DE TURENNE, LIVRE I. 37
volte-face 3 le repoussèrent avec une valeur qui lui fit con- An. i 63 5.noítre que leur retraitte n’étoit rien moins qu’une fuite.
Cette résistance rie fit que Ranimer : il fe mit à la tête deneuf nulle chevaux, traversa le Duché de Deux-Ponts, passala Sarre, entra dans la Lorraine, & les attendit en embus-cade dans un défilé entre Vaudrevange 8c Boulay. il s’ydonna un rude combat, ou la Cavalerie Impériale fut miseen déroute par les escadrons François : cinq-cent Croatesde l’armée de Galas furent tués avec plusieurs Officiers ; Leles deux armées confédérées arrivèrent en lieu de sûreté,
après treize jours de marche. ( 1 )
( 2.} L’Histoire nous fournit peu d’exemples d’une retraitte Confireauffi difficile. Les François fans vivres & travaillés de toutes pendanTcettles maladies que cause' la disette, traverfoient les bois & les te retraitte»
montagnes, poursuivis des Impériaux chez qui tout abon-doit. Une partie de l’armée ne gardoit plus d’ordre dans famarche : ceux qui pouvoient tromper la vigilance des Offi-ciers, alloient íe jetter parmi les ennemis, espérant y trou-ver dequoi assouvir leur faim ; d’autres s’écartoient à droite& a gauche pour piller ; plusieurs enfin épuisés de fatigue,fe tiaînoient pour suivre le gros de l’armée. Pendant cetteaffreuse retraitte le Vicomte de Turenne fit jetter de fescriariots les bagages les moins nécessaires, pour y faire mon<ter les malheureux qui n’avoient plus la force de marcher».
Il partageoit avec les soldats les vivres qu’il pouvoir trou»
( 1 ) MUnglac, Puffendoirf 3 Mercure François*
( a ) Menu de Monglatrome I. pag.. A.8.