OPERA PHILOLOGICA. 279
Au reste je vous répéte ma priére, de mettre toujours ce que vous meferez l’honneur de m’ecrire sous le couvert de Mr. Gargan ou de Madamel’Electrice mème. Elle a été si réjouie de la nouvelle de l’accouchementheureux de Madame la Princesse Royale, quelle a penfé en avoir quelquealtération. Je suis avec zéle Lee- Hanover ce 29. Decembre 1707.
L E T T R E XIV.
I L y a quelque tems que j’ai répondu à votre lettre, & je vous ai priéde m’écrire toujours sous un couvert adrefle ou à Madame l’Electriceou à fon Secretaire Mr. Gargan. J’étois chez cette Princesse lorsqu’ellea re§u votre deridere du 12. Fevrier, elle a voulu y répondre d’abord,& je joins ma lettre à la sienne. Elle est bien alfe d’avoir de vos nou-velles, & d’apprendre ce que vous lui écrivez ; mais il semble que vousavez oublié de lui envoyer la relation que votre lettre promet. L’affairedes Prophetes Cevennois a eu une mediante catastrophe, & j’en suis fâchépour l’amour de Mr. Fatio : car comme c’est un homme excellent dansles Mathématiques, je ne comprends pas bien comment il a pu étre em-barqué dans une teste afFaire. Les Juges ont été contre les Cevennois,& si quelque chose a pu balancer les gens, £’a été sa réputation. Il sem-ble que c’est Caton qui prend le parti contraire a celui des Dieux : Il y ade l’apparence qu’on l’a trompé, car je n’oserois douter de fa bonne foi.On a deviné ce que vous vouliez dire par votre revanche Ecostoise.
Il a couru un bruir que l’armement de la France à Dunkerque regar-doit l’Ecosse: il y pourroit causer du désordre, mais apparemment ce fe-roit un seu de palile. Cependant le bruir de cet armement ne lailse pasde maire & de causer une espéce de diversion en faveur du Due d’Anjou ,car cela retient une panie de la flotte qui devoit aller dans la Méditer-ranée. C’est beaucoup que l’union ait été si bien établie ; j’elpére quel’Ecosse s’en trouvera bien, ausi]-bien que l’Angleterre : mais à préientil ne faut point s’étonner si plusieurs sont mécontens d’une si grande nou-veauté.- Il est à souhaiter que les Ecossois puilsent entrer un jour danstoutes les Compagnies de Commerce des Anglois.
Il ne faut point se mettre en peine des saufsetés & calomnies des Ja-cobites mal - intentionnés qui chercheront à noircir notre Cour ; quand nousserions des anges , ils nous changeroient en démons. On peut dire deMadame l’Electrice que c’est la vertu rr.éme, & on en peut dire autantde Monlèigneur l’Electeur fon fils , qui alme la justice 6c le bon ordreen toutes cholès.
Quant à l’abjuration du prétendu Prince de Galles, elle est assez com-prile dans les lèrmens qui obligent les gens à reconnoître le droit deîucceflìon de Madame l’Electrice & de (a postérité ; Et si le Ministèretrouvoit à propos de fatte parler distinctement de la réjection de ce pré-tendu