillir ce costé là, id. ib.44, Un homme feint [fourbe], id. Solon , 6.1.
— ÉTYM . Bourg, foindre, il ne (oint pas, il necraint pas; provenç. fenher, feigner, finher ; espagn.et portug. fingir; ital. fingere ; du lat. fingere, fein-dre, supposer. Dans l’ancienne langue, se feindresignifie souvent ne pas vouloir, hésiter à. SelonCurtius, le sens primitif du radical fig, grec 6iy,est toucher. Aussi le sens propre de fingere est fa-çonner. Du sens de façonner on a passé à celui defeindre, c’est-à-dire façonner une apparence. De cequi n’a qu’une apparence et qui est vide, faible, onen ost venu au sens de hésiter, craindre.
FEINT, EINTE (fin,fin-t’), part, passé de feindre.|| 1* Qui se fait, se produit pour tromper. Sa foi estfeinte. Le fer étincelant, avec art détourné, Parde feints mouvements trompe l’œil étonné, volt.Heur. x. || 2' Qui n’est pas véritable. Dès vos plusjeunes ans mes soins et mes tendresses N’ont ar-raché de vous que de feintes caresses, rac. Brit.iv. 2. Par de feintes raisons, je m’en vais l’abuser, id.Iphig. iv, ( 0 . Mademoiselle Jennings s’en était dis-pensée sur une feinte indisposition, hamilt. Gramm.10. Non, il vous a trompé pour se venger de vous, Etses feintes douceurs vous cachaient son courroux,destouches, Diss. iv, 7. Par sa feinte vertu la tiennefut trompée, volt. M. de César, 11 , 6 . || Porte , co-lonne , fenêtre feinte, représentation d’une porte,d’une colonne, d’une fenêtre que l’on fait pour lasymétrie ou pour l’agrément. || 3° S. m. Terme deconstruction. Le feint, imitation, par la peinture,des diverses espèces de marbres, de bois, de mou-lures, etc.
4. FEINTE (fin-t’), s. f. || 1° Action de feindre, decacher sous une fausse apparence. Agissez avecfeinte, Sire, et ne lui montrez que respect et quecrainte, corn. Pomp. iv, 4. Mais de ton faux amourles feintes concertées, Les noires trahisons, les ai-jeméritées? th. corn. Ariane, iii, 4. Quelle est doncsa pensée? et que cache un discours Commencétant de fois, interrompu toujours? Veulent-ils m’é-blouir par une feinte vaine? rac. Phèdre, v, 4. Vousm’avez commandé de vous parler sans feinte, id.A lhal. 11 , 5. Il a toujours pris cela pour une feinted’une personne qui voudrait se divertir, fonten.les Mondes, e* soir. Ce que Joseph disait par purefeinte a ses frères, mass. Carême , Parole. À présentdites-moi, reprit 1 adroit jésuite, si c’est feinte oumensonge ce que vous m’avez dit, qu’un curé decampagne a été votre maître, marmontel, Mém. 1.|| Avoir une feinte, feindre quelque chose. Quoiqueje le sache [le chevalier de Lorenzy] très-lié avecdes gens qui ne m’aiment pas, mais qui feignent4 I 0 m’aimer avec les gens qui m’aiment, et qui ne
manqueront pas d’avoir cette feinte avec lui, J. J.rouss. Œuvres, édit, dupont, 4 824, t. xix, p. 384.|| Terme de rhétorique. Figure qui consiste à fein-dre de passer sous silence une chose qu’on ne laissepas d’exprimer. On dit plus souvent prétérition,prétermission, paralepse. || 2“ Par extension, artdu poète, invention. La feinte est un pays pleinde terres désertes, Tous les jours nos auteurs y fontdes découvertes, la font. Fabl . 111, 4. Le contefait passer le précepte avec lui; En ces sortes defeinte il faut instruire et plaire, id. ib. vi, 4.|| 3° Terme d’escrime. Jeu couvert et trompeur, parlequel on frappe l’ennemi dans un endroit différentde celui où on le menace. Zadig fait une feinte,passe sur Otano, le fait tomber, volt. Zadig, i 9.
! || Se dit aussi au jeu. || 4“ Terme d’imprimerie. Dé-faut de touche dans une feuille, quand une partiede la forme n’a pas reçu assez d’encre. || 5“ Termede musique. Altération d’une note ou d’un inter-valle par un dièse ou un bémol. Il se disait très-souvent autrefois pour désigner le dièse et le bémolaccidentel. || 6° Terme de vétérinaire. Légère clau-dication dans la marche d’un cheval.
— SYN. feinte, mensonge. La feinte est une fausseapparence sous laquelle on cache quelque chose. Lemensonge, c’est dire ce qui n’est pas vrai. Est-cefeinte ou mensonge, ce que vous me dites là ? vou-lez-vous m’en imposer par une fausse apparence,ou, simplement, ce que vous me dites là, est-il faux?
— HlST. xvi* s. Croyez de vray, que ma présenteplainte N’est composée en courroux, ny en fainte ;Faindre n’est point le naturel de moy, marot, i,359. Elle va feindre d’estre malade et continuer sibien cette feinte, que.... maiig. Nouv. lx i. Et au-rons de quoy respondre aux aultres ou en feinte ouen vérité, id. Lett. cxx.
— ETYM . Feint; bourguig. [ointe; provenç. fcnha,fencha; anc. espagn. et ital. fin ta.
2 . FEINTE (fin-t’), f. f. Un des noms vulgairesde la clupea finta, qui ressemble à l’alose.
— ET YM. Ainsi dit parce que c’est une alosefeinte, un poisson ressemblant à l’alose.
f FEINTIEU (fin-tié), s. m. Espèce de filet àmailles serrées pour prendre les feintes, les aloses.
FEINTISE (fin-ti-z’), f. /'.Il l“Habitudede la feinte.Telle va souvent à l’église De qui je connais la fein-tise, régnier, Disc. Vieille moquer. || 2- Synonymede feinte, avec cette seule nuance que feintise vieil-lit et qu’il a un air archaïque. Hé bien ! que voulez-vous? parlez-moi sans feintise, desmarets, Mirame,v, 4. Albano eut vraiment peine et sans feintise àso résoudre d’accepter le pontificat, st-sim. 84, 92.
— HlST. xn* s. En li [ma dame] n’i a ne orguelno faintise, quesnes, Romancero, p. 90. Or vus prie requier, freres, par igal guise, Qu’entre nous n’aitenvie, descorde, ne faintise, Mais en nous seit enDeu uns quers [cœur], une aneme [âmej asiso, Th.le mart. 92. Cist hom se fait dolant, ou cist hom semagnifie!, et tels choses semblanz ko ne vienentmie de veriteit, mais de fointise, st rern. p. 664.|| xiii* s. C’est par faintise [fainéantise] que ci estarestés, Iluon de Bordeaux , v. 4 907. ||xv* s. Si va-loit trop mieux que il [le comte Guy de Blois] semist en chemin et à voie et en la volonté de Dieu ,que ce que on supposast que il demeura derrièrepar feintise, froiss. Il, 11 , 214. [| xvi* s. Puisque j’aila feintise esprouvée D’un qui tousjours loyale m’atrouvée, J. marot, v, 327. Quant à cette nouvellevertu de feinctise et dissimulation qui est à cetteheure si fort en crédit, je la hais capitalement,MONT. III, 61.
— ETYM . Feint; provenç. feintesa. L’ancien fran çais a dit aussi feintié, s. f.
t FÉLATIER (fé-la-tié) ou FÉRAT1ER (fé-ra-tié),*. m. Ouvrier qui tire le verre avec la fêle.
f FELD-MARÉCIIAL (fèld-ma-ré-chal), s. m. Legrade de feld-maréchal correspond, chez les puis-sances du Nord , à celui de maréchal de France .
— ETYM . Allem. Feldmarschall , de Feld, champ,et Marschall, maréchal : proprement maréchal dechamp ou de camp.
FELDSPATH (fèld-spat’) , s. m. Terme de miné-ralogie. Pierre dure, à structure lamelleuse, com-posée de silice, d’alumine et de potasse, dont laforme en cristaux est un parallélipipède obliquan-gle, et qui, incolore, ressemble au ciistal de roche,sans atteindre ni à sa limpidité ni à ses dimensions.De tous les minéraux qui figurent dans la constitu-tion de l’écorce de la terre, le feldspath est de beau-coup le plus abondant, l. cordier, Acad, des sc.Comptes rendus, t. liv, p. 296. || Feldspath aventu-riné, dit aventurine orientale et pierre du soleil,variété du feldspath qui consiste dans le brillant
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d’une poussière dorée produite par des paillettes demica dont elle est pointillée, de laborde, Émaux.p. 3io. || Feldspath bleu, pierre d’un bleu de cielpointillée de blanc, id. ib. || Feldspath nacré, appel®aussi argentine , œil de poisson, pierre de lune, va-riété qu’on trouve en Orient, dans l’lle de Ceylanet au Saint-Gothard , id. ib. || Feldspath opalin, ap-pelé labrador dans le commerce, variété d’un gnsfoncé à reflets bleuâtres, rouges et orangés, et qmvient de la cOte d’Amérique, id. t'6. p. 3H. || Feldspathvert, dit pierre des Amazones et aussi vert céladon,pierre de couleur opaque vert tendre, semé depoints blancs, qu’on tire des monts Ourals et duGroenland , id. ib.|| Feldspath argiliformo kaolin outerre à porcelaine.
— Etym . Allem. Feldspath, de Feld, campagn®;et Spath, spath : spath de campagne (voy. spath/
f FELDSPATIIIQUE (feld-spa-ti-k’J, adj. Termede minéralogie. Qui contient du feldspath.
t FÊLE ou FKLLK ou FESLE (fê-1’), s. f. Tubodefer qui sert à prendre la matière dans les creusetspour souffler le verre.
FÊLÉ, ÉE (fê-lé, lée), part, passé. || 1° Fendu sansséparation, en parlant de parois minces, de bordsminces. Semblable à un vase précieux, mais lele,d’où s’écoulent toutes les liqueurs les plus délicieu-ses, le cœur de ce grand capitaine ne pouvait riengarder, fén. T il. xvi. Perd-on un appui quand opjette un roseau fêlé qui, loin de nous soutenir, nov»percerait la main si nous voulions nous y appuy er -boss. Sermons, Oblig. de l'état religieux, 1 . Commeune urne fêlée et dont les flancs arides Laissentfuir l’eau du ciel que l’homme y cherche en vain,lamart. Jlarm.tr, 4 1 . || Fig. [DieuJ Fait un échovivant de nos lèvres muettes, Et dans nos cœur»fêlés verse ses eaux parfaites, lamart. Uarm. i[b|| S. m. Ce vaso sonne le fêlé. || 2° Fig. Avoir lapoitrine fêlée, avoir la poitrine en mauvais état,|| Avoir la tête fêlée, le timbre fêlé, être un f evfou. Ma foi, j’en ai quasi la cervello fêlée, scari * 01 >Jodelet ou le maître valet, ni, 3. La tête de Bonneme parait un peu fêlée, volt. Phil. ni, 4• .timbre commence à être un peu fêlé, et sera bien-tôt cassé tout à fait, id. Ixtt. Mme du Deffant, 22 jan v -4 769. || C’est un pot fêlé, se dit quelquefois d unpersonne valétudinaire. || Proverbe. Les pots feiesont ceux qui durent le plus, se dit de personned’une santé délicate, mais qui se ménagent P lu ’
que les autres.
FÊLER (fê-lé), v. a. |
1” Fendre des parois
min"
bords
ces, des bords minces, sans que ces parois, ces Ise séparent. Fêler une bouteille. || 2" Se fôler,réfl. Être fêlé. Ce vaso se fêlera si vous le f 00 . , aau feu. Ce bec [du calaos| n’a point de prise;pointe, comme dans un long levier très-élmf,du point d’appui, ne peut serrer que mollement;substance est si tendre qu’elle se fêle à la trancpar le plus léger frottement, buff. Ois. Ç ’p. 203 , dans pougens. || Fig. Sa tête se fêle, >* uvient un peu fou. . . .
— HlST. xvi* s. L’os sonne cassé, commo si 1frappoit sur un pot de terre fellé et rompu» p*” ’xxvii, p. 663. Feller, oudin, Dict. „
— Etym . Wallon, faieler; nainur. fauielef, 1 .naut, foler. D’après Diez, ce mot est pour f c , s c ’. eCvient de fissiculare, qui se trouve dans Apulée a'la signification de fendiller les entrailles des vtimes. D’après Grandgagnage, les formes wa "° n n)0indiquent plutôt faille, qui signifie unefento. Comon ne trouve point fesler, au moins dans los le *,que nous avons, l’étymologie donnée par Gragagnage a sa probabilité. h( s-
f FÉLICIEN (fé-li-siin), s. m. Partisanrésie dans laquelle on soutenait que Jésus-Cn ’comme homme, était le fils de Dieu seulem ent ”adoption et non par nature. . du
— Etym . Félix, évêque d’Urgel vers la * ,nvin* siècle, auteur de cette hérésie. de
FÉLICITATION (fé-li-si-ta-sion; en vers,,six syllabes), s. f. Action de féliciter; e®®? J, ec e-sur ce qui est arrivé d’agréable à quelqu’un- j,_vez mes félicitations. Je vous adresse de bien sres félicitations. a u
— RF.M. 1 . Félicitation était un mot nouvca ^commencement du xvn* siècle et qui s'inti" 0< :à la suite du verbo féliciter, nouveau lui-m ^Je lui ai écrit un compliment de félicitation, ^est permis de parler ainsi, vaugelas,
Th. Com. t. 1 , p. 369, dans pougens. Il 2. H ? en -lieu de chercher les différences de significat‘°,^ v3 j ttre félicitation et congratulation, si l'usage n apas frappé de désuétude le dernier. Félicita** ^le mot employé; congratulation n'est plus q