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6 (1768) Philologica continuatione : ; Collectanea Etymologica / nunc primum collecta, in classes distributa, praefationibus & indicibus exornata, studio Ludovici Dutens
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OPERA PHILOLOGICA. 279

Au reste je vous répéte ma priére, de mettre toujours ce que vous meferez lhonneur de mecrire sous le couvert de Mr. Gargan ou de MadamelElectrice mème. Elle a été si réjouie de la nouvelle de laccouchementheureux de Madame la Princesse Royale, quelle a penfé en avoir quelquealtération. Je suis avec zéle Lee- Hanover ce 29. Decembre 1707.

L E T T R E XIV.

I L y a quelque tems que jai répondu à votre lettre, & je vous ai priéde mécrire toujours sous un couvert adrefle ou à Madame lElectriceou à fon Secretaire Mr. Gargan. Jétois chez cette Princesse lorsquellea re§u votre deridere du 12. Fevrier, elle a voulu y répondre dabord,& je joins ma lettre à la sienne. Elle est bien alfe davoir de vos nou-velles, & dapprendre ce que vous lui écrivez ; mais il semble que vousavez oublié de lui envoyer la relation que votre lettre promet. Laffairedes Prophetes Cevennois a eu une mediante catastrophe, & jen suis fâchépour lamour de Mr. Fatio : car comme cest un homme excellent dansles Mathématiques, je ne comprends pas bien comment il a pu étre em-barqué dans une teste afFaire. Les Juges ont été contre les Cevennois,& si quelque chose a pu balancer les gens, £a été sa réputation. Il sem-ble que cest Caton qui prend le parti contraire a celui des Dieux : Il y ade lapparence quon la trompé, car je noserois douter de fa bonne foi.On a deviné ce que vous vouliez dire par votre revanche Ecostoise.

Il a couru un bruir que larmement de la France à Dunkerque regar-doit lEcosse: il y pourroit causer du désordre, mais apparemment ce fe-roit un seu de palile. Cependant le bruir de cet armement ne lailse pasde maire & de causer une espéce de diversion en faveur du Due dAnjou ,car cela retient une panie de la flotte qui devoit aller dans la Méditer-ranée. Cest beaucoup que lunion ait été si bien établie ; jelpére quelEcosse sen trouvera bien, ausi]-bien que lAngleterre : mais à préientil ne faut point sétonner si plusieurs sont mécontens dune si grande nou-veauté.- Il est à souhaiter que les Ecossois puilsent entrer un jour danstoutes les Compagnies de Commerce des Anglois.

Il ne faut point se mettre en peine des saufsetés & calomnies des Ja-cobites mal - intentionnés qui chercheront à noircir notre Cour ; quand nousserions des anges , ils nous changeroient en démons. On peut dire deMadame lElectrice que cest la vertu rr.éme, & on en peut dire autantde Monlèigneur lElecteur fon fils , qui alme la justice 6c le bon ordreen toutes cholès.

Quant à labjuration du prétendu Prince de Galles, elle est assez com-prile dans les lèrmens qui obligent les gens à reconnoître le droit deîucceflìon de Madame lElectrice & de (a postérité ; Et si le Ministèretrouvoit à propos de fatte parler distinctement de la réjection de ce pré-tendu