Í)Ë TURENNE, LIVRE II. ï0 5 -—.
insulter une redoute qui se trouvoit sur son chemin,par un An. 1644 .détachement : les soldats se mêlèrent ; 6c a mesure que lesBavarois envoyoient soutenir ceux qui defendoient, Espe-nan renforçoit ceux qui attaquoient. Au milieu du combat■qui s’engageoit de plus en plus, une décharge furieuse decanon 6c de mousqueterie , faite par les ennemis, servitcomme de signal aux François, qui s’avancerent de touscôtés fans ordre 6c fans Chef. Les Bavarois enhardis par cetteconfusion, sortirent de leurs lignes, tomberent fur eux , 6cacheverent de les mettre en désordre : le Prince 6c le Vi-comte accoururent, tentèrent en vain d’y remedieni effroi,quisétoit emparé du soldat,avoit déja passe dans 1 esprit deì’Officier. Le Prince n’ayant jamais pu ramener ses troupes,changea tout d’un coup son plan: il ne laissa a 1 endroit ou 1 at-taque avoit échoué,que peu de monde,pour amuser 1 ennemi,
Sc résolut de porter ies forces uniquement du côté de la plaine.EnguienôcTurenne avec tout le Corps de llníanterie sou-tenue par les Gendarmes 6c la Cavalerie Weymarienne,marchèrent droit à l’abbatis d’arbres. L’attaque 6c la défensesurent également vives : les François chassèrent a plusieursreprises les ennemis de leurs retranchemens, 6c en furentrepoussés autant de fois. Gaspard Merci pour soutenir sonInfanterie qui s’ébranloit, fit mettre pied a terre à ses Ca-valiers : le combat se renouvella avec fureur > 6c n auroit finique par un horrible carnage, si la nuit qui survint n avoitoblige les attaquans à se retirer , sans avoir pu forçer 1 en-nemi. il en coûta deux mille fantassins aux François 6cdouze cent aux Bavarois, qui perdirent en même tems