DE TURENNE, LIVRE I. 75 __
ssélivré le Cardinal de Richelieu d’un ennemi redoutable ; An. i 6les antres Princes ôc Seigneurs qui avoient souffert impa-tiemment l’autorité de ce Ministre étoient morts, empri-sonnés , ou exilés. Au moment qu’st se stattoit de n’avoir plusrien à craindre, il se vit menacé du plus grand danger qu'ileût jamais couru: ce quen’avoient pu faire ni les Princes duSang , ni les Grands du Royaume , ni les forces de l’Espa-gne, ni les armées del’Empire, étoit fur le point d’arriver,par les intrigues du jeune Cinqmars Grand Ecuyer de Fran-ce favori du Roi.
Cinqmars devoir fa fortune á Richelieu qui l'avoir pro-duit à la Cour : fier de fa faveur , il voulut faire un person-nage par lui-même, Le ^affranchir de la dépendance de sonbieníaicteur : le Ministre s’en apperçut. Richelieu ardent àservir ses amis, n’étoit pas moins inexorable dans fa hainecontre ceux qui lui devenoient infidèles : animé d’un justeressentiment, il chercha à humilier Cinqmars, Sc a le noir-cir dans l’esprit du Roi. Le Grand Ecuyer se crut alors dé-gagé de toute reconnoissance ; &c oubliant que les mauvaisoffices ne doivent jamais effacer le souvenir des bienfaitsessentiels, il travailla de son côté à indisposer le Roi contrele Cardinal : il s’appliqua à lui débaucher ses plus fidèlescréatures, & se lia étroitement avec ses ennemis, par l’en-tremife du Président de Thon, qui avoit tous les talens ,tout 1 esprit & toute la réputation nécessaires,pour gagnerceux que la jeunesse de Cinqmars auroit pu jetter dans hdéfiance.