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G. G. L E I B N I T I I
LETTRE VII.
J ’Ai enfin re^u vos deux paquets il n’y a que trois ou quatre femai-nes, Se votre Lettre autfi m’a été rendué par Mine. l’Lleclrice méme.Je vous écris celle-ci au plutòt, d’autant que vous m’avez ordonné d’ac-cufer la réception des votres. 11 est vrai qu’étant maintenant à Brunfvic(où la foste prochaine m’a obligé de venir taire la revérence à Meffeigneursles Ducs) je ne puis vous mander la liste des livres que vous m’avezenvoyés, ce fera dans la fuivante. Je ne doute point que Meffieurs Cun-ningham n’en ayent eu tout le soin qu’il faut, Se que tour n’ait été renduavec exactitude. Je lerai ravi de voir un pur celui que j’ai vu autre-fois à Florence avec Milord Duglas , qui a bien du mérite : je n’ai pasl’honneur de connoître l’autre Se ne fais point s’ils l'ont parens. Le pre-mier me parloit des desteins .qu’il avoit sur l’ancienne Langue Anglo-Saxonne ; mais étant toujours en mouvement il sera difficile qu’il puiflèpoursuivre ces fortes de pensées. J’ai annoncé à Paris la nouvelle desLcttres du Préfident Vargas touchant le Concile deTrente, qu’on publieen Angleterre. J’ai sait en cela la fonction de héraut, Se je ne doutepoint que celie nouvelle ne mette en allarme tout le quartier du Pa-pismo , cornine fi jlmibal étoit aux portes ; car le Concile deTrente estesteri du Clergé comme fon Palladium ; mais les Cours Souveraines deFranco ont d’autres maximes, Se elles se sont toujours opposées à fa re-ception. Ce que je veux donner touchant ce Concile est une preuve quiFlit voir que du tems du changement de Henri IV. Roi de Franco, lesPrélats méme qui l’instruisirent, le difpenférent de reconnoître le Concilede Trente dans fa Profeffion de Ibi, Se qu’ainsi l’autorité de ce Concileétoit petite alors en matiére de Ibi. Cela paroit par le procès verbalde l’abjuration ou changement de ce Roi ; c’est une pièce curieuse Sede conséquence. Mr. l’Evèque de Meaux fut surpris lorfque je lui enparlai ; car perforine ne l’a remarqué ; cependant il n’a point osé contre-dire, Se ce procès verbal mériteroit peut-étre d’étre imprimé conjointe-ment avec l’édition Frangoife des T^ettres du Préfident Vargas.
Puifque vous m’offrez d’envoyer par la Poste les Catalogues des nou-veaux livres si je les fouhaite ; je vous dirai, Monsieur, que vous nousobligerez Fort par là, en les adressant feulement Fous mon couvert à Mon-sieur nótre Résident, qui s’est offerì à moi Fort obligeamment, d’avoirFoin de tout. Je le priora! méme de Faste venir pour nous effetstivementplusieurs des Livres. Je m’imagine auffi qu’on continue toujours les Phi-lofiophical- Transattions. J’ai vu une efpéce de Mercure galani Anglois ily a quelques années, mélé de Science, de piéces de Poesies Se de Mu-sique, Se d’autres matiéres ; mais je ne F$ai si on le continue encore.Il est vrai que tous les journaux des autres pays parient Fort peu de vos
Livres,