ri6
G. G. LEIBNITI1
morale ou de convenance, comme dans les loix du mouvement ; & c’cstpar là apparemment que Spinosa a manqué , &c que Bredembourg s’esl em-barrafle, comme vous le jugez très bien. Les loix du mouvement ontquantité de beautés. II s’y conserve non- seulement la méme quantité dela torce absolué , ce que Mr. Descartes a bien vù ; (quoiqu’il l’ait malexpliqué, confundant le mouvement avec la torce ;) mais aulFi la mémetorce respective, ou la méme torce de la direction. Mr. Descartes a cruque l’intervention dee Ames ne doit point violer la premiere loi, c’est-à-dire la conservation de la torce absolué ; j’y ajoute que cette interventionne doit pas non plus violer la seconde loi, cefi-a-dire la conservationde la direction. Et si Mr. Descartes avoit eu connoissance de cette se-conde conservation, il seroit tombe dans l’Harmonie préétablie. J’ai en-core démontré une proposition curieuse, qui est, qu’il y a non pas autantde mouvement ( comme Descartes le prend ), mais autant d’action motricedans le monde durant un méme intervallo de temps ; par exemple, autantdans une beute que dans une autre. Ausi! la quantité de l’action motriceuniforme se peut estimer per vim duEtam in tempus , comme elle le peutestimer encore per quantitatem effeElus simplicis ( vel indifferentis ) duElam inceleritatem efficiendi effeElum simplicem (velut tranflationem in eodem hori-zonte) oppono violento velut {sublationi gravis in altum.) L’équation entreces deux estimes est un bel échantillon de quelque chose de Mathémati-que dans la Métaphysique,
Il est vrai, Monfieur, que les excellens Auteurs modernes de l’Art depenser , de la Recherche de la Vérité , 6c des Ejfais fur l’Entendement , ne sesont point attachés à fixer leurs idées par des définitions ; en quoi ils onttrop fui vi l’exemple de Mr. Descartes , qui mépril'oit la détìnition des ter-mes connus, que tout le monde, à fon avis, enrend, &c qu’on definiiordinairement per aquè obscurum. Mais ma maniere de definir est mute au-tre, & on n’entend communément ces termes que d’une maniere confale& infuffifante pour raisenner. On n’a point besoin pouf y remedier Mai-ler par toutes les combinaisons, il suffit de bien expliquer les termes donton se fert. J’ai sabriqué quantité de définitions, que je souhaite de pou-voir ranger un jour; mais le mal est, que là où je Ibis, je manque dela conversaron & affistance des performes propres à entrer dans mes vués.
La
me
a Logique desSyllogismes est véritablement demonstrative, tout com-’Arithmétique ou la Geometrie. J’ai démontré dans ma jeuneste, non-seulement qu’il y a véritablement quatre figures , ce qui est aisé, maisausi! que chaque figure a six modes utiles, & n’en sauroit avoir ni plus,ni moins : au lieu qu’ordinairement on n’en donne que quatre à la pre-mière & k la seconde, & cinq à la quatriéme. J’ai prouvé auffi , quela seconde & la troisiéme figures sont dérivées immédiatement de la pre-mière, sans l’intervention des Conversions qui se démontrent elles-mémespar la feconde ou troisiéme figure ; mais que la quatriéme est d’un degré