G. G. L E I B N I T I I
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N°. 4.
LETTRE DE M R . LEIBNIZ
A Madame la Duchesse Douairiére d’Orleans,
Sur des Antìquhès dèterrèes dans PEglise Cathèdrale de Paris .
Madame,
L A découverte des sculptures Gauloises, jointes à une inscription saitepar les bateliers de la Seine à l’honneur de l’Empereur Tibcre , Letrouvées depuis peu dans l’Eglife Cathèdrale de Paris, lors qu’on y fouil-loie dans la terre, est curieule; & la dillèrtation qu’un habile homme adonneo là-dessus, 8c que Madame a envoyée à V. A. R. est lavante Leingénieuse. On peut juger par l’endroit bas où ces figures ont été trou-vées , combien le terrein de Paris a été hausté. On trouve la méme chofèà Rome; & l’on m'a dit qu’à Aquilia il y a trois pavés l’un sur l’autre.Je veux croire avec lui, que quelques-unes des personnes, reprélentéescomme dans une espèce de proceffion, qui portent des couronnes (peut-étre de chéne,) pourroient bien étre des Bar des, qui étoient les Chantres& les Poétes Gaulois Lc Germaniques. Je ne sgai d’où Bodin , que l’au-teur allégue, a pris que les Bar des signifioient en Allemand des Prétres.On trouve dans les vieux livres de chansons l'eutoniques, der MeijlerScinger, que Bar signifioit encor une chanfon il y a 200. ans ou environ.lurnebe (Advers. XIII. 25. XX. 37.) a trouvé dans un vieux glossarne,que bardcea vel bardala fignifioit chez les Gaulois une alouette , oiseauqui chante. Le mot n’appartenoit pas moins aux Germains qu’aux Gaulois,Lc je ne fjai pourquoi l’auteur veut, qu’il Ibit venu de la langue Gau-loise dans la langue Germanique. Il y a plus d’apparence, que la langue& la nailon Gauloise soient venues des Germains, si nous admettons queles peuples d’Europe sont venus de TOrient, Lc fi nous confiderons queles plus anciennes migrations ont été faites par terre , les hommes ayantfu marcher, avant qu'xls ayent appris à naviger. Virgile a aussi parlé desBandes de pourpre, dont les tuniques Gauloises étoient chamarées, Lc quel’auteur ( pag. 24.) croit remarquer dans quelques figures de ces bas reliefs.Ce Poeto dit des Gaulois, Virgatis lucent sagulis. Quelques auteurs, pronantles Bojes pouf des Bavarois, se sont imaginés que ces bandes paroistentdans les armes de Bavière. Je ne vois pas pourquoi nótre habile auteur( prévenu des idées de feu M. l’Abbé de la Charmoye ) exclut les Allemanda